Cérémonies du 11-Novembre: François Hollande, le «président des sifflets»

Le président français François Hollande ne s’attendait pas à passer une mauvaise journée, ce 11 novembre. Le président de la République a été sifflé, hué sur les Champs-Élysées alors qu’il tentait de rassembler le peuple français. Sous le choc ce matin, la presse du pays titre : « Le président des sifflets », « la fronde se généralise ».



Le passage du chef de l'Etat à Oyonnax a été sifflé par des manifestants, lors des célébrations commémoratives du 11-Novembre. REUTERS/Robert Pratta
Le passage du chef de l'Etat à Oyonnax a été sifflé par des manifestants, lors des célébrations commémoratives du 11-Novembre. REUTERS/Robert Pratta

Ce 11-Novembre devait être un jour de répit pour François Hollande, un jour d’unité nationale. Et il comptait sur cette journée pour adresser aux Français un message d’espoir et de rassemblement. Au final, ce qu’on retient de ce 11 novembre 2013 si particulier, ce sont des sifflets, des sifflets d’extrême droite sur les Champs-Élysées, des sifflets contre les impôts, notamment à Oyonnax. Lundi après-midi. François Hollande a même renoncé à traverser le centre-ville à pied, comme c’était prévu.
 

Record d'impopularité battu
 

Voilà un président « bunkerisé » qui n’ose plus sortir comme Nicolas Sarkozy en son temps. C’est le risque qui guette François Hollande et à l’Elysée, on en est bien conscient. La rue manifeste directement contre François Hollande, ce qui est une nouveauté et le signe de l’impopularité toujours plus grande de l’exécutif. Pour assombrir un peu plus encore la journée du 11-Novembre du chef de l’Etat, François Hollande a battu son propre record dans les sondages : seulement 21% d’opinion favorable selon BVA. Le président est désormais minoritaire, même chez ceux qui avaient voté pour lui dès le premier tour. Nicolas Sarkozy avait désacralisé la fonction présidentielle, François Hollande voulait la normaliser. Résultat : avec une telle impopularité aujourd’hui, tous les verrous, toutes les inhibitions sautent.
 

« Indignes »
 

Un président sifflé le 11-Novembre, de mémoire c’est du jamais vu. La classe politique est d’ailleurs quasi unanime pour dénoncer l’outrage fait aux morts de la Grande Guerre. Alors au lendemain de ce 11 novembre 2013 au goût amer pour le chef de l’Etat, on peut s’interroger sur la défiance qui touche le pouvoir. Mais on peut aussi s’interroger sur ces manifestants sans mémoire. « Indignes » pour reprendre le mot d’un proche de François Hollande. Au fond, ces sifflets sont à la fois le signe d’un président contesté et d’un pays qui va mal.

Source : Rfi.fr


Dépéche

Mardi 12 Novembre 2013 - 11:09



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