Chronique

Il ne s`agit point d`acharnement sur la personne du billettiste Sucré – Salé du journal Le Quotidien. Cependant en lisant son texte de ce mercredi 11 juillet, intitulé ``Machiavel était Sénégalais``, je n`ai pu me retenir de reparler de lui, non pour critiquer son billet dans sa forme, mais cette fois ci dans son fond.


Chronique de DIASECK: Le "Machiavélisme" de Sucré – Salé
Premièrement, en voulant paraphraser le Florentin Nicolas Machiavel, auteur du fameux livre Le Prince, Sucré – Salé écrit : `` les moyens justifient la fin``. D`abord, c`est le contraire qu`il fallait écrire, à savoir : ``la fin justifie les moyens`` ! Ensuite, il est faux d`attribuer cette phrase à Machiavel qui ne l`a jamais écrite dans ses ouvrages. Ses interprètes ont noté que pour Machiavel, celui qui veut accéder au pouvoir ou le conserver ne doit point faire cas de la moralité des moyens qu`il utilise, mais doit simplement viser l`efficacité du résultat (par exemple, le Chef de l`Etat peut, sans remords, tuer son Premier Ministre afin de calmer le peuple et préserver son pouvoir !). Tirant les leçons de ce réalisme froid et calculateur qui traverse son œuvre, ces interprètes ont pu dire qu’avec Machiavel, s’ouvre un nouveau paradigme où ``la fin justifie les moyens`` !
Mais cette phrase n`est pas sortie de la plume de Machiavel lui-même.
C`est de la même manière, du reste, que beaucoup se trompent en disant que c`est Galilée qui a découvert et dit que la Terre est ronde ! En réalité, la rotondité de la terre a été découverte et dite plusieurs millénaires avant Galilée. Le mérite de ce dernier a été d`avoir découvert et dit que la terre tourne autour du Soleil ; découverte qui, d`ailleurs avait déjà été faite, quoique de manière intuitive, par Platon dans son livre intitulé Le Timée ! Mais fermons cette parenthèse !
Deuxièmement, il y a lieu d`éviter la confusion entre les adjectifs ``Machiavélien`` (qui est relatif à la vie de Machiavel lui-même) et ``Machiavélique`` qui renvoie à un comportement que Machiavel décrit dans ses livres sans pour autant les avoir forcément. En écrivant que les nouveaux tenants du pouvoir au Sénégal ont `` cette tendance machiavélienne de faire entre frangins et coquins`` (sic), notre ami Sucré – Salé confond justement les deux adjectifs en question, et, au demeurant, montre son peu de connaissance de la pensée de Machiavel qui, par son ``insensibilité philosophique``, n`a cure de la fraternité ou de l`amitié qui peuvent constituer des obstacles à l`exercice efficace du pouvoir.

Soyons simples

Dans un article paru le 11 juillet 2012 sur le site www.pressafrik.com et relatif à l`éventualité d`une future Alliance entre l`APR du Président Macky Sall et le PDS de Me Wade, Mamadou Sakhir Ndiaye, journaliste, a écrit cette phrase pour le moins bizarre : ``Le rassemblement des partis d’origine libérale tant convoité ces derniers temps, n’inspire pas une bonne initiative à Mor Dieng…``.

On convoite un bijou, une femme ou un palais ; mais on ne convoite pas un rassemblement. Il aurait fallu dire : `` le rassemblement des partis d`origine libérale tant souhaité`` ou ``l`idée du rassemblement des partis d`origine libérale tant agitée…``. De plus, en lieu et place de l`expression `` n`inspire pas une bonne initiative à Mor Dieng``, il fallait simplement dire : `` n`est pas une bonne initiative pour Mor Dieng``.

Plus loin dans le texte, notre ami Sakhir écrit que Mor Dieng `` émet sur les ondes de la RFM que…``. Cher Sakhir, voulez – vous que Mor Dieng vous traine devant les tribunaux pour l`avoir pris pour un transistor ? Pourquoi n`utilisez vous pas le verbe affirmer ou le verbe dire ? Permettez – moi de noter haut et fort que vous ne paraissez guère à l`aise avec la simplicité !
Bien fraternellement et à la prochaine !

Chronique de DIASECK: Dakar : La pièce et sa monnaie
Le 25 mars 2008 (année de sa rupture avec Me Wade), M. Macky Sall a été élevé au grade de Grand Officier de la légion d`Honneur française grâce, entre autres, à l`entregent de M. Jean Christophe Rufin, alors Ambassadeur de France à Dakar. Devenu Président de la République du Sénégal quatre (4) ans plus tard, jour pour jour (25 mars 2012 !), il a, à son tour, élevé Jean Christophe Rufin au grade de Commandeur dans l'Ordre National du Lion, le vendredi 5 juillet 2012.

Evoquant cette décoration, le site web leral.net a publié un article sous un titre on ne peut plus incorrect : "Macky Sall rend à Jean Christophe Ruffin la pièce de sa monnaie".

Plusieurs internautes ont immédiatement réagi pour corriger cette faute.

Voici par exemple la réaction qu`un certain BayeBabou a postée quelques minutes après la parution de l`article en question : "Billahi nullard mo bonn (traduction approximative : "qu`il est mauvais d`être nul") !!! On dit "rendre la monnaie de sa pièce" et non le contraire !

La joie de Jean Christophe Ruffin, actuellement membre de l`Académie Française, a très certainement été douchée par la lecture de cette bourde qui risque, d`ailleurs, d`hypothéquer ses chances de marcher sur les trace de Macky Sall en accédant, lui aussi, à la magistrature suprême de la République Française le 5 juillet dans quatre (4) ans ! L`Immortel M. Rufin devrait, à mon humble avis, prendre rendez-vous avec Selbé Ndom, notre voyante nationale pour en avoir le cœur net !

Monosyllabes ou Mini syllabes ?

Dans l`Observateur du mercredi 27 juin 2012, la journaliste T. Marie Louise Ndiaye a signé un article intitulé "Mamadou Ndiaye, acculé par le Procureur, s`évanouit en pleine audience". Si le titre est correct, il faut dire que le texte comporte des fautes qu`il convient de corriger. Il en est ainsi de l`expression ` Faire un malaise`` que l`on emploie souvent à l`oral. Cette expression est incorrecte. Il faut dire "Avoir un malaise".

De même, la première phrase de l`article est difficilement compréhensible. T. marie Louise écrit en effet ceci, à propos de l`attitude du prévenu : "Emmuré dans un silence profond, il répond par mini syllabes aux questions des juges". Marie Louise devrait quand même savoir que lorsque l`on est emmuré dans un silence profond, il n`est pas question de parler, a fortiori de répondre à des questions. Et que, si par extraordinaire, cela était possible, l`on répondrait évasivement, par monosyllabes et non par mini syllabes, comme elle l`écrit si audacieusement !

Je crains, d`ailleurs, que l`expression "mini syllabes" ne soit qu`un pur néologisme né de l`esprit de notre chère amie journaliste !
A la prochaine.
mamadoumoustapha@gmail.com

Chronique de DIASECK: Les Errements de Ben Yahmed
Dans son ` Ce que je crois `` du samedi 9 juin 2012, M. Béchir Ben Yahmed, l`encore tout Grand Boss de Jeune Afrique, a cru devoir sonner (enfin !) l`alarme contre le désormais fameux printemps arabe qui `` a permis aux islamistes d`accéder au pouvoir en Tunisie, en Egypte et en Libye, et même, par ricochet, au Maroc``.

Dans ces quatre pays d`Afrique du Nord où ils viennent de conquérir le pouvoir, a-t-il ajouté, les performances des islamistes sont ``si médiocres que ceux là même qui ont voté pour eux et accueilli avec espoir leur arrivée aux affaires commencent à déchanter``.

En lisant ces mots et en me rappelant ses naïves prédictions d`un Maghreb heureux et prospère une fois débarrassé de ses tyrans, je n`ai pu m`empêcher de me poser des questions sur les compétences analytiques de M. Ben Yahmed, ou, à tout le moins, sur l`honnêteté intellectuelle et politique de cet homme qui prétend parler et agir pour l`Afrique.

Au plus fort des crises tunisienne, égyptienne et libyenne, n`est pas, lui, en effet, qui consacrait toute son énergie à encourager la prétendue`` Communauté internationale`` à défaire, par la guerre, ces Etats de leurs dirigeants ? N`est – ce pas lui qui, par ses pseudo- analyses, nées sans doute de son dépit d`individu méprisé par Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, incitait les jeunes Nord- Africains à massacrer ces leaders qui étaient parvenus maintenir leurs pays dans la stabilité économique et politique et dans une paix relativement acceptable, en dehors de tout fondamentalisme islamique ? Ces trois Chefs d`Etat n`ont certes pas été des exemples en matière de respect des droits humains. Mais ils ont du mérite pour avoir non seulement rendu possible le décollage économique de leur pays, mais aussi et surtout, pour avoir su édifier et préserver des Etats stables et sauvegarder, du coup, la paix dans notre espace sahélo - saharien ?

La virulence des discours de BBY et leur manque de vision prospective me trucident encore les oreilles. En voici un exemple « La Libye ? Depuis près de quarante-deux ans (!), ce malheureux pays végète sous la dictature de Kaddafi et de son clan.
J’espère pour les Libyens – sans trop y croire, je dois le dire – que la révolution s’infiltrera chez eux, des deux côtés, par simple et double osmose. Si Kaddafi pouvait rejoindre Ben Ali et Moubarak, ses deux « amis », dont il a eu la franchise de regretter publiquement le départ, les Libyens auraient, enfin, un nouvel avenir. Les Tunisiens et les Égyptiens seraient, eux, plus tranquilles. » Ce que je crois du 26 février 2011.

De même, me sont encore présentes à l`esprit les expressions de joie qu`il n`a pu s`empêcher de manifester publiquement en célébrant la fuite de Ben Ali, l`arrestation de Moubarak et surtout l`horrible mort du Guide Libyen. Quant au fils de Kadhafi, M. Ben Yahmed ne lui a souhaité la vie sauve que parce qu’il pouvait davantage enfoncer son défunt père. Il écrit en effet, le 17 novembre 2011 : ``Seif el-Islam et Abdallah Senoussi méritent peut-être de mourir, et bien des gens, en Libye et ailleurs, voudraient les voir morts ou leur souhaitent même le sort atroce qu’a connu Mouammar Kaddafi. Pas moi, car ils sont les derniers grands témoins de la période qui s’est achevée avec la mort de Kaddafi et détiennent des secrets que beaucoup d’intérêts voudraient perdus à jamais``.

Ce discours est immoral.

Il est d`ailleurs peu réfléchi : analyste politique qu`il prétend être, Ben Yahmed aurait dû entrevoir dès le départ que la chute de ces `` dictateurs`` entrainerait leur pays et leurs voisins dans le cycle de violence et d`instabilité que nous connaissons actuellement. Il aurait particulièrement dû s`interroger sur le bien fondé de l`obstination des français et des américains à faire tomber les régimes égyptien et libyen, notamment, sans se laisser bêtement influencer et éblouir par les discours aériens et les justifications fantaisistes de Sarkozy et Obama, ces deux gosses qui ont pris le monde pour un jouet dont ils peuvent disposer à leur guise.

Et voici le résultat auquel tout cela a abouti, avec, bien entendu, l`aide décisive de M. Ben Yahmed : Une Egypte qui a complètement perdu le nord, tenue par d`obscurs Islamistes et secouée par des cycles de violence quotidienne dont personne ne peut prévoir la fin. Une Tunisie en pleine évanescence, dominée aussi par les Barbus qui confisquent les libertés et sèment la terreur dans les rues de ce beau pays. Une Lybie entièrement disloquée entre le marteau d`Islamistes arriérés et incompétents et incapables de tenir le pays (le CNT) et l`enclume des chefs tribaux qui gouvernent dans l`impunité leurs terroirs en véritables roitelets. Et aujourd’hui, un Mali désagrégé, entre les mains d`illuminés surarmées, échappés surtout de l`enfer libyen, qui menacent toute la région Ouest - africaine, y compris mon pays le Sénégal !

Tout ca pour ca ! Ne peut- on s`empêcher de s`exclamer au vu de l`extraordinaire régression suscitée sur le continent africain par les interventions irrationnelles de ces deux vilains gosses que sont Obama, Sarkozy et de leur ouaille, Cameron d`Angleterre, aidés en cela par des plumitifs du genre Ben Yahmed !

Tous les responsables de cette situation doivent payer : Obama d`abord, lui qui a tout déclenché avec son discours plus que subversif du Caire et le fait qu`il ait poussé les Etats-Unis à mener en Afrique du Nord, des guerres inutilement meurtrières dont le résultat n`a été, en définitive, qu`une macabre comptabilité ainsi que l`instauration de régimes islamistes tant abhorrées aux USA. Hussein Obama ne serait il pas, en réalité, un agent caché des islamistes, comme le subodoraient déjà certains américains?

Sarkozy aussi doit payer, et dans une moindre mesure, Cameron et Berlusconi. Béchir Ben Yahmed et tous ceux qui ont encouragé les agressions en Egypte et en Lybie particulièrement doivent aussi payer.

C`est pourquoi je rêve qu`un jour, tout ce beau monde soit arrêté, menotté et conduit devant une juridiction internationale qui les jugera et les condamnera pour crime de guerre, crime contre l`humanité et complicité desdits crimes. Ce ne serait que justice !
mamadoumoustapha@gmail.com

Il y a lieu de se demander si les correcteurs recrutés par nos organes de presse pour ``nettoyer`` les papiers des journalistes avant leur publication prennent leur travail au sérieux.


Chronique DIASECK: L'éventreur, les menottes et les mécomptes
S`il est en effet rarissime de voir des fautes d`orthographe, de grammaire, de conjugaison ou simplement de compréhension dans des journaux  ``Occidentaux`` comme le Monde, Jeune Afrique ou le Washington Post,  les nôtres, en revanche, comportent fréquemment des fautes souvent graves qui, non seulement rendent les articles indigestes, mais finissent, en plus,par faire douter de la rigueur des correcteurs de presse.

S`agit il là d`une tare intrinsèque au sous - développement ?  Sous - développement économique et sous - développement de l`expression seraient ils donc indissociablement liés ? Il est vrai que la langue de Molière n`est pas notre langue maternelle. Mais non seulement nous avons appris à la lire et à l`écrire depuis le bas âge, mais encore, avec l`expansion de l`internet, et son corollaire, la mondialisation des idées, programmes et techniques, il devient trèsaisé d`éviter de faire les fautes que nous retrouvons hélas, en pagaille, dans notre presse.
Mesdames et Messieurs les correcteurs, un peu plus de vigilance que diable ! Vous pourrez ainsi nous éviter des fautes ci-dessous.

WADE L`EVENTREUR ?

Apres avoir lu une phrase de M. Pape SAMBARE NDOUR dans l`Observateur du jeudi 28 juin 2012 p.9, mon neveu de 12 ans m`a posé la question de savoir si l`ancien Président WADE est, lui aussi, un Jack l`Eventreur``. Question sensée puisque notre ami NDOUR, parlant de la fureur de WADE face aux  audits et arrestations de ses anciens collaborateurs, a mis dans la bouche de l`ancien Président  cette phrase énigmatique : `` Quelles que soient les tractations (des nouveaux tenants du pouvoir), nous les éventrerons à temps``. Pape SAMBARE n`est pas, du reste, le seul de nos vaillants journalistes à commettre cette grave confusion entre le verbe éventer et le verbe éventrer.

Sachons définitivement que le verbe Eventer signifie :
  1. Brasser ou agiter de l`air pour se rafraichir (Ouppou en Wolof, avec un Ouppoukaaye, un éventail) ;
  2. Découvrir (un complot),faire échouer. On évente un complot.
Eventrer, par contre, signifie ouvrir le ventre de quelqu`un, l`étriper, le vider, donc, d`une certaine manière,  le tuer. C`est ce qui faisait la particularité d`un célèbre assassin qui, à force d`ouvrir le ventre de ses victimes, fut surnommé Jack l`Eventreur.

MENOTTES AUX POINGS

Dans le Populaire du jeudi 21 juin 2012,  un article du journaliste Youssouf MINE  est ainsi titré : ``Comment Me NGOM a été conduit au palais de justice menottes aux poings``. Le policier qui a ainsi menotté l`ancien Ministre de l`Intérieur, arrêté manu militari à Kolda, devrait tout simplement être radié pour incompétence. Car nul policier, si bête soit il, il n`est censé ignorer que ce sont les poignets qui doivent être menottés et non les poings !

Poursuivant son texte, Monsieur MINE (qui, soit dit en passant, est une véritable mine d`informations vérifiées j`espère !), écrit encore : `` Les services de renseignements ont été mis à profit …``. Et plus loin encore : ``Il faisait 08H15 quand les éléments ont fini de prendre position…``.

D`abord, on ne met pas à profit des personnes ou des services. On les met à contribution. C`est plus propre et plus moral. Ensuite, si, en parlant du temps brut, naturel, il est pertinent d`utiliser le verbe faire (il fait beau, il fait chaud etc.),  s`agissant du temps domestiqué, humanisé (l`heure), ce verbe n`est pas approprié. On dit donc : ``Il est midi`` et non ``Il fait midi``.

COMPTES ET MECOMPTES DE L`ANOCI

Monsieur Ibrahima DIALLO, dans un article pourtant intéressant relatif aux activités du Forum civil et paru dans Sud Quotidien du jeudi 21 juin 2012, a commis cette grave faute : `` En attendant une vaste campagne d`information, un film sur le mécontes  de l`ANOCI a été projeté``. Le mot mécontesest une pure invention de notre cher journaliste. Il fallait plutôt écrire mécomptes autrement dit mauvais comptes, fautes (volontaires ou non) de calcul.

Enfin, lors de l`interview que le nouveau Président de la République a accordée à la presse nationale (et RFI) à Ziguinchor, le talentueux Mamadou Ibra KANE de la RFM, évoquant l`incident survenu dans les relations entre le Sénégal et l`Iran, a parlé de `` cheveu sur la soupe`` alors qu`il fallait dire dans la soupe.

Comme quoi nul n`est infaillible. L`essentiel d`être corrigé, car chaque erreur rectifiée est un pas vers la lumière. 

Bonne journée et à la prochaine. 

[mamadoumoustapha@gmail.com]mail:mamadoumoustapha@gmail.com

Nombreux sont les sénégalais qui, actuellement, s`offusquent de la ``forte présence`` de l`ancien Président de la République Me Abdoulaye WADE sur le terrain politique, après sa cinglante défaite du 25 mars 2012. Ces compatriotes, surpris voire dégoûtés par ses attitudes persistantes d`opposant, lui demandent de faire comme ses prédécesseurs, les Présidents SENGHOR et DIOUF qui eurent l’élégance de s`effacer purement et simplement de la scène afin ne pas gêner leur successeur nouvellement installé.


Chronique de DIASECK - Effacement de la scène politique : Pourquoi Wade ne peut pas imiter Senghor et Diouf
En vertu du principe d`incompatibilité des paradigmes, lequel étant lui-même fondé sur le principe de particularité des situations, cette position ne me parait pas défendable tant du point de vue historique que du point de vue logique.

A la fin de la colonisation, le Président Senghor a hérité d`un parti politique qui lui a été offert sur un plateau d`argent et qu`il reçut comme une manne tombée du ciel. Et après avoir mis en prison ses principaux opposants sans coup férir et enivré le peuple des effluves d`une gestion poétique aux antipodes du pragmatisme de Mamadou DIA, il a recueilli un consensus national quasi universel et géré le Sénégal sans grands heurts jusqu` à satiété. Vingt ans après, (1960 – 1980), assouvi et surtout effrayé par l`avenir incertain qui se dessinait pour son pays, SENGHOR le Président - poète a décidé de rendre le tablier afin de se consacrer à son hobby de tous les jours : la littérature.

Son successeur, le Président Abdou DIOUF qui reçut en cadeau, des mains de SENGHOR, le Parti Socialiste (PS) et l`Etat sans aucun effort, s`est littéralement contenté de se baisser pour ramasser ces deux instruments grâce auxquels il a régné à son tour sur le Sénégal pendant dix neuf ans (1981-2000). Le fait que le Président DIOUF ait été tout à fait étranger à la création, la maturation et au développement du PS, qui lui a pourtant tout donné, explique sans aucun doute l`inhumaine indifférence dont il a fait montre à l`égard de ce parti dès et après l`annonce de son échec à l`élection présidentielle de 2000. Depuis, ayant totalement rompu les amarres, il ne semble éprouver ni peine ni nostalgie aucune pour sa formation politique et pour ses camarades qui, il n`y a guère, étaient prêts a mourir pour lui. L`adage le dit bien : `` La poule ne lutte véritablement que pour sa progéniture !``.

Le Président WADE quant à lui a, faut il le rappeler, enfanté le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) dans la douleur, la patience et le renoncement. Apres vingt six ans de travail opiniâtre et d`opposition républicaine souventes fois périlleuse, il a pu enfin faire accéder son parti au pouvoir en l`an 2000.

Je considère que le sentiment d`attachement que l`être humain éprouve naturellement à l`égard de son œuvre, surtout si cette dernière a pu surgir de lutte épiques et de terribles risques encourus pour sa préservation, peut déjà servir d`explication valable à l`attitude de WADE qui poursuit encore inlassablement sa lutte pour l`immortalisation de son bébé, en l`occurrence le PDS. Car, il n`est un secret pour personne que, par sa création (artistique, charnelle ou politique), l`être humain cherche à accéder à l`immortalité. Et toute menace contre ce naturel dessein entraine de facto une farouche résistance.

La mort du PDS ne serait elle pas d`ailleurs, symboliquement du moins, celle de l`homme Abdoulaye WADE ?

Il me semble donc vain et surtout injuste de demander à l`ancien Président de la République de cesser ses activités politiques pour ``faire comme SENGHOR et DIOUF``. Son activisme post - pouvoir est en dernière instance et pour parler comme Schopenhauer, une lutte éperdue contre le sentiment du destin inexorable qui voue toutes choses à la finitude.

Le Président Macky SALL lui même qui semble tenir à se maintenir à la tête de son jeune parti (APR), est habité, quoique de façon non encore ``obsessionnelle `` (compte tenu de son âge et de la récence de son magistère), par ce sentiment humain, trop humain!

En un mot comme en mille, en tenant compte de sa trajectoire personnelle, il semble que le Président WADE demeurera encore longtemps sur la scène politique sans se faire enterrer de sitôt. A moins que le trépas, qui vient tout guérir, ne vienne en aide à son distingué successeur dissipant d`un coup l`ombre fantomatique du Vieux qui hante sans cesse son règne, et lui dégageant l`horizon pour un plein exercice de son magistère.

Mamadou Moustapha SECK
mamadoumoustapha@gmail.com


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