Gaza: ce que Desmond Tutu dit à Israël

Le prix Nobel de la paix soutient l'idée d'un boycott massif de l'Etat hébreu, comme cela avait été fait pour le régime d'apartheid.



Gaza: ce que Desmond Tutu dit à Israël
Trois commandants de la branche armée du Hamas palestinien ont été tués dans un raid de l’armée israélienne, ce jeudi matin. Ces hommes se trouvaient, indique le Hamas, au sud de la bande de Gaza, où les combats ont repris depuis le 19 août, faisant vingt-neuf morts à majorité des civils.
Dans ce contexte très tendu, les paroles de l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, résonnent comme un terrible avertissement au gouvernement de Benyamin Netanyahou et comme un plaidoyer adressé au peuple israélien.
En effet, le 14 août dernier, Desmond Tutu a publié sur le site du quotidien israélien Haaretz une tribune dans laquelle il appelle à un «boycott mondial» d’Israël et invite Israéliens et Palestiniens à trouver une solution durable à cette crise en Terre Sainte.
«Nous sommes opposés à l'injustice de l'occupation illégale de la Palestine. Nous sommes opposés aux assassinats à Gaza. Nous sommes opposés aux humiliations infligées aux Palestiniens aux points de contrôle et aux barrages routiers. Nous sommes opposés aux violences perpétrées par toutes les parties. Mais nous ne sommes pas opposés aux juifs», écrit sur Haaretz, en des termes peu équivoques, l’ex-figure de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.
Monseigneur Tutu revient justement sur son expérience de militant contre la colonisation et la ségrégation dans son propre pays.
«Nous, Sud-Africains, connaissons la violence et la haine. Nous savons ce que cela signifie d'être les oubliés du monde, quand personne ne veut comprendre ou même écouter ce que nous exprimons», tonne-t-il, avant de justifier son soutien à l’appel au boycott d’Israël lancé à travers le monde.
«L'embargo sur le commerce infligé dans les années 80 à l'Afrique du Sud par des multinationales engagées fut un facteur clé de la chute, sans effusion de sang, du régime d'apartheid. Ces entreprises avaient compris qu'en soutenant l'économie sud-africaine, elles contribuaient au maintien d'un statu quo injuste. Ceux qui continuent de faire affaire avec Israël, et qui contribuent ainsi à nourrir un sentiment de “normalité” à la société israélienne, rendent un mauvais service aux peuples d'Israël et de la Palestine. Ils contribuent au maintien d'un statu quo profondément injuste.»
Desmond Tutu défend d’autant plus cette approche qu’il semble convaincu que «la responsabilité de négocier une solution durable à la crise en Terre Sainte repose sur la société civile et sur les peuples d’Israël et de Palestine eux-mêmes», davantage qu’aux politiques ou aux diplomates.
L'archevêque émérite anglican du Cap conclut, en réitérant son appel au dialogue et au respect de la dignité humaine. Car, soutient-il, «la libération de la Palestine serait aussi la libération d’Israël».

Slateafrique

Vendredi 22 Août 2014 - 12:21



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