On s’est plaint depuis le défunt président Senghor d’une hypertrophie du pouvoir présidentiel. C’est lui qui initie, décide et exécute. Tout part de lui, tout revient à lui. Il y a comme qui dirait une espèce de culture de l’exécutif ou culture du césarisme. Tout est entre les mains du président de la République qui a des pouvoirs quasi illimités.
Est-ce, aujourd’hui, ce que le Pastef, opposant au sein de son propre pouvoir, cherche à équilibrer ? En apparence, oui ! Mais dans la réalité et dans la manière de procéder, ce n’est qu’une manœuvre de plus pour mettre en mal l’exécutif et tromper le peuple. Ce que Sonko et ses députés ont engagé depuis leur prise de fonction n’est ni plus, ni moins qu’une vaste entreprise de sabotage et de déstructuration de l’Etat et de la République du fait d’une majorité incompétente et irresponsable.
Force est de convenir que les germes des craintes qu’on devait nourrir, normalement, vis-à-vis du chef de l’Etat, sont plus perceptibles chez son ancien Premier ministre qui a forcé les portes de l’hémicycle où il règne en maitre incontesté. Omniscient et omnipotent, le nouvel homme fort de l’Assemblée nationale se découvre, en effet, comme un «omni-président du parlement». Au four et au moulin, il ramène tout à lui, raconte tout et n’importe quoi sur la place publique, dans l’unique but d’étaler sa supposée puissance et sa soi-disant grandeur.
Grisé par une telle posture, le leader du Pastef croit être le pouvoir et s’identifie quasiment à tous ses attributs. Il n’est donc pas rare de l’entendre dire qu’il a fait telle ou telle chose, sans jamais apporter la preuve matérielle de ses affirmations. Il n’hésite pas à entretenir un rapport clientéliste avec d’autres formations politiques, essayant de les satelliser ou de les prendre en otage. Il en va ainsi de son parti politique qui affiche depuis l’alternance une insolente santé financière. Ses manifestations bénéficient d’un appui conséquent de ses directeurs tapis dans l’appareil d’Etat. Pour l’opposant qui s’insurgeait contre de telles pratiques, c’est, on ne peut plus, déroutant.
Pendant ce temps, celui qui trône à la tête de l’Exécutif brille par son immobilisme. Cet effacement justifie amplement la crise des institutions que traverse le pays depuis bientôt trois années. Le Sénégal a besoin d’un Président qui rassure, suscite et impulse, et non d’un dirigeant qui laisse son ancien Premier-ministre, malgré leurs profondes divergences, vampiriser et désacraliser le parlement au point d’en faire une puissante arme de destruction de la République. C’est avec tout cela qu’il va falloir rompre pour rendre possible un mode de gouvernance démocratique.
Pour refonder l’Etat et les pouvoirs de la République, il est impératif de procéder à une véritable rupture. La centralité du pouvoir doit revenir au peuple, certes à travers ses représentants au Parlement, mais celui-ci, devra, tout de même, être positionné comme un acteur institutionnel majeur, qu’on ne caporalise pas et qu’on ne mette pas au service d’une chapelle politique. La séparation et l’équilibre des pouvoirs impliquent une claire répartition entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire en plus d’un contrôle sur chacun d’eux afin d’établir une réelle corrélation entre pouvoir et responsabilité.
Au sortir de 64 ans d’indépendance qui voit le Sénégal patauger dans la gadoue de ses travers et être à la peine, il devient impérieux, au regard d’une jeunesse privée d’avenir, de reconsidérer son mode de gouvernance en développant une pensée critique qui déverrouille les pesanteurs et libère les énergies créatrices. C’est dire l’importance de refonder l’Etat, de revoir la question du leadership, essentielle pour placer à sa tête les femmes et les hommes capables de le servir dans le sens du bien commun. Il s’agit, plus exactement, de rendre le pouvoir à qui il appartient, pas à un homme, qu'il soit au Palais ou au Perchoir.
Alioune Badara COULIBALY
Porte-parole APR
Est-ce, aujourd’hui, ce que le Pastef, opposant au sein de son propre pouvoir, cherche à équilibrer ? En apparence, oui ! Mais dans la réalité et dans la manière de procéder, ce n’est qu’une manœuvre de plus pour mettre en mal l’exécutif et tromper le peuple. Ce que Sonko et ses députés ont engagé depuis leur prise de fonction n’est ni plus, ni moins qu’une vaste entreprise de sabotage et de déstructuration de l’Etat et de la République du fait d’une majorité incompétente et irresponsable.
Force est de convenir que les germes des craintes qu’on devait nourrir, normalement, vis-à-vis du chef de l’Etat, sont plus perceptibles chez son ancien Premier ministre qui a forcé les portes de l’hémicycle où il règne en maitre incontesté. Omniscient et omnipotent, le nouvel homme fort de l’Assemblée nationale se découvre, en effet, comme un «omni-président du parlement». Au four et au moulin, il ramène tout à lui, raconte tout et n’importe quoi sur la place publique, dans l’unique but d’étaler sa supposée puissance et sa soi-disant grandeur.
Grisé par une telle posture, le leader du Pastef croit être le pouvoir et s’identifie quasiment à tous ses attributs. Il n’est donc pas rare de l’entendre dire qu’il a fait telle ou telle chose, sans jamais apporter la preuve matérielle de ses affirmations. Il n’hésite pas à entretenir un rapport clientéliste avec d’autres formations politiques, essayant de les satelliser ou de les prendre en otage. Il en va ainsi de son parti politique qui affiche depuis l’alternance une insolente santé financière. Ses manifestations bénéficient d’un appui conséquent de ses directeurs tapis dans l’appareil d’Etat. Pour l’opposant qui s’insurgeait contre de telles pratiques, c’est, on ne peut plus, déroutant.
Pendant ce temps, celui qui trône à la tête de l’Exécutif brille par son immobilisme. Cet effacement justifie amplement la crise des institutions que traverse le pays depuis bientôt trois années. Le Sénégal a besoin d’un Président qui rassure, suscite et impulse, et non d’un dirigeant qui laisse son ancien Premier-ministre, malgré leurs profondes divergences, vampiriser et désacraliser le parlement au point d’en faire une puissante arme de destruction de la République. C’est avec tout cela qu’il va falloir rompre pour rendre possible un mode de gouvernance démocratique.
Pour refonder l’Etat et les pouvoirs de la République, il est impératif de procéder à une véritable rupture. La centralité du pouvoir doit revenir au peuple, certes à travers ses représentants au Parlement, mais celui-ci, devra, tout de même, être positionné comme un acteur institutionnel majeur, qu’on ne caporalise pas et qu’on ne mette pas au service d’une chapelle politique. La séparation et l’équilibre des pouvoirs impliquent une claire répartition entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire en plus d’un contrôle sur chacun d’eux afin d’établir une réelle corrélation entre pouvoir et responsabilité.
Au sortir de 64 ans d’indépendance qui voit le Sénégal patauger dans la gadoue de ses travers et être à la peine, il devient impérieux, au regard d’une jeunesse privée d’avenir, de reconsidérer son mode de gouvernance en développant une pensée critique qui déverrouille les pesanteurs et libère les énergies créatrices. C’est dire l’importance de refonder l’Etat, de revoir la question du leadership, essentielle pour placer à sa tête les femmes et les hommes capables de le servir dans le sens du bien commun. Il s’agit, plus exactement, de rendre le pouvoir à qui il appartient, pas à un homme, qu'il soit au Palais ou au Perchoir.
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