Plusieurs médias interdits de diffusion au Bénin: la polémique enfle

Au Bénin, depuis le début de la semaine, 6 chaînes de télévisions et une radio ont été fermées sur décision de la HAAC. La Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication a notamment dans son viseur deux médias qui appartiennent à l'homme d'affaires Sébastien Ajavon, arrivé 3ème à la présidentielle de mars dernier. Des scellés ont ainsi été posés devant la radio Soleil FM et la société Ideal production, qui fournit des éléments à la chaîne de télévision panafricaine Sikka TV. Cette dernière, dont le siège est à Paris, continue d'émettre mais ses programmes sont perturbés. A Cotonou, la polémique ne désenfle pas.



Ces fermetures sont brutales, la sanction disproportionnée. C’est ce que dénonce Franck Kpotchémè, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin. « On ne peut pas..., sans avertissement, sans rien, sans dialogue, aller fermer des espaces de liberté. La Haute autorité de l’Audiovisuel et de la communication a été créée pour protéger les médias. Elle n’est pas là pour fermer les entreprises de presse », s'indigne t-il.
 
Sikka TV annonce de son côté qu’elle va porter plainte. « Nous dénonçons l’amalgame au niveau de la HAAC, qui confond une agence de production à une chaîne de télévision de droit français, explique à RFI Joël Ahofodji, son directeur de l’information. Cela ressemble à de l’acharnement. Ça vient comme par hasard juste après une affaire dite des 18 kilos de cocaïne et ça sent le roussi ».
 
 
La Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication du Bénin a décidé la fermeture de 6 chaînes de télévisions et d'une radio.

Adam Boni Tessi, le président de la HAAC, explique que la Haute autorité est dans son rôle et ne cherche qu’à assainir l’univers des médias : « Notre souci c’est de les amener à respecter les textes... ce n’est pas le droit français qui s’applique au Bénin. Le Bénin aussi a ses textes. C’est tout ». Interrogé par RFI sur l'éventualité d'une « main politique » dans ces fermetures, Adam Boni Tessi assure : « Il n’y a aucune main invisible. Il faut qu’ils viennent : on va faire les formalités et ils auront l’autorisation expresse ».
 
Les syndicats de la presse demandent au président de la HAAC de lever ces sanctions.

Rfi.fr

Jeudi 1 Décembre 2016 - 06:03



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