Satao l’éléphant, icône de la faune kényane, abattu pour ses défenses

Au Kenya, un des plus grands éléphants d'Afrique a été tué par des braconniers. C'est ce qu'annonce le service de la faune sauvage. Sa mort soulève l'indignation des défenseurs de la nature et des activistes. L'annonce de sa mort survient dix jours avant l'ouverture d'une grande conférence sur le braconnage à Nairobi chapeautée par les Nations unies, à laquelle Ban Ki-moon est censé assister.



Un éléphant du Kenya et son éléphanteau. Sadi Ugur OKÇu
Un éléphant du Kenya et son éléphanteau. Sadi Ugur OKÇu

Le visage a été mutilé pour arracher des défenses pesant près de cinquante kilos chacune. Satao, âgé de 45 ans a été tué par une flèche empoisonnée tirée sur son flanc gauche, selon l'organisation Tsavo Trust  qui publie un compte-rendu sur son site internet. L'acte criminel a eu lieu le 30 mai dernier à la bordure du parc, dans une zone propice au braconnage. L'annonce n'a eu lieu que deux semaines plus tard, car la zone d'accès est difficile, peu de routes, ce qui a retardé l'identification du célèbre mammifère.

Satao était une des icônes du parc national de Tsavo-Est, il faisait partie des rares éléphants à posséder des défenses si longues qu'elles touchaient terre. Mark Deeble, un documentariste de la faune sauvage, écrivait sur son blog en mars dernier que l'éléphant, conscient d'être une proie pour les braconniers, faisait en sorte de dissimuler ses défenses lorsqu'il allait boire à un point d'eau.

Paula Kahumbu, fer de lance de la défense des éléphants au Kenya, s'insurge dans une tribune du quotidien britannique The Guardian du fait que Satao était censé être protégé 24h sur 24, 7 jours sur 7. « Les Kényans s'interrogent sur ce qui a mal tourné », écrit-elle. Elle pointe du doigt le service kényan de la faune sauvage, dont les chiffres officiels - 97 éléphants tués depuis le début de l'année -, sont sous-estimés.

Pour cette activiste, il faut multiplier ce chiffre par dix. « Nos services sont comme les drogués qui sont dans le déni, ce sont les plus difficiles à sauver », conclut-elle.


Dépéche

Dimanche 15 Juin 2014 - 11:12



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