RDC: la CPI reporte le procès de l’ex-chef de guerre Ntaganda

Le procès de l'ancien chef d'état-major général adjoint des FPLC en RDC devait s'ouvrir mardi 7 juillet à La Haye. La défense a demandé l'ajournement de la procédure au nom d'un procès équitable. La cour a accordé un report de quelques semaines pour un procès qui doit durer plusieurs mois. Bosco Ntaganda, 41 ans, surnommé « Terminator », car réputé sans pitié, est accusé d'avoir joué un rôle central dans les crimes ethniques commis en Ituri en 2002 et 2003. Il doit répondre de 18 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis par les Forces patriotiques pour la libération du Congo.



La CPI n'a fourni que peu d'explications pour justifier ce report de deux mois de l'ouverture du procès Ntaganda. La cour indique que la décision a été prise à la demande de la défense qui souhaitait ni plus ni moins l'ajournement du procès au nom d'une justice équitable. « Les juges ont dans cette décision-là accédé partiellement à la demande de la défense de M. Ntaganda qui avait déposé une requête le 29 juin en vue de l’ajournement de la procédure jusqu’à ce que les conditions nécessaires soient en place, et l’accusation ne s’est pas opposée à un ajournement raisonnable, pour une période limitée, c’est-à-dire jusqu’au 2 juillet 2015 », explique Fadi el Abdallah, le porte-parole de la Cour pénale internationale.
 

On ne sait rien en revanche des demandes de la défense : « Les raisons qui ont été présentées par le conseil de la défense sont confidentielles pour le moment, précise-t-il. Tout ce qui est indiqué c’est que la défense avait besoin de plus de temps pour se préparer au procès ». Les faits remontent à 2002-2003. A cette époque, Bosco Ntaganda, surnommé « Terminator », dirige les troupes des FPLP, les Forces patriotiques pour la libération du Congo. Milice à prédominance Hema, les FPLC massacrent à tour de bras l'ethnie rivale Lendu pour le contrôle de l'Ituri. Bosco Ntaganda est accusé d'avoir lui-même violé et réduit en esclavage sexuel des filles de moins de 15 ans.
 

Au printemps 2013, isolé dans un mouvement éclaté, Ntaganda se livre à la CPI. Les victimes ont un temps espéré que l'ouverture du procès se tienne à Bunia sur les lieux des violences et des crimes. C'était le souhait de certains juges de la CPI au nom de la proximité avec les populations les plus touchées par ces violences. Tout récemment, la présidente de la CPI a renoncé à une telle délocalisation. Le procès s'ouvrira à La Haye le 2 septembre si tout va bien. En attendant, à Bunia, la capitale de l’Ituri, on regrette un tel report. Pour les ONG qui soutiennent au quotidien les milliers de victimes, majoritairement des femmes violées, l'attente d'un procès n'a que trop duré.

Rfi.fr

Vendredi 3 Juillet 2015 - 23:44



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