Sénégal - pour continuer le projet Kawsara : les chinois vont-ils user du bâton ?

En fin de compte, la boulimie foncière du régime libéral a des limites. Après avoir réquisitionné, au nom de la raison d’Etat, tous les espaces libres de Dakar, l’Etat recule. Abdoulaye Wade a été insensible aux rugissements du Collectif René Sanchez pour la sauvegarde du Stade Assane Diouf. Mais la voix des urnes a été entendue au soir du 22 mars. Non seulement le stade est restitué mais il sera réfectionné en plus. Cette soudaine générosité a généré une euphorie urbaine à Dakar. Mais du côté des chinois, chargés d’exécuter les travaux en cours sur le site, l’heure n’est pas à la rigolade. Surtout que ce projet a déjà engloutis 10 milliards de francs CFA.



Sénégal - pour continuer le projet Kawsara : les chinois vont-ils user du bâton ?
Les chinois, féroce en affaire, ne comptent pas baisser la garde face à cette décision unilatérale de mettre un terme aux travaux en cours sur le site du stade Assane Diouf. Le représentant de la société ACCI, porteuse du projet Kawsara, Aboul Abass, a dit toute sa surprise face à cette décision au cours d’un point de presse. Chargé d’exécuter ce projet qui a déjà coûté pas moins de 10 milliards de francs Cfa d’investissement en termes d’études de faisabilité, de commande de matériels, Aboul Abass affirme : "nous sommes venus au Sénégal parce que le climat des affaires est intéressant et c’est l’un des rares pays stables en Afrique. La partie chinoise a respecté tous ses engagements. J’ai été surpris d’entendre le président de la République ordonner l’arrêt des travaux". La société chinoise CEIEC, actionnaire majoritaire de la société ACCI porteuse du projet immobilier dénommé "Kawsara" a, par la suite, demandé au Président de la République de revenir sur sa décision. Il serait illusoire de croire que Wade cédera. Entre le marteau des Reubessois et l’enclume des chinois, Gorgui préfère affronter les disciples de Confucius quoi qu’il en coûte.

L’Etat sénégalais en cédant face à la vindicte populaire risque de ternir son image extérieure de pays où il fait bon d'investir. Les efforts fournis par l’Agence pour la promotion de l’investissement (APIX) pour rendre attrayant l’environnement des affaires au Sénégal risquent d’être vains après ce feuilleton. Les relations diplomatiques renouées entre le Sénégal et la Chine en 2005 peuvent en pâtir. Les chinois, réputés froids en affaire n’apprécieront pas ce reniement. On connaît l’épisode de la rupture occasionnée par la signature de relations diplomatiques avec Taiwan. A cet occasion, les chinois ont abandonné pelles et truelles sur les chantiers tout en n’omettant pas de saboter les installations déjà mises en place. Vu le montant de l’aide octroyée par la chine à travers une série d’accords, il est fort à craindre une nouvelle rupture. Engagée dans la construction d’un théâtre national, de stades municipaux et d’innombrables projets, la Chine ne va-t-elle pas user du bâton pour faire revenir le Sénégal à de meilleurs sentiments ?

Face au Collectif René Sanchez pour la sauvegarde du stade Assane Diouf et aux désaccords exprimés par les urnes, Me Abdoulaye Wade a renoncé à l’édification d’immeubles sur le site situé sur la corniche près du mausolée Seydou Nourou Tall. C’est au cours d'un conseil des ministres qui a suivi la débâcle de la Coalition Sopi 2009 aux élections locales, que l’annonce de la restitution du stade a été faite. En cédant dans le bras de fer qui l’oppose aux populations de Reubeuss, le chef de l’Etat a enterré un projet qui a déjà coûté 10 milliards à ses promoteurs chinois. Cette reculade du président sénégalais ne risque-t-elle pas de porter un coup fatal à la coopération sino-sénégalaise marquée par des cycles de ruptures et de réconciliations ? L’épisode de la coopération avec Taiwan pourrait revenir plus tôt que prévue.

Mame Coumba Diop

Jeudi 2 Avril 2009 - 11:34




1.Posté par sad le 02/04/2009 23:56
je suis pour le maintien du projet kawsara, je suis habitant de rebeuss ce stade assane diouf ne sert absolument a rien

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