Maître Aoudia se veut confiante. Confiante dans le fait que ses clients ne seront pas jugés, que la chambre de l'instruction lui donnera raison, car « le dossier est plein d’incohérences », dit-elle. Elle évoque notamment le cas d'Adda Derkaoui. Parmi les plaignants, il est la seule victime directe. Enlevé en février 1995, il aurait été détenu et torturé pendant 21 jours avant d'être libéré. Mais « il n'y a pas de preuves des sévices » qu'il aurait subis, affirme Maître Aoudia.
« Vous n’êtes pas hospitalisé, vous ne fournissez pas un dossier médical permettant de constater les lésions à l’époque et on n’a pas d’expertise de ce bonhomme alors qu’il se présente et qu’il est vivant. Ces incohérences ne semblent pas heurter la sensibilité du magistrat puisqu’il retiendra celui-ci comme étant une victime », a déclaré Maître Aoudia.
Pour l'avocate, certains de ces faits ont d'ailleurs déjà été portés à la connaissance de la justice algérienne et le magistrat instructeur avait alors rendu un non-lieu. « La motivation était en raison du fait que les témoins (des membres de la famille) n’ont pas été en mesure d’identifier les auteurs des enlèvements du fait qu’ils étaient cagoulés », a-t-elle précisé.
Maître Aoudia voit dans cette affaire un règlement de comptes. Elle précise que « le dossier est monté par d'anciens membres ou des proches des groupes islamistes », c'est-à-dire les ennemis de ses clients dans les années 90.
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