Traque des biens mal acquis: Un bol d'air piégé pour le Pds ?



Traque des biens mal acquis: Un bol d'air piégé pour le Pds ?
Le jeudi 06 décembre 2012, le Parti démocratique sénégalais (Pds) a rassemblé ses militants à la Place de l’Obélisque pour protester contre les convocations tous azimuts de ses responsables par la section recherche de la Gendarmerie dans le cadre de la lutte contre les biens mal acquis. Même si les observateurs semblent être divisés sur la réussite de cet évènement, force est de constater que les libéraux sont parvenus à braquer le regard des citoyens du pays sur leur formation politique. Mieux, ils peuvent se targuer d’avoir réussi à se rassembler pour défendre une cause commune. Les responsables qui, depuis la chute du régime, affichaient un engagement militant timoré semblent  retrouver la témérité qui a été l’un des points forts du Pds pendant les années de braises.   
Cela s’est lu dans les discours incendiaires des responsables de la formation libérale. De Modou Diagne Fada à Oumar Sarr en passant par Ousmane Ngom, Aïda Mbodji, Abdoulaye Faye… Les responsables libéraux ont parlé en dignes héritiers de Wade alors farouche opposant au régime socialiste.
 
Les libéraux semblent avoir dans leur nouveau cheval de bataille, deux alliés de taille : l’impatience et des Sénégalais et  le déficit de communication de camp présidentielle sur la prise en charge de la demande sociale. Certes la question des audits a été une exigence du peuple, mais les lenteurs notées dans le processus ont poussé nombre de Sénégalais à afficher leur pessimisme. Le régime de Macky Sall n’a pas pris le soin d’expliquer au peuple les raisons des lenteurs enregistrées.
Cette période coïncide avec une morosité extrême qui touche les foyers. Nombre de Sénégalais éprouvent d’énormes difficultés pour joindre les deux bouts. Le chômage des jeunes croit. La baisse des prix des denrées de première nécessité n’est pas encore effective.
Les responsables de la Mouvance présidentielle qui se distinguent à travers la proximité qu’ils avaient nouée avec le peuple deviennent de plus en plus distants. « Ils sont dans des véhicules teintés. La plupart des ministres ne sont plus accessibles. Ils commencent à snober les citoyens », dénonce un militant de l’Alliance pour la République sous le couvert de l’anonymat.
   A côté du comportement bourgeois de bon nombre de responsables de l’Apr, les querelles intestines qui indisposent les Sénégalais. La plus récente est celle qui secoue la Convergence des jeunesses républicaines à propos de la date à laquelle doit se tenir une grande rencontre des jeunes autour des orientations du parti. Récemment, le tonitruant député, Moustapha Cissé Lô a ouvert le feu sur le directeur de cabinet du président, Mor Ngom qu’il accuse de vouloir parachuter des responsables dans le département de Mbacké. Les femmes semblent se préoccuper du poste de président du Conseil économique social et environnemental. Le constat fait par nombre de citoyens est que ceux qui s’agitent autour du chef de l’Etat ne sont intéressés que par des postes.
    Et cette situation semble favoriser le retour du Pds dans le landernau politique sénégalais. Toutefois, les libéraux doivent relever plusieurs défis : sceller l’unité entre les responsables et prouver que ceux qui sont accusés d’avoir  volé des deniers publics sont blancs comme neige. Le chantier est donc immense. Les ambitions pour remplacer Me Abdoulaye Wade à la tête du Pds ne manquent pas. Le régime affiche sa détermination à prouver la culpabilité des personnes mises en cause. Qui va remporter la bataille ?
 


Samedi 8 Décembre 2012 - 00:05



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