Gaza: l'opération «Bordure protectrice» se poursuit sans relâche

La nuit a encore été rythmée par les bombardements israéliens dans la bande de Gaza. Les tirs de roquettes et les raids de l'armée israélienne se poursuivent sans relâche depuis la fin de la trêve lundi soir. Israël vise en particulier les dirigeants de la branche armée du Hamas. Hier, jeudi 21 août, trois de ces commandants ont ainsi été tués. Et aujourd'hui les réactions se multiplient chez les Palestiniens.



Si Israël se félicite évidemment de l’élimination de ces trois responsables militaires, le Hamas appelle lui à la vengeance, explique notre envoyé spécial dans les Territoire palestiniens, Nicolas Ropert. « Israël paiera un prix très lourd à ces éliminations », ce qu’a dit Ismaël Haniyeh, l’ancien Premier ministre et chef du parti islamiste dans la bande de Gaza.
L’un de ces commandants était impliqué dans la capture du soldat Gilad Shalit et avait décidé de la stratégie des tunnels qui relient la bande de Gaza aux territoires israéliens. Ce responsable pouvait prétendre prendre la tête de l’organisation en cas de décès de son chef.
Hommage aux « héros »
Plusieurs milliers de Gazaouis ont rendu hommage ce jeudi 21 août à ces trois « héros », comme ils les appellent. Les roquettes tirées depuis l’enclave palestinienne continuent de s’abattre sur le sol israélien. Plus de 300 ont été lancées depuis la reprise des hostilités. L’armée israélienne poursuit, elle, ses frappes. Dix cibles ont été visées durant la nuit. Le nombre de déplacés recensés par l’agence de l’ONU à Gaza n’a jamais été aussi élevé. Près d’un demi million de personnes, soit quasiment un habitant sur trois.
Le leader du Hamas, Khaled Mechaal et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas se sont rencontrés au Qatar. Peu de détails sont sortis de cette entrevue, mais la presse locale palestinienne insiste ce matin sur le fait que le plan de paix, proposé par les négociateurs palestiniens, n’ait toujours pas trouvé de réponse côté israélien, un accord de paix qui semble bien lointain.
Israël accroît encore sa vigilance
L’armée israélienne accroît sa vigilance aux abords de Gaza, nous dit Murielle Paradon, notre correspondante à Jérusalem. Elle craint que le Hamas ne prépare un attentat ou n'enlève des civils ou des militaires en représailles à l’assassinat de trois commandants de sa branche armée. C’est donc ce que rapportent les médias israéliens ce matin.
L'armée a également pris des mesures de sécurité supplémentaires il y a quelques jours en interdisant les rassemblements de plusieurs centaines de personnes, dans un rayon de 80 km autour de Gaza. Pour éviter potentiellement un grand nombre de victimes en cas de tirs de roquettes. Sont concernés : les mariages, les concerts et les événements sportifs. La ligue de football a d’ailleurs annulé la première journée de son championnat prévue samedi.
Malgré tout, les Israéliens vivent normalement, au rythme des alertes. Il y en a eu encore hier soir entre Jérusalem et Tel Aviv. Il y a des alertes et des tirs de roquettes plus intenses dans le sud du pays, près de Gaza, qui ont fait un blessé grave dans la région d’Eshkol. Mais évidemment, le bilan humain et les destructions ne sont pas comparables avec le coté palestinien. Rappelons le : il y a eu 67 morts chez les Israéliens, dont 3 civils, plus de 2 000 morts à Gaza, dont une majorité de civils.

 ■ Comment Israël a-t-il pu cibler les dirigeants du Hamas ?
Qu'est-ce qui a fait que l'armée israélienne a pu savoir que les trois responsables de la branche militaire du Hamas se trouvaient là, s'interroge notre envoyé spécial sur place, Nicolas Ropert. Un site internet proche du Hamas affirme que trois collaborateurs ont été exécuté. Ils auraient fourni des informations aux israéliens pour permettre ce bombardement.
Il ne reste rien de l'endroit où ont été tués les trois commandants de la branche militaire du Hamas. Les trois étages de la maison se sont effondrés. Un cratère de plusieurs mètres est visible au beau milieu des débris. Abu Bahaa, un voisin, a eu sa maison endommagée par l'explosion. Il assure qu'il n'a jamais vu de combattants dans les environs : « Personne ne savait qu'ils étaient là. C'était la maison d'une famille que je connaissais, ils n'étaient pas liés aux combattants. Vous savez, ils ont des méthodes à eux bien spéciales. Personne n'était au courant. Les gens dormaient. »
Sept palestiniens ont été arrêtés, trois d'entre eux auraient été exécutés pour collaboration avec Israël en lien avec ce bombardement. Le Hamas n'a pas confirmé cette version. Mais Om Mohammad, une mère de famille qui habite en face ne pense pas que les Israéliens aient pu repérer des combattants qu'elle même n'a jamais vu : « Si même nous, les voisins, nous ne savions pas qu'ils étaient là, comment ils ont pu être découvert ? Des traitres les ont donnés. C'est sûr, ils ont été vendus. Personne ne pouvait savoir qu'ils étaient là. »
Ce n'est pas la première fois que le mouvement islamiste à recours à ce type de technique. Les autorités israéliennes n'ont pas commenté cette information.
De la fumée est visible sur la bande de Gaza après -selon les témoins- une attaque aérienne israélienne, le 21 août 2014.

RFI

Vendredi 22 Août 2014 - 11:53



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