Le dialogue inter-malien d'Alger s'ouvre dans un climat de méfiance

Les négociations inter-maliennes ont commencé en Algérie. Des pourparlers pour obtenir - ou en tout cas tenter d'obtenir - une paix durable dans le nord du Mali, après des années d'insurrection armée. Plusieurs ministres ont été envoyés par l'État malien pour dialoguer avec les principaux groupes du Nord ainsi que d'autres mouvements dissidents, mais l'ambiance est pour le moment à la méfiance.



Les prisonniers relâchés par le gouvernement malien avant le début du dialogue d'Alger, le 15 juillet 2014. REUTERS/Adama Diarra
Les prisonniers relâchés par le gouvernement malien avant le début du dialogue d'Alger, le 15 juillet 2014. REUTERS/Adama Diarra

Une première réunion s'est terminée, mercredi en début d'après-midi. Il s'agissait d'une réunion dite « de haut niveau », à l'hôtel Laurassi d'Alger. Toutes les parties étaient présentes. À la sortie, le médiateur algérien Ramtane Lamamra a déclaré qu'il fallait que « les violations du cessez-le-feu s'arrêtent ». Une déclaration qui intervient alors que vendredi, des combats avaient éclaté à Anéfis et Tabankort.

« Éviter les erreurs du passé »

Cette réunion était surtout une prise de contact. D'autres négociations, dans l'après-midi, porteront sur une future feuille de route. Il faudra, pour les différents acteurs, s'accorder sur une méthodologie précise pour ce dialogue : définir le calendrier, les sujets à aborder - et on sait que certains sont sensibles -, quels groupes de travail, divisés de quelle manière, avec qui, etc. Cela va s'étaler au moins jusqu'à jeudi, avant d'attaquer, dans un second temps, les questions de fond.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a déclaré mercredi matin à RFI qu'il fallait créer « un cadre nécessaire pour les négociations, afin d'arriver rapidement à conclure un accord de paix et éviter les erreurs du passé ».

Pas d'État fédéral

Ce dialogue peut-il aboutir ? Il s'ouvre en tout cas au lendemain d'un échange de 86 prisonniers entre Bamako et les groupes armés  - « une mesure de confiance importante », a commenté le porte-parole du MNLA Mossa Ag Attaher. Selon une source, le président malien aurait demandé à sa délégation de tout faire pour obtenir un accord durable. L'Algérie aimerait également aboutir à un engagement.

Mais la méfiance est toujours là sur les questions de fond. Ce mercredi matin, le chef de la diplomatie malienne a indiqué qu'il était prêt à aller aussi loin que possible, mais qu'il y avait une ligne rouge à ne pas dépasser : il n'y aura pas d'État fédéral, pas d'autonomie ni d'indépendance. Malgré tout, il s'est dit disposé à explorer toutes les possibilités institutionnelles.

Statut pour l'Azawad

Les groupes du Nord n'ont plus de visées indépendantistes. Ils réclament en revanche un statut particulier pour l'Azawad. Ce qui pose également la question de la présence de l'État malien dans le Nord : quelles conditions pour son retour, notamment à Kidal ?

Sur ces points épineux, les positions sont encore éloignées. Parmi les personnes qui pourraient contribuer à les rapprocher : le médiateur algérien. Le ministre des Affaires étrangères malien y est favorable. Mais Mossa Ag Attaher, du MNLA, répond que l'Algérie a souvent fait l'intermédiaire, et pourtant le Mali n'est toujours pas en paix. Les pourparlers promettent donc de durer.

Source : Rfi.fr



Jeudi 17 Juillet 2014 - 12:34



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