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Contrats gaziers en Mauritanie et au Sénégal : La lourde charge d’un expert contre BP et Kosmos



Dans une lettre ouverte publiée sur le site Cridem, Mohamed Ould Mohamed El Hacen, président-fondateur de l’Institut International de Recherche et d’Études Stratégiques, interpelle directement le président de la République et le Premier ministre mauritaniens.

L'expert avertit l'opinion publique sur les conventions énergétiques signées entre la Mauritanie, le Sénégal, BP et Kosmos Energy. Il estime que « ces accords n’ont tenu compte, ni de près ni de loin, des intérêts de la Mauritanie et du Sénégal ».

Revenant sur le calendrier et la genèse du projet, l'analyste conteste le contexte politique de la signature. Selon lui, « le choix de la date du 9 février 2018 pour la signature des accords avec les deux sociétés concernées, à la fin de deux mandats, ne relevait pas du hasard ».

 Il pointe également du doigt des défaillances de contrôle, affirmant que « même les dispositions prévues par ces accords n’ont pas fait l’objet d’un contrôle permettant de garantir la préservation des intérêts des deux pays ».

L'auteur dénonce ensuite le déséquilibre dans le partage des retombées économiques de la première phase d'exploitation. Il indique que « les sociétés étrangères ont saisi l’occasion pour s’approprier, sans la moindre gêne, l’intégralité des revenus de la première phase du projet, privant ainsi la Mauritanie et le Sénégal de recettes durant cette étape ».

Il ajoute que « la décision de procéder à un audit, prise par les gouvernements mauritanien et sénégalais, est intervenue très tardivement ».

Le président de l'institut regrette également le manque de transparence entourant la vérification de ces contrats. Il soutient que « les rapports d’audit n’ont pas été publiés, pas plus que les textes intégraux des accords, car leur contenu serait difficilement conciliable avec les exigences de la conscience humaine et populaire ». Il rappelle que « ces sociétés n’ont d’autre intérêt que l’exploitation intensive et l’épuisement des ressources dans le cadre de l’accord du 8 février 2018 ».

Sur le plan économique, Mohamed Ould Mohamed El Hacen dresse un constat sévère quant aux retombées globales. Il prévient que « jusqu’à présent, et si les accords ne sont pas révisés et si des mesures correctives ne sont pas prises, le gaz risque d’être davantage préjudiciable que bénéfique à la Mauritanie, même au regard des seuls chiffres ». Il relève d'ailleurs que « le débat sur la troisième phase, qui nous avait fait miroiter des milliards, semble désormais s’être éteint ».

L’expert met en garde contre les risques de blocage sur la deuxième phase et l'extension du modèle à d'autres gisements. Concernant la suite du projet, il souligne que « les sociétés risquent de multiplier les retards jusqu’à ce que les deux États, acculés par les privations et la pauvreté, finissent par céder à des conditions inacceptables ». Il redoute également que « aucun accord relatif à l’exploitation du gaz de Bir Allah ne pourra échapper aux conséquences de l’accord du 9 février 2018 ».

Fodé Bakary Camara

Dimanche 11 Octobre 2026 - 23:19


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