Sept responsables de la FIFA arrêtés pour des faits présumés de corruption



Coup de filet à la tête de la Fédération internationale de football (FIFA). Sept hauts responsables de la FIFA, dont le vice-président et membre du comité exécutif Jeffrey Webb, ont été arrêtés par la police suisse tôt mercredi 27 mai à Zurich, à la demande de la justice américaine. Placés en détention, ils devraient être extradés vers les Etats-Unis pour répondre à des accusations de corruption pour des faits s'étalant sur les 24 dernières années.

La justice new-yorkaise les soupçonne d’avoir accepté « depuis le début des années 1990 des pots-de-vin et des commissions d’un montant de plusieurs millions de dollars », précise l’Office fédéral de la justice suisse (OFJ) dans un communiqué. D’après le New York Times, ces faits de corruption présumés visent notamment les conditions d’attribution de plusieurs éditions de la Coupe du monde ainsi que des contrats de marketing et de droits de retransmission télévisée. La justice américaine a précisé mercredi  qu’au total 9 élus et 5 fonctionnaires de la FIFA ont été inculpés par les autorités dans le cadre de cette affaire de corruption. On ignore toutefois si les sept autres personnes concernées ont également été arrêtées.

Selon le texte publié par le ministère de la justice américain, le procureur new-yorkais affirme que la corruption au sein de la FIFA est « rampante, systémique et profondément enracinée dans les pratiques de l’institution, tant à l’étranger qu’aux Etats-Unis ». Le siège de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), situé à Miami, a d’ailleurs été perquisitionné mercredi dans le cadre de la procédure.

Enquête sur les attributions des Coupe du monde 2018 et 2022

Dans la foulée de ces arrestations, le parquet suisse a annoncé dans un autre communiqué avoir ouvert le 10 mars une procédure pénale contre X pour soupçon de blanchiment d’argent et gestion déloyale entourant les attributions des Coupes du monde de football de 2018 et 2022, respectivement en Russie et au Qatar.

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Le siège de la FIFA, à Zurich.

Le siège de la FIFA, à Zurich. SEBASTIAN DERUNGS / AFP

Dans le cadre de cette procédure, des documents électroniques ont été saisis au siège de la FIFA, à Zurich. « Les enrichissements illégitimes se seraient déroulés en partie au moins en Suisse », précise le ministère de la justice.

« Une bonne chose pour la FIFA »

Ces arrestations et l’ouverture d’une procédure en Suisse ont lieu dans un contexte chargé pour l’organisation sportive internationale. La FIFA tient en cette fin de semaine son congrès annuel, où Sepp Blatter, son président depuis 1998, briguera un cinquième mandat. D’après The New York Times, les policiers suisses sont arrivés à l’aube dans un hôtel luxueux de Zurich où séjournent des officiels de la FIFA.

Dans ce contexte délicat, l’institution sportive – qui n’est pas connue pour sa transparence  – a tenu une conférence de presse en fin de matinée. Walter de Gregorio, directeur de la communication de la FIFA, a tenu à rappeler que c’est cette dernière qui a initié l'enquête suisse en portant plainte le 18 novembre devant la justice suisse  en raison de « possibles comportements répréhensibles » dans le cadre de l'attribution de la Coupe du monde 2018 à la Russie et l'édition 2022 au Qatar. A cette époque, l'instance écrivait dans un communiqué qu'il semblait exister « des raisons de soupçonner que, dans des cas isolés, des transferts internationaux de patrimoine en relation avec la Suisse se sont produits, méritant un examen par les autorités pénales ».

« Evidemment, le timing n'est pas le meilleur mais la FIFA salue cette procédure et collabore pleinement », a déclaré M. De Gregorio, soulignant au passage que « le secrétaire général et le président [de la FIFA] ne sont pas concernés par cette procédure »« Les Coupes du monde 2018 et 2022 seront jouées en Russie et au Qatar, a-t-il ajouté. Vous n'allez pas me croire, mais [les interpellations d'aujourd'hui] sont une une bonne chose pour la FIFA. Pas pour l'image, pas pour la réputation, mais pour clarifier les choses, c'est une bonne chose. »

« Un jour triste pour le football »

De son côté, le Prince Ali de Jordanie, seul candidat à la présidence face à Sepp Blatter, a évoqué dans un bref communiqué « un jour triste pour le football ».

En France, le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez s'est dit « profondément choqué et attristé par l'image du football que donne [les ]arrestations ».


LEMONDE.FR

Mercredi 27 Mai 2015 - 10:28



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