Présidentielle a date ou élection générale anticipée: Me Wade cherche-t-il formule ?

Les Sénégalais seront-ils appelés plutôt aux urnes pour des élections générales dès l’année prochaine ? Certains au sein de l’opposition le pensent au regard des actes que pose la majorité et disent attendre les Libéraux qui croient ainsi les surprendre, au tournant. D’aucuns arguent de la non-inscription budgétaire d’une quelconque ligne pour une consultation populaire pour douter d’un tel dessein, tandis que d’autres, des membres de la société civile notamment, plaident eux, pour des législatives anticipées « pour une présidentielle apaisée en 2012 ». En déclarant sa candidature à trois ans de l’échéance, Me Wade semble lui, à la recherche de la bonne formule.



Présidentielle a date ou élection générale anticipée: Me Wade cherche-t-il formule ?
Depuis les Etats-Unis où il se trouvait récemment, Me Wade a déclaré sa candidature à la prochaine présidentielle prévue elle pourtant en 2012. Candidat à sa (re) succession à trois ans de l’échéance, le président Wade couve-t-il et couvre-t-il seulement la candidature d’un autre ? Cherche-t-il plutôt à éviter la désagrégation de sa formation politique traversée par de fortes contradictions sur fond de querelle de succession ? Aura-t-il la patience d’attendre 2012 ? Peut-il même attendre trois ans ? Tentera-t-il ainsi que lui en prête l’intention, une bonne partie de l’opposition, à surprendre ses adversaires en allant à des élections anticipées dès l’année prochaine ? Invitera-t-il à des élections générales ou à une simple présidentielle ? Dispose-t-il toujours d’une véritable machine électorale ? Toutes ces questions sont pour l’heure à plusieurs inconnues pour la majorité des observateurs.

Il y a un an presque, en novembre 2008 précisément, Me Abdoulaye Wade mettait en place au sortir d’un Comité directeur, une task-force pour la création d’une nouvelle formation politique. Un parti présidentiel qui devrait naître des cendres du Parti démocratique sénégalais (Pds). Les structures de sa formation étaient devenues à ses yeux et aux yeux de certains de ses affidés, obsolètes, par conséquent inefficaces. Une équipe élargie à la Génération du concret avait été ainsi été installée pour aider la naissance de ce nouveau parti. Depuis, le Parti démocratique sénégalais libéral (Pdsl) tarde à voir le jour. Sa gestation semble même grosse d’une fausse-couche.

Pendant ce temps, le Pds ancien se relève difficilement de la défaite aux élections locales du 22 mars dernier. Une situation qui fait que plusieurs de ses membres développent des stratégies personnelles de survie et de conservation de leurs positions dans l’appareil du parti et de l’Etat. S’ils ne ruent pas dans les brancards pour se faire entendre par la seule constance du parti, ils évitent de faire des vagues et se font oublier dans leurs coins de peur se voir priver du fromage et ne se préoccupent pas outre mesure de la régularité des instances. Le Comité directeur ainsi que toutes autres instances régulières peuvent dans ces circonstances, ne pas être convoqués depuis le 2 janvier dernier, personne au Pds ne semble s’en soucier outre mesure.

Est-ce la raison pour laquelle, le Secrétaire général national enjambe les instances pour s’adresser au palais directement à la base ? Il y a reçu récemment les cadres des « banlieues » et les anciens de son parti, tandis que les femmes parlementaires de sa mouvance et celles du Pds disent se constituer en bouclier protecteur pour lui tout en portant sa candidature se sont réunies elles, à la permanence du parti pour faire bonne mesure. Une candidature que l’on s’est empressé de plébisciter au sein de son parti comme pour exorciser les démons de la débandade d’une tout autre candidature.

A moins de deux ans de la présidentielle, comment rééditer 2007 ?

Le Pds envoyé au tapis le 22 mars dernier par Benno Siggil Senegaal, malgré ses dénégations peine à se relever. L’opposition qui avait été « tétanisée » par la botte secrète de la majorité à la présidentielle de 2007 avait même « émotivement » réagi en boycottant en majorité ou du moins ses formations les plus significatives, les législatives « découplées » et s’en trouver par conséquent privée de députation. Depuis, elle a accru sa vigilance et ne veut plus se laisser surprendre. Dès lors, le Pds et ses alliés cherchent formule idoine pour rééditer le coup de 2007. Le Secrétaire général national du Pds semble lui être conscient de la situation difficile que connaît son parti. Il a annoncé la reprise de son parti et cherche formule. Est-ce la raison pour laquelle on y théorise désormais une présidentielle à un tour ?

Toujours est-il que les discussions « ton oreille, mon oreille » dont rien n’a filtré entre le président de la République et son ancien jardinier des rêves, Idrissa Seck à qui la rumeur publique qui enfle octroie la vice-présidence préalablement destinée à… une femme, procéderaient selon plusieurs observateurs, des cartes maîtresses du clan libéral qui tente de se reconstituer. Mais avec lequel des Idrissa Seck, Me Wade est-il en train de négocier ? Celui qui a réuni pour son coup d’essai en 2007, 400.000 voix autour de sa personne ou celui qui peine en 2009 à rassembler 200.000 voix aux élections locales ?

Par ailleurs, est-ce parce que conscient des difficultés que vit son parti, Me Wade désigne plusieurs intérimaires d’égales importances, qui se neutralisent par conséquent, en même temps en cas d’absence du territoire national ? On se souvient de la désignation de quatre numéros deux avant son départ pour les vacances en les personnes de Pape Diop, Ousmane Masseck Ndiaye, Ousmane Ngom, Souleymane Ndéné Ndiaye et Oumar Sarr. Le retour annoncé de Idrissa Seck remédiera-t-il à « cette vacance » du pouvoir ? Les cités accepteront-ils de rentrer dans les rangs avec le retour de Idrissa Seck ? Le chef de file de la Génération du concret, Karim Wade laissera-t-il faire ? A-t-il été neutralisé depuis la sortie de ses ouailles contre tout retour « gagnant » de Idrissa Seck ? Idrissa Seck sera-t-il à nouveau, le Directeur de campagne du candidat Wade ? Des questions qui attendent réponses pour une clarification du jeu libéral.

Des législatives anticipées pour apaiser 2012

Si dans le camp libéral, les jeux ne sont pas encore faits et les règles peinent même à s’y dessiner clairement, l’opposition n’est pas mieux lotie. Sans être officiellement annoncées, plusieurs candidatures à la prochaine présidentielle y sont déclarées, mettant à rude épreuve l’esprit « Benno ». Plusieurs thèses, allant des candidatures multiples à unique en passant par des primaires, s’y affrontent. On y cherche formule comme à…. Droite. Même si elle assure de sa préférence pour un régime parlementaire ou tout au plus une présidentielle à hauteur d’homme, ses leaders peaufinent leurs candidatures individuelles à défaut d’être portées par tout le monde à la présidentielle. Mais l’on y déclare ne point être surpris par des élections anticipées dont on prête le dessein à Me Wade.

Cependant entre la légalité devenue désuète et contestée d’un Parlement et la légitimité confuse d’un pouvoir local acquis à l’opposition, Mohammed Mbodji, le coordonnateur du Forum civil préconise une régularisation et une clarification du champ politique par des élections législatives anticipées. Invité de l’émission « Objection » de Baye Omar Guèye sur Sud FM de la semaine dernière, le coordonnateur du Forum avait trouvé que la volonté prêtée aux libéraux de supprimer le second tour à l’élection présidentielle, relevait « d’un petit jeu politicien. On ne peut pas ramener l’ambition de notre pays à la médiocrité d’adversaires politiques ». Selon lui, Wade ne peut pas faire moins que ses prédécesseurs. Mieux, pour aider à dégrossir le jeu politique et à le rendre lisible, il prône des élections législatives anticipées pour un Parlement beaucoup plus représentatif à même de jouer son rôle de champ d’expression du jeu politique. Analysant les résultats des élections locales, Mohamed Mbodj avait troué que Karim Wade avait été très clairement sanctionné, mais comme c’était son père qui distribuait les rôles, il avait été épargné d’une sanctionne politique.

Selon l’observateur et Droit de l’hommiste, prié d’approfondir sa pensée d’élections législatives anticipées : « Dans un camp comme dans l’autre, personne n’a aujourd’hui une visibilité. Benno c’est qui ? Le Parti socialiste (Ps) ? l’Alliance des forces de progrès (Afp) ? Les autres ? Qui pèse quoi dans Benno ? Que valent Macky Sall et ses amis ? On peut poser les mêmes questions dans l’autre camp dit libéral. Que pèsent désormais Idrissa Seck et son mouvement ? Quelle place pour eux dans le camp libéral ? Comment le déterminer ? C’est quoi électoralement la Génération du concret ? Des élections législatives anticipées aideraient non seulement à baisser la tension de la présidentielle de 2012 si elle se tenait à date, mais elles aideraient grandement à configurer correctement le champ politique complètement flou actuellement ». Raisonnement qui trouvera assurément adversaires, mais qui ne manquent pas de pertinence.

Madior Fall (Sud)

Lundi 19 Octobre 2009 - 11:26



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