Turquie: pas de discussions en perspective entre le gouvernement et les manifestants de la place Taksim

Treizième jour de contestation en Turquie. Une journée qui s'ouvre dans un calme relatif à la différence de la veille, mardi, quand le gouvernement a voulu montrer sa fermeté, sa détermination à ne pas céder face aux milliers de contestataires rassemblées place Taksim à Istanbul. La journée et la nuit de mardi à mercredi ont été ponctuées d'affrontements.



Turquie: pas de discussions en perspective entre le gouvernement et les manifestants de la place Taksim

Les assauts de la police, qui avaient repris en début de soirée, à la surprise générale, ont duré jusqu’à 3h et demi du matin ce mercredi. C’est vers minuit que la place de Taksim a été définitivement vidée de ses occupants, puis elle a commencée à être nettoyée par les services de la mairie. C'est alors que l’assaut du parc de Gezi a commencé - bien que le gouverneur ait promis que les forces de sécurité n’investiraient pas le jardin public où restent des centaines de tentes depuis près de deux semaines.

Un violent assaut

Cet assaut a été très violent, des flammes se sont élevées du parc pendant plusieurs heures. On voyait de l’extérieur les policiers tirer des cartouches de gaz lacrymogènes et utiliser ses canons à eau derrière le rideau des arbres, et on pouvait entendre des cris monter dans la nuit.

Les affrontements ont fait des dizaines de blessés, qui ont dû être soignés dans les hôtels alentour. Ils avaient le plus souvent été touchés à la tête par des cartouches de gaz lacrymogènes.

Désormais le parc Gezi est dévasté, mais pas entièrement vidé, il reste environ la moitié de ses tentes et de ses habitants. Cependant, l’expulsion totale et définitive risque de ne pas tarder, la police anti-émeute est en effet toujours aux abords du parc, face aux toutes dernières barricades.

La perspective de discussions s'éloigne

Depuis hier, chacun a compris que les espoirs d’une solution négociée, pacifique à cette crise n’étaient plus d’actualité, et que les opposants ne viendraient de toutes façons pas de cette rencontre avec Tayyip Erdogan prévue ce mercredi, rencontre pourtant annoncée lundi par le bureau du Premier ministre. En effet les membres de la Plateforme de Taksim ont indiqué n’avoir reçu aucune invitation, n’avoir jamais été conviés à rencontrer le chef du gouvernement. En somme, que ce rendez-vous était purement factice, et que son annonce était juste destinée à calmer la colère alors que se préparait la répression policière.

Le bureau du Premier ministre n’a pas commenté. En fait, les membres de la plateforme de Taksim ont de toutes façons indiqué qu’il n’était pas non plus question pour eux de négocier quoi que ce soit alors que Taksim est sous blocus policier.

Le Premier ministre a indiqué qu’il recevrait jeudi deux comédiennes avec lesquelles il compte parler du parc Gezi. Mais ces deux artistes ne représentent en rien la contestation de la place Taksim et n’ont aucune légitimité en terme d’environnement ou d’urbanisme.

De son côté, le vice-Président du parti au pouvoir Hüseyin Celik se dit près à rencontrer «des» défenseurs de l’environnement, mais on voit mal qui pourrait endosser ce rôle et dans quel cadre ils pourraient entamer une discussion avec ce reponsable… Les fils du dialogue sont bel et bien coupés.


Rfi.fr

Mercredi 12 Juin 2013 - 10:40



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