"Wade 35%" ? Quelle honte, quel manque de respect aux sénégalais !

Avec Wade, nous aurons tout vu, tout entendu ; le « Président-concepteur » s’octroie les 35% des retombées de sa Statue de la renaissance. Combien va-t-il s’offrir sur celles de l’aéroport de Diass et de ses autres « conceptions présidentielles » ? Arrêtons-le avant qu’il ne soit trop tard ! Ses dérives dépassent les bornes. Chérif Makhfous, c’est vrai que notre mal-vivre au Sénégal c’est Wade et sa famille qui ne doivent plus mériter de nous, que nous nous énervions à cause de leurs provocations à la pelle. Ce qu’ils méritent de nous est une grande mobilisation pour les bouter dehors dès 2012 ; cependant, le silence méprisant ne suffit pas. Nous devons poursuivre la dénonciation afin de sensibiliser d’avantage le peuple sur leurs innombrables mochetés. Ils ont choisi de nous narguer jusqu’au bout, c’est à nous de prendre notre responsabilité pour leur rendre la monnaie de leur pièce, un marquage à la culotte s’impose, jusqu’en 2012. Parler de renaissance africaine, en tuant économiquement son pays, et en voulant nous ramener à l’époque de la bougie est une incongruité atterrante.



"Wade 35%" ? Quelle honte, quel manque de respect aux sénégalais !
Statue de la renaissance ! Quelle farce burlesque. Chérif Makhfous, nous avions entendu le poète écrivain Amadou Lamine SALL lors de son passage à l’émission Grand Jury le dimanche 02 Avril 2009 soulever une interrogation très pertinente : « Jusqu’à quand l’Afrique va continuer à renaître ? ». Question à ne pas poser à Wade parce que la réponse n’est plus de son époque, il vit sur sa planète, dans un autre monde ; celui du rêve d’une notoriété préfabriquée. Les précurseurs du panafricanisme ont déjà dit l’essentiel, l’imitation ne peut pas égaler l’original. Que Wade et ses porte-voix cessent leurs agitations stériles. « Jusqu’à quand l’Afrique va continuer à renaître ? ». Le poète n’a pas tort de se poser la question. Wade a raté le coche ; le cercle des Nelson Mandela, Thomas SANKARA et des précurseurs du panafricanisme des années soixante tels que Lumumba, Nkrumah, Cheikh Anta DIOP… n’est pas le sien. Les honneurs préfabriqués ne font pas les héros de demain.


En visite dans la baie de New York après 1870, le franc-maçon Frédéric Auguste Bartholdi, architecte et sculpteur français, se mit à réfléchir sur une statue pouvant symboliser « la liberté éclairant le monde ». Auparavant, il avait déjà réalisé la statue du général Rapp, inaugurée en 1856 et la statue équestre de Vercingétorix pour Clermont-Ferrand. Il finira par concevoir la Statue de la liberté. Ici, notre Président-Concepteur érige sa Statue de la renaissance pour « sortir l’Afrique des ténèbres et l’amener vers la lumière », une condition sans doute « essentielle » pour « réhabiliter » les africains dans leur « dignité » et leurs permettre certainement de « rentrer dans l’histoire ». Ce que Sarkozy a théorisé à Dakar au point d’irriter plus d’un, Wade, par ses idées bizarres de renaissance africaine, un concept que lui et ses intellectuels supporteurs ont du mal à nous expliquer avec cohérence en ce début du troisième millénaire, est en train de la justifier par le biais de sa statue: symboliser notre « sortie des ténèbres vers la lumière par l’érection d’une statue ». Quelle farce grotesque ! Une mystification qui coûte à notre pays plusieurs milliards dans un micmac financier et foncier digne de la camorra. Notre Président-concepteur ne s’arrête pas en si bon chemin ; il s’octroie les trente cinq pour cent des retombées futures de sa Statue qu’il compte confier à son fils. C’est de l’indécence caractérisée.

Mais, il peut tout faire, tout dire, tout se permettre car il est le seul pouvoir réel du pays à part celui de Dieu, jusqu’à nouvel ordre. Le temps passe vite. Demain, d’autres viendront et se feront le devoir de rétablir l’ordre, le droit et la vérité sur toutes ces questions. Hélas ! Depuis qu’il est aux commendes à la tête du pays, c’est la transparence dans la gestion qui surprend et non le contraire. D’ailleurs, un cabinet d’audit privé commis par l’Etat vient d’épingler l’Etat dans des agissements peu orthodoxes qui ont coûté des milliards à notre trésor public. Qui a entendu Wade se prononcer sur cette affaire ou prendre les mesures idoines ? La Cour des comptes a remis son rapport sur plusieurs dérives dans la gestion de nos deniers publics avec des recommandations à l’appui ; cela le laisse de marbre.

Il préfère indexer l’opposition par une lettre incendiaire et discourtoise pour un Président de la république. Un Président n’accuse pas, il sanctionne positivement ou négativement en fonction des dispositions réglementaires de son pays. C’est notre opinion. D’ailleurs, la justice doit s’autosaisir pour éclairer le peuple sur les allégations du chef de l’Etat et de son ex-ministre de l’intérieur Maître Ousmane Ngom parues dans la presse en direction du régime sortant. Ce qui est étonnant, c’est qu’ils accusent, après neuf années de règne, le parti socialiste de crimes de sang et de détournement d’argent alors qu’ils détenaient et détiennent encore, par devers eux, tous les instruments juridiques nécessaires pour édifier le peuple et faire appliquer la loi. Face à la tac-tic de Wade pour installer de nouveau la diversion et esquisser les vraies questions d’ordre national, démocratique et républicain, l’opposition doit lui opposer un mépris total tout en travaillant dans la cohésion pour son départ. Nous l’avions dit dans un article il y’a un mois : Wade ne sait pas dialoguer, il ne sait qu’orchestrer.

Revenons à sa Statue de la renaissance qui t’étonne au plus grand point Chérif Makhfous, parce que, construite par quelqu’un qui a la prétention d’être musulman malgré le fait que la religion musulmane, elle, est formelle sur ce point : toute représentation faite avec du bois, de la pierre, du métal… qui prend la forme d’un être doté d’une âme est formellement interdite, ses auteurs ne pouvant entrer au paradis quelques soient leurs bonnes œuvres qu’à la condition de pouvoir lui donner une âme le jour du jugement dernier. Cette statue est l’une des multiples incohérences de notre très cher Président. Qu’on ne nous parle pas de laïcité, elle n’empêche pas un pays comme la France de s’opposer au port du voile musulman et à la polygamie. Certainement, Wade veut son « Antique colosse de Rhodes » ou sa « Statue d’Auguste » de son vrai nom Caius Julius Caesar Octavius empereur romain qui installa un régime monarchique de son vivant. Comme tous les « Grands » de cette terre, il lui faut sa « Statue d’Alexandre le Grand » ou sa « Tour Eiffel » version « Wadienne ». Hassan II a construit sa mosquée imposante dans l’océan, Houphouët sa basilique à Yamoussoukro, Wade fabrique sa Statue à Dakar.

Pendant ce temps, que sa supposée foi musulmane soit en contradiction avec son acte, ce n’est pas important. Que le trésor public en soit vidé, ce n’est pas essentiel. Que le peuple crie au scandale, c’est son problème ; en charge à ses ouailles de lui expliquer « qu’on ne vit pas que de pain et d’eau » ou de s’appuyer maladroitement sur Senghor pour le convaincre du fait que « la culture est l’Alpha et l’Oméga », qu’elle est au début et à la fin de tout développement. Que de Charabias dans l’air! La culture a vraiment bon dos. Elle justifie tout… même cette laideur bronzée qui est sensée symboliser la renaissance d’un continent noir, cette femme à la taille fine et presque nue qui prétend représenter nos belles femmes chastes dont la majorité ont des formes épanouies.

Nous demandons à tous les musulmans de ce pays, aux véritables guides religieux en premier lieu, d’éviter d’aller à l’inauguration d’un tel blasphème ; ne répondez à aucune invitation allant dans ce sens. Celui qui aide Satan est un ennemi du Seigneur. Nous vous renvoyons à la sourate Ibrahim du saint Coran, sur les statuettes.

Seydina Wade, le chanteur de Cambéréne dit qu’un adulte ne doit pas s’adonner à des enfantillages. Chérif Makhfous, nos dirigeants doivent bien méditer ce propos de cet artiste dans l’intérêt du peuple. Nous sommes certes révulsés par les 35% du président mais, ce qui nous horrifie le plus, c’est l’édification de cette horreur dans un pays à forte population musulmane, où les travailleurs font tous les mois une grève de la faim (c’est le cas actuellement des travailleurs d’AMA SENEGAL) pour réclamer des arriérées de salaire, où les hôpitaux souffrent de l’absence de médicaments et de matériels de santé, où les jeunes sombrent dans l’oisiveté ou le Barça ou Barsakh. Une Statue estimée à douze milliards dans un pays où le monde rural se vide faute d’espoir au niveau local, où les ménages ont du mal à assurer un repas digne de ce nom par jour, où l’électricité est rare et très couteuse, où l’école agonise ...

Avec « Wade 35% », nous nous demandons toujours, comme M.Reed en larmes dans le livre de Barack Obama, Les rêves de mon père : « Qu’avons-nous fait pour être traités si méchamment » ?


Tafsir Ndické DIEYE
Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (polar), Silence ! On s’aime (poésie)
Editions Le Manuscrit, paris mars 2008
E-mail :ndickedieye@yahoo.fr


Tafsir Ndické DIEYE

Lundi 10 Août 2009 - 16:17



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