RDC: un député du Nord-Kivu arrêté après des propos critiques contre les autorités et la Monusco

Un député national du Nord-Kivu de la majorité présidentielle a été arrêté, dimanche 11 août, à Goma, et transféré à Kinshasa. Ses propos sur une radio locale et sa mise en cause des autorités, mais aussi de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, la Monusco, n'ont apparemment pas été appréciés.



Des rebelles du M23 à quelques mètres d’un poste de garde de la Monusco, à Goma, mardi 15 mai. REUTERS/James Akena
Des rebelles du M23 à quelques mètres d’un poste de garde de la Monusco, à Goma, mardi 15 mai. REUTERS/James Akena
Muhindo Nzangi Butondo, ce député national de la majorité, élu du Nord-Kivu, avait choisi de passer ses vacances parlementaires dans son fief électoral de Goma. Dimanche, il a été interpellé et mis aux arrêts pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et transféré le même jour à Kinshasa.
Son péché, selon des sources sur place à Goma, est d’être intervenu sur une radio locale pour soutenir une initiative de la société civile qui a appelé à une journée « ville morte » ce mardi en mémoire des victimes de la guerre déclenchée par le Mouvement du 23-Mars, le M23. Au cours de la même intervention, le député aurait fait allusion au laxisme du gouvernement et de la Monusco.
A partir de Kisangani où ils se trouvent, ses parents disent n’avoir aucune nouvelle de lui. Toutes les tentatives pour connaître son lieu de détention seraient restées vaines. Et dans un communiqué, sa famille demande au pouvoir en place de lui reconnaître sa liberté d’expression et de considérer ici qu’il s’agit d’un père de famille.
Appel au calme
De leur côté, les autorités du Nord-Kivu tentent d’apaiser les tensions. Le gouverneur de la province, Julien Paluku a évoqué sur l’antenne de RFI la journée « ville morte » à laquelle appellent certains acteurs de la société civile, mais aussi l'incompréhension de ceux-ci. En effet, une partie de la population de Goma reproche aux autorités du pays d'avoir stoppé l'offensive de l'armée contre les rebelles alors que celle-ci avait pris l'avantage sur le terrain.
« Les opérations militaires ne peuvent pas se mener sur la base d’une pression de la population, explique Julien Paluku, parce que les opérations relèvent de la stratégie militaire. On ne peut pas pousser l’armée à organiser les opérations à un jour donné, sinon l’ennemi sera informé. C’est ce que nous avons dit à la société civile. »

Source : Rfi.fr
 

Dépéche

Mardi 13 Août 2013 - 11:48



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