Procès Aïda Ndiongue et Cie: la dernière phase avant le verdict

La dernière audience a eu lieu ce 15 avril. Le réquisitoire du Procureur est sans complaisance pour la responsable libéral et Cie dans le cadre du fumeux Plan Jaxaay. Aïda Ndiongue, Abdou Aziz Diop, Amadou Ndiaye et Madou Sall risquent dix ans de prison en plus de cinq (5) millions d’amende pour chacun. Pour préjudice subi, l’Etat du Sénégal leur réclame 25 milliards de F CFA. Place à la défense ce jeudi pour sauver leurs clients.



En effet, placés sous mandat de dépôt le 17 décembre 2013, Aïda Ndiongue et Cie encourent la peine maximale de dix (10) ans de prison ferme. C’est ce qui est ressorti de la longue audience du 15 avril démarrée dans la matinée pour se terminer aux environs de 21 heures. Dans son réquisitoire, le Procureur réclame à chacun des prévenus cinq (5) millions de F CFA d’amende. L’Etat du Sénégal demande pour sa part 25 milliards de F CFA en guise de «préjudice subi». C’est toutefois la partie civile qui a ouvert les plaidoiries. Ce, peu après la reprise de l’audience à 15 heures. Selon cette dernière: «les personnes ont commis des fautes dans cette affaire» où «ce sont les mêmes sociétés qui sont sorties».


«Pourquoi est-ce les mêmes sociétés qui apparaissent ?», s’interroge Me Bassirou Ngom qui rebondissant sur le témoignage d’un des témoins commerçant de son état, un proche d’Aïda Ndiongue qui dira avoir livré 350 motopompes sur les 500 commandées ». La robe noire de dire que «les produits sont toujours dans l’entrepôt». Dans ce dossier, «la faute ne fait pas de doute», présente Me Ngom qui dénonce «des montages de projets, des manœuvres frauduleuses». Pis, dit-il, «quelque chose est clair » à savoir que «le paiement a été déterminé par du faux ». «Tout tourne autour de la livraison », préconise l’avocat de la partie civile pour qui : «il n’y a jamais eu de livraison » du matériel.


Ce, d’autant plus que, met-il en exergue, « les mis en cause eux-mêmes, les témoins le disent. D’où coup plaide-t-il, «les faits sont constitués en espèce ». Représentant l’Agent Judiciaire de l’Etat, Me Ali Fall dénonce pour sa part une «procédure dérogatoire » mettant « l’appel d’offres de côté ». Ce, «au profit d’une consultation restreinte ». Ce qui est curieux selon lui, dans la mesure où «il s’agit de produits dont l’utilisation n’a été qu’exceptionnelle» mais qui ont été considérés comme «si c’était des commandes annuelles». «Dès le départ, les dés sont pipés », indique Me Ali Fall  qui y voit un «stratagème huilé et froidement exécuté » avec « un système de réception qui ne l’est que de nom ».


Dans son entendement, «toutes les conditions sont réunies pour établir du faux ». C’est ainsi que fixe-t-il : «l’Etat du Sénégal réclame 25 milliards de F CFA » pour «toute cause de préjudice confondu». Cinq (5) milliards de « dommages et intérêts » et vingt (20) milliards pour la restitution des sommes saisies, détaille Me Samba Biteye. Ce sera dès lors le tour du ministère public de plaider la «délinquance hyper adaptée» sur un «système de prête-nom qui est établi», de «supposition de personnes» et de «complicité coercitive» en indiquant que «les faits reprochés aux prévenus sont établis ». Pour le Procureur, «Modou Sall a fait faire un appel d’offre restreint, un choix dirigé exclusivement réservé à la dame Astou Ndiongue». Tandis qu’«Amadou Ndiaye a joué un rôle d’aide et assistance»; David Hubert Thioune ayant déclaré que le matériel tel qu’il était déposé ne permettait pas le décompte».


«Les deniers de l’Etat ont été manifestement pillés » selon le ministère public qui requiert pour Abdoul Aziz Diop de «requalifier les faits de détournements en complicité d’escroquerie sur les deniers publics», de «maintenir les autres dans les liens de la prévention pour escroquerie, usage de faux en écriture publique…Pis, «comme les prévenus n’ont pas fait d’amendements de quoi que ce soit, le maximum est donc requis contre eux» autrement dit, «dix (10) ans de prison ferme et cinq (5) millions de F CFA pour chacun».  
 

Ce que la défense ne tarde pas de rejeter. Me Mbaye Jacque Ndiaye d’indiquer qu’au moment des faits «Aïda Ndiongue n’était plus fonctionnaire» car ayant demandé sa disponibilité en 1986. Mieux, selon ce dernier, «le dossier ne repose sur absolument rien de sérieux, toute la commande a été livrée en quantité et en qualité»,  préconise la robe noire qui ne manque pas de rappeler les inondations de 2010 mettant en exergue «l’extrême urgence de la mise en place du Plan Orsec et l’accélération des passations de marchés». «Le terme bénéficiaire n’existe nulle part. Le témoignage de David Hubert Thioune n’a de valeur que lorsqu’il est confronté à Aïda Ndiongue, cette femme de bonnes mœurs », clôt le conseil de l’ancienne sénatrice pour qui, «cela est inadmissible dans un état de droit de mettre en prison des gens qui n’ont rien fait».


Ramant à contre-courant du ministère public, il demande la «relaxe pure et simple ». En plus de la «main levée de toutes les saisies pénales même sur les bijoux d’Aïda Ndiongue».  Ladite défense constituée pas moins de 18 avocats, aura donc la parole ce jeudi matin. Avant le délibéré


Jeudi 30 Avril 2015 - 06:00



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