Presse française : "Asphyxiée, Contrôlée, Intimidée", selon des éditeurs

Dix éditeurs africains et arabes dont le Sénégalais Babacar Touré, président du Groupe Sud Communication, ont déploré les ‘’manquements à la liberté de la presse en France’’ qui sont, selon eux, ‘’autant de coups portés à son image, à son autorité dans le monde’’.



Babacar Touré président du Groupe Sud communication signataire du manifeste
Babacar Touré président du Groupe Sud communication signataire du manifeste
La situation de la presse en France se dégrade. Son indépendance économique estmenacée. La diversité d’expression et, surtout, la liberté de ton disparaissent peu à peu. Poursuites abusives, perquisitions, gardes à vuemusclées, les journalistes sont dans le collimateur du pouvoir.

Des médias tenus par quelques barons de l’industrie, une réforme de la télévision publique qui ressemble à une reprise enmains, une législation qui ne garantit pas suffisamment la protection du secret des sources – pourtant « pierre angulaire » de la liberté d’informer si l’on en croit la Cour européenne des droits de l’homme : la France n’est pas, ou n’est plus, un exemple enmatière de liberté de la presse, une liberté pourtant essentielle à l’exercice des autres libertés.

Ce constat ne concerne pas que les Français. Parce que la France, forte de son histoire et de ses traditions, est toujours une référence pour bon nombre d’hommes et de femmes épris de liberté ailleurs dans lemonde. Parce que la France continue à inspirer la législation de nombreux pays, et pas seulement celle de ses anciennes colonies.

Parce que la France, enfin, se présente elle-même comme « la patrie des droits de l’homme » et « le pays des libertés », nous prenons aujourd’hui la parole.Originaires du Sud, sans vouloir à notre tour donner des leçons enmatière de libertés, nous estimons dans notre intérêt bien compris de soutenir une France libre de sa parole diverse, capable de servir de référence. Si l’on n’y prend garde, ce ne sera bientôt plus le cas.

Il est essentiel que la France sache se faire entendre, se faire respecter, sache dire non – comme elle l’a fait à la veille de l’invasion de l’Irak par les forces américaines. Lesmanquements à la liberté de la presse en France sont autant de coups portés à son image, à son autorité dans lemonde. Les défenseurs des droits de l’homme ne peuvent s’y résigner. Et nous sommes de ceux-là.
Voici la liste des signataires de la déclaration :

— Nasser Al-Othman, Secrétaire général du syndicat des journalistes du Golfe, Qatar
— Alaa Aswany, écrivain, Egypte
— Ahmed Benchemsi, directeur de publication des hebdomadaires Nichane et Tel Quel, Maroc
— Maurice Chabi, directeur général du groupe Echos presse, Bénin
— Souleymane Diallo, directeur de publication du Lynx, Guinée Conakry
— Aboubaker Jamaï, fondateur du Journal hebdomadaire, Maroc
— Moussa Kaka, directeur du groupe de radios Saraounia FM, Niger
— Gisèle Khoury, présentatrice de la chaîne pan-arabe Al-Arabiya, Liban
— Moncef Marzouki, médecin, écrivain, Tunisie
— Germain Bitiou Nama, directeur de publication de L’Evénement, Burkina Faso
— Pius N. Njawé, directeur général du Messager, Cameroun
— Sari Nusseibeh, président de l’Université Al-Quds de Jérusalem, Palestine
— Yaldet Bégoto Oulatar, directeur de publication de N’Djaména Hebdo, Tchad
— Babacar Touré, président du Groupe Sud Communication, Sénégal

Aps

Jeudi 11 Décembre 2008 - 09:18



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