Virus zika: l’OMS annonce un «niveau d’alerte extrêmement élevé»

L'Organisation mondiale de la santé a annoncé jeudi la tenue d'une réunion d'urgence le 1er février sur l'épidémie de Zika, soupçonnée de provoquer de graves malformations congénitales et qui se propage «de manière explosive» sur le continent américain.



Le virus zika, détecté en mars 2015 au Brésil l’an passé, «se propage de manière explosive». L’Organisation mondiale de la santé (OMS), par ces mots de Margaret Chan, la directrice générale, muscle enfin le ton face à ce virus, isolé pour la première fois en 1947 en Ouganda, et qui se transmet par piqûre de moustique du genre Aedes aegypti ou Aedes albopictus (moustique tigre). «Le niveau d’alerte est extrêmement élevé», a-t-elle ajouté.
 
Elle doit convoquer un comité d’urgence le 1er février, à Genève, siège de l’institution onusienne, afin de décider si l’épidémie constitue «une urgence de santé publique de portée internationale». Alors que des cas ont été notifiés dans 23 pays de la région Amérique, «on peut s’attendre à trois à quatre millions de cas» sur le continent, a assuré Marcos Espinal, le directeur du département des maladies transmissibles et des analyses sanitaires de l’OMS pour la zone. Alors que l’Argentine a confirmé son premier cas jeudi, le Brésil est de loin le plus touché et concentrerait déjà 1,5 million de cas. Il n’existe aucun traitement, aucun vaccin, ni aucun test de diagnostic rapide contre le virus.
 
Même si elle n’établit pas encore formellement le lien avec zika, l’OMS note une «association probable de l’infection avec des malformations congénitales et des syndromes neurologiques». La première se traduit sous la forme de microcéphalies. Les autorités sanitaires brésiliennes ont rappelé mercredi que 4 180 cas suspects ont été dénombrés au Brésil, contre 147 confirmés en 2014.
 
Seconde complication : le syndrome de Guillain-Barré, «qui touche les nerfs périphériques, peut entraîner des paralysies des membres et des complications respiratoires et avait touché 42 patients en Polynésie en 2013 et 2014», lors d’une précédente épidémie, confie Arnaud Fontanet, Directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur de Paris.
 
De son côté, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a «fortement» recommandé jeudi aux femmes enceintes de différer d’éventuels voyages aux Antilles ou en Guyane française (Amérique du Sud). La sortie de l’OMS entend apporter une réponse à des experts en santé publique qui estiment qu’elle a tardé à prendre la mesure de l’ampleur de l’épidémie. Comme elle avait dramatiquement tardé à décréter la mobilisation générale contre le virus à fièvre hémorragique Ebola.

Libération

Vendredi 29 Janvier 2016 - 12:55



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