Épuisée, Hajar Raissouni entre dans l’appartement casablancais de son oncle Souleymane et prend sa tante dans ses bras. Il est presque minuit. Elle revient de Rabat où elle a passé la journée à l’ambassade du Soudan pour régler des papiers avec son fiancé. Enfin, ils vont pouvoir se marier.
Accusés d’avortement illégal et de relations sexuelles hors mariage, elle et son fiancé avaient été condamnés à un an de prison ferme ; le gynécologue de la journaliste à deux ans de prison ferme.
17 kilos perdus en 47 jours
Elle s’installe sur la terrasse pour être tranquille et discuter. Dans le salon, son fiancé, des oncles et amis discutent avec fougue. « Je me sens libre », sont les premiers mots de Hajar Raissouni, qui qualifie sa libération « d’inattendue ».
Le plus dur pendant ses 47 jours passés en prison pour elle, c’est « le vide » et ne pas écrire tous les jours, comme elle le faisait en tant que reporter. Là-bas, elle a perdu 17 kilos et mangeait seulement quelques légumes et des œufs, de peur de tomber malade.
Travailler sur la question des droits des femmes
Heureuse d’avoir bénéficié de cette grâce royale, elle espère une suite au débat sur les libertés individuelles lancé par la société civile. Après un mois ou deux de repos, elle veut déjà reprendre son travail et creuser les questions des droits humains, et surtout des droits des femmes.
La jeune journaliste de 28 ans affirme vouloir défendre entre autres le droit à l’avortement, même si elle assure ne pas avoir avorté et que son procès reste « politique ». Mais avant tout, elle souhaite que son innocence soit reconnue en appel.
Accusés d’avortement illégal et de relations sexuelles hors mariage, elle et son fiancé avaient été condamnés à un an de prison ferme ; le gynécologue de la journaliste à deux ans de prison ferme.
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