Ukraine: calme fragile dans l'attente des résultats des négociations

Les négociations entre les diplomates européens et le président ukrainien Viktor Ianoukovitch doivent reprendre à la mi-journée à Kiev. L'annonce qu'un accord avait été trouvé a été faite un peu plus tard. Sur le terrain, place Maïdan, le calme est revenu après les violences d’hier qui auraient fait des dizaines de victimes.



Ces discussions avec les diplomates européens ont été interrompues tôt ce vendredi matin et reprendront à midi heure locale, selon le porte-parole du ministre des Affaires étrangères polonais. La télévision ukrainienne a ensuite annoncé qu'un accord pour une élection présidentielle anticipée, une réforme constitutionnelle et un gouvernement de coalition avait été trouvé.

Les tractations, difficiles, ont duré toute l’après-midi d’hier et toute la nuit, rapporte notre envoyée spéciale à Kiev, Anastasia Becchio. Les ministres européens des Affaires étrangères ont fait des navettes entre les trois représentants de l’opposition et l’administration présidentielle.

Depuis plusieurs heures, les ministres étaient en discussion avec le président Viktor Ianoukovitch, qui a aussi rencontré dans la nuit l’envoyé spécial de Vladimir Poutine, le délégué aux Droits de l’homme auprès du Kremlin et ancien diplomate Vladimir Loukine.

Côté européen, il ne reste plus à Kiev que les ministres allemand des Affaires étrangères F.W. Steinmeier et polonais R. Sikorski. Laurent Fabius a dû lui quitter l’Ukraine pour se rendre en Chine où il avait des engagements.

Arracher un compromis aux deux parties est chose délicate. Dans la nuit, l'entourage du chef de la diplomatie française avait indiqué que les négociations étaient « très difficiles » et qu'il n'y avait « pas d'accord pour l'instant ».

C’est un véritable marathon diplomatique qui s’est engagé ici. Trois points étaient en discussion : l’instauration d’un gouverment de transition, une réforme constitutionnelle, qui permettrait de réduire les pouvoirs présidentiels et des élections présidentielle et législative anticipées.

Il reste à savoir si les termes de l'accord annoncés seront suffisants car la rue, elle, demande toujours plus. Elle veut obtenir le départ pur et simple du président.

Retour au calme sur la place Maïdan

Sur la place de l’Indépendance et autour la situation est calme ce vendredi matin. Des orateurs se succèdent sur la scène où ont résonné tout à l’heure des prières et l’hymne national. Des manifestants s’emploient à remettre de l’ordre sur cette place qui a été le théâtre de violents affrontements ces derniers jours, comme en témoignent les carcasses des tentes calcinées et les débris qui jonchent encore le sol par endroits.

Un peu plus haut, les manifestants ont remonté des barricades sur deux rues qui mènent au quartier gouvernemental. Ils ont aussi monté un mur de briques et des amas de pneus sont brûlent. Des hommes casqués, armés de gourdins, portant des boucliers font le guet et filtrent les passages à l’entrée des barricades…

C’est donc une attente tendue ici, dans l'attente du résultat des négociations qui pour le moment semblent patiner.


RFI

Vendredi 21 Février 2014 - 09:27



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