Le mardi 3 juin, des bulldozers protégés par des policiers avaient démoli 42 baraquements dans le bidonville de Carrières centrales, l'un des plus anciens de la mégapole de Casablanca. Expulsés de force de leur logement, certains habitants s'étaient alors battus avec les policiers et 19 d'entre eux avaient été placés en garde à vue.
Malgré les protestations d'écrivains et de militants des droits de l'homme, les verdicts sont tombés jeudi : de deux à quatre mois de prison ferme pour 18 d'entre eux, pour « atteinte à fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions », « coups et blessures » et « manifestation non autorisée ».
Les opérations de démolition font partie de l'ambitieux programme « Ville sans bidonvilles », qui vise à éradiquer d'ici 2017 les habitats insalubres. Problème, selon l'Association marocaine des droits de l'homme : les statistiques sur lesquelles sont basées les programmes de relogements sont anciennes, et les enfants d'hier ont désormais fondé leur propre famille.
Mais les autorités préfectorales ne veulent rien entendre : elles veulent aller vite. Il faut dire qu'à Carrières centrales, le taux de réalisation du programme « Ville sans bidonvilles » est d'à peine 50%. D'autres démolitions sont prévues la semaine prochaine.
Source : Rfi.fr
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