Premier cas avéré d’Ebola, le Sénégal se veut rassurant

Les autorités assurent multiplier les mesures de surveillance pour circonscrire le premier cas de fièvre Ebola, qui a été confirmé vendredi. Le service d’hygiène a désinfecté la maison dans laquelle a séjourné ce malade. Ses proches ont été placés en quarantaine et bénéficient d’une surveillance médiale quotidienne.



« Le patient placé actuellement en unité d’isolement va très bien », assure Papa Amoudou Diack, le directeur général de la Santé sénégalaise. Même la fièvre, le seul symptôme d’Ebola que cet étudiant guinéen présentait lors de son admission au service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann de Dakar, a aujourd’hui disparu. « Actuellement, il prend juste un traitement par voie orale », précise Papa Amoudou Diack.

Si son cas est aujourd’hui rassurant, les autorités sanitaires sénégalaises disent également surveiller de près toutes les personnes avec lesquelles il a pu être en contact. « Il faut dire qu’il a eu à fréquenter un poste de santé, il a pris un véhicule de transport en commun. Nous avons essayé de suivre son itinéraire pour identifier tous les sujets-contacts. Aujourd’hui, ils sont surveillés pour parer à toute éventualité. Nous avons identifié surtout trois personnes dans son entourage immédiat qui peut-être étaient beaucoup plus en contact », indique encore le directeur général de la Santé.

« Etre vigilant »

Plus généralement, tout le personnel de santé est sensibilisé aux risques de contamination. Car sur les 1 500 victimes du virus en Afrique de l’Ouest, 120 sont des agents sanitaires. Là encore, Papa Amoudou Diack se veut rassurant : « Je pense qu’avec la sensibilisation, les formations, les équipements mis à la disposition du personnel, je crois qu’on peut dire que la sécurité est pratiquement assurée. Il reste maintenant à être vigilant et à avoir de bons comportements ».
 
Cette vigilance, elle est désormais exercée dès l’aéroport international de Dakar où les contrôles ont été renforcés, la fermeture des frontières décidée par Dakar n’ayant pas suffi. « À chaque fois qu’un avion atterrit, des équipes contrôlent la température et mènent un interrogatoire. Une autre équipe est présente lors des formalités de police. Nous avons pu aménager des espaces d’isolement pour le placement en quarantaine de personnes suspectes ou malades. Et le Samu national est également présent à l’aéroport, prêt à intervenir à tout instant pour procéder à des évacuations, effectuer des prélèvements ou pour toute autre question urgente », détaille Papa Amoudou Diack.
 
Assise sur un tabouret, Aïssatou fait griller des beignets sur une voie passante. C’est à la télévision radio que cette femme d’âge mûr a entendu parler d’un cas confirmé de virus Ebola à Dakar. Depuis, elle a sensiblement modifié ses habitudes : « Il y a plein d’habitudes que j’ai abandonnées : serrer la main, faire des accolades, me rendre dans des regroupements… J’évite tout cela », explique-t-elle.
 
Aïssatou affirme avoir appris ces gestes à travers un spot télévisé diffusé régulièrement sur la chaîne d’information publique. Malgré cela, cette mère de famille estime que la sensibilisation sur cette maladie n’est pas suffisante. « Il n’y a pas assez de sensibilisation parce qu’en réalité, affirme-t-elle. Beaucoup de gens ne savent pas ce qu’est cette maladie. Ils entendent parler de cela, mais ils n’y connaissent rien. Donc il faut une sensibilisation dans les quartiers, il faut rencontrer les gens pour leur expliquer les symptômes de cette maladie, ce qu’on doit faire pour éviter d’être contaminé ».

À quelques encablures, Sécoura Koné, qui tient un pressing, se montre très averti sur ce phénomène. « Si on voit quelqu’un qui semble être malade, on va de suite en parler et appeler l’État », assure-t-il.

Ce père de famille raconte être maintenant obligé de passer les mains dans une bassine d’eau de Javel pour rentrer chez lui. Une mesure de sécurité imposée par sa femme.

Rfi.fr

Lundi 1 Septembre 2014 - 12:16



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