Visite du président Sall à l’UCAD: les étudiants posent leurs conditions à Macky



Il faut dire que les avis sont partagés sur la venue demain vendredi du président de la République, Macky Sall à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Interpellés par Pressafrik.com, certains ne mâchent pas leurs mots au moment où d’autres saluent l’initiative. En Master 2, Mamadou Gueye annonce les couleurs en posant ses conditions au Chef de l’Etat. Son souhait est que le président Sall «aille d’abord visiter les amphithéâtres » pour «voir les conditions d’étude » en vue de les «améliorer ». Ce, de même que le «volet social ». Le fait que les étudiants soient obligés de s’entasser même en période d’examen, ne passe pas du côté de Mamadou Gueye qui note que ces conditions favorisent la tricherie. L’étudiant demande par ailleurs à ce que les amphithéâtres soient climatisés. «Nos attentes sont fortes », marque d’emblée Cheikh Ousseynou Diouf.  L’étudiant à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) plus précisément au département de Géographie, salue toutefois l’initiative parce que, dit-il : «si je ne me trompe pas, c’est une première qu’un président foule le sol du campus social ». Ce qui montre, selon lui, «l’engagement qu’il (président Sall) a envers les étudiants…
 
Cheikh Ousseynou Diouf déplore par ailleurs les sélections en master;  il aimerait que lesdites sélections se fassent en masse pour permettre aux étudiants d’être opérationnels dès leur sortie de l’université. «Je ne suis pas prête à accueillir le président Sall », formule une étudiante. Ayant requis l’anonymat, elle décline ses raisons en ces termes : «il faut attendre que le Chef de l’Etat soit là pour assainir l’université, repeindre,…alors que ce sont des choses qu’il fallait régler bien avant. Nous qui vivons quotidiennement à l’université Cheikh Anta Diop, savons ce qui s’y passe; n ous vivons dans de très mauvaises conditions ».
 
Les étudiants n’oublient pas Bassirou Faye
L’affaire Bassirou Faye du nom de l’étudiant tué lors des affrontements entre forces de l’ordre et pensionnaires de l’UCAD est au cœur des conditions. «L’affaire traîne», dénonce Mamadou Gueye qui note «un manque de volonté politique réelle de l’Etat à faire la lumière » dans ce dossier. «Il faut que justice soit faite. Il n’y a pas de discours clair, tout est flou », marque par ailleurs l’étudiant. «Certes, il y a des lenteurs notées dans le processus, nous comprenons que la Justice fonctionne ainsi car on ne peut pas se lever un jour et inculper une personne sans preuves », sert Cheikh Ousseynou Diouf. Ce, d’autant plus martèle ce dernier qu’ «il ne faut pas oublier que Tombong Oualy  est un Sénégalais et qu’il a une famille».
 
 
Sur ce volet, l’étudiante qui a requis l’anonymat, tient à préciser qu’elle n’est pas au fait des «procédures judiciaires » mais exige que «la lumière soit faite sur cette affaire». Cette dernière n’oublie pas les faits qui se sont produits le 14 août 2014 à l’UCAD et qui ont occasionné la mort d’un des leurs. «Le coupable doit être sanctionné », scande-t-elle.  



Ibrahima Mansaly

Jeudi 30 Juillet 2015 - 13:06



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