Syrie: fin des négociations de Genève, aucune avancée, aucune perspective

Lakhdar Brahimi, le médiateur de l'ONU, a mis fin aux deuxièmes discussions de Genève entre l'opposition et le gouvernement syriens



« Je pense qu’il est préférable que chaque partie rentre et réfléchisse à ses responsabilités, et (dise) si elle veut que ce processus continu ou non », a déclaré Lakhdar Brahimi à la presse.

Le négociateur de l’ONU jette l’éponge après trois semaines de blocage à Genève. Il avait imposé un ultime face-à-face aux négociateurs du gouvernement et de l’opposition syriens, ce samedi. Une façon de souligner que la solution politique demeurait la voie pour sortir du conflit. Mais il n’y a pas eu le moindre rapprochement en près de trois semaines de pourparlers.

Après le rejet de l’ordre du jour par la délégation du gouvernement syrien Lakhdar Brahimi a choisi de renvoyer tout le monde sans date de retour pour donner à chacun un temps de réflexion.

 

Des excuses « auprès du peuple syrien »

« Le gouvernement considère que la question la plus importante est le terrorisme, l’opposition considère que la question la plus importante est l’autorité gouvernementale de transition (...) nous avons suggéré que le premier jour nous parlions de la violence et de combattre le terrorisme, et le second jour de l’autorité gouvernementale, étant bien clair qu’une journée sur chaque sujet ne saurait suffire », a expliqué Lakhdar Brahimi.

« Malheureusement le gouvernement a refusé, provoquant chez l’opposition le soupçon qu’ils ne veulent absolument pas parler de l’autorité gouvernementale de transition », a ajouté le médiateur.

Le négociateur s’est dit « tout à fait désolé » et s’est excusé « auprès du peuple syrien dont les espoirs étaient si grands ».

« J’espère que ce temps de réflexion conduira en particulier le gouvernement à rassurer l’autre partie (sur le fait) que quand ils parlent d’appliquer le communiqué de Genève ils comprennent que l’autorité gouvernementale transitoire doit exercer les pleins pouvoirs exécutifs. Bien sûr combattre la violence est indispensable », a ajouté Lakhdar Brahimi.

L’exercice des « pleins pouvoirs exécutifs » reviendrait à priver le président Bachar al Assad de ses pouvoirs, même si cela n’est pas écrit explicitement dans le communiqué, d’où le blocage de Damas sur ce point.

 

Appel aux parrains russes

Ce deuxième cycle de discussions entamé lundi s’est achevé alors que les belligérants affichent leurs désaccords. Lakhdar Brahimi se rendra ensuite à New York pour rendre compte au Secrétaire général de l’ONU et au Conseil de sécurité.

Un appel jeudi aux parrains russes et américains de la Conférence n’a produit aucun effet et les États-Unis interpellent désormais publiquement la Russie pour lui demander d’en faire plus pour obtenir de la flexibilité de la part de son allié, le régime syrien.

« Nous demandons aux Russes, très franchement, d’en faire beaucoup plus, parce qu’il n’y a pas beaucoup de pays qui peuvent avoir une influence sur le régime », a souligné vendredi la porte-parole adjointe du Département d’État, Marie Harf.

« Dans certains cas nous avons pu travailler avec les Russes, mais clairement ils doivent exercer beaucoup plus de pression sur le régime que ce qu’ils ont fait », a-t-elle ajouté, soulignant que les États-Unis avaient rempli leur part du marché en amenant l’opposition à la table de négociations et en l’aidant à faire des propositions concrètes suffisamment flexibles.

Le président Barak Obama, qui a reçu vendredi en Californie le roi Abdallah II de Jordanie a exprimé sa frustration et annoncé sa décision de faire davantage pression sur le régime syrien.


Dépêche

Samedi 15 Février 2014 - 14:25



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