Rwanda: report du procès du chanteur Kizito Mihigo

Au Rwanda, l’ouverture du procès du célèbre chanteur Kizito Mihigo, rescapé du génocide, et de ses trois co-accusés a été reporté au 10 octobre prochain en raison d’un ajout plus que tardif d’un nouveau chef d’accusation par le parquet. De plus, deux des co-accusés du chanteur n’ont toujours pas pu avoir accès à un avocat. Kizito Mihigo et les trois autres prévenus, sont notamment accusés de « complicité de terrorisme » et « d’infraction contre le pouvoir établi ou le président de la République ».



Kizito Mihigo s'adresse aux médias à Kigali, le 15 avril 2014, après l'annonce de son arrestation la veille. AFP / Stéphanie AGLIETTI
Kizito Mihigo s'adresse aux médias à Kigali, le 15 avril 2014, après l'annonce de son arrestation la veille. AFP / Stéphanie AGLIETTI

Kizito Mihigo et ses co-accusés resteront donc encore un mois en prison avant que leur procès ne s'ouvre réellement. En cause, deux prévenus dont Cassien Ntamuhanga, un journaliste, se sont présentés à la barre sans avocats. M. Ntamuhanga affirme ne pas avoir les moyens de s'en procurer.

Autre raison de ce report, une nouvelle charge ajoutée au dossier de Kizito Mihigo et du journaliste, celle « conspiration en vue d’attenter à la vie d’un individu », selon le porte-parole du procureur Alain Mukuralinda. A la barre, les avocats du chanteur ont expliqué que cet élément ne leur avait été transmis que la veille et qu’il leur fallait donc plus de temps pour préparer leur défense.

Interrogé par RFI à l’issue de l’audience, l'un d'eux, Me John Bigarama s'est dit « écœuré » et « surpris », tout en reconnaissant qu'il s'agissait d'une prérogative du ministère public de présenter de nouvelles pièces au dossier.

Lors d’audiences préalables à son procès en avril dernier Kizito Mihigo avait admis avoir eu des conversation via Internet avec des membres de l’opposition.  Il a également admis avoir estimé, au cours d’une ces conversations, préférer la mort du président rwandais Paul Kagame plutôt qu’une guerre n’éclate au Rwanda, tout en ajoutant qu’il ne s’agissait que de paroles.

 

Rfi.fr

Samedi 13 Septembre 2014 - 09:53



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