Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)

Fonds politiques : Abdourahmane Bâ appelle à concilier le secret et les outils de contrôle



Le docteur Abdourahmane Bâ plaide pour une réforme de la gestion des fonds politiques, tout en appelant à préserver leur caractère secret. Invité d’iRadio, il estime que ces fonds doivent être soumis au contrôle d’institutions compétentes et dénonce leur utilisation à des fins de repositionnement politique.
 
Selon lui, le débat ne doit pas opposer systématiquement secret et contrôle. « Techniquement, on ne peut pas séparer le secret et le contrôle », a-t-il déclaré, estimant qu’il est possible de maintenir certaines informations confidentielles tout en garantissant leur contrôle institutionnel.
 
L’expert en évaluation des  politiques publiques médecin déplore toutefois ce qu’il considère comme une utilisation politicienne de la question des fonds politiques. Il rappelle que l’opposition avait inscrit dans son programme des réformes concernant la gestion des fonds politiques et des fonds secrets avant son arrivée au pouvoir. Or, constate-t-il, cette réforme n’aurait pas encore été engagée.
 
Abdourahmane Bâ évoque également l’utilisation de fonds secrets dans le cadre d’opérations menées en Casamance, notamment pour l’acquisition de véhicules, en se référant aux déclarations faites publiquement par l’ancien Premier ministre.
 
« Il faut aller vite » sur la réforme
 
Tout en se disant favorable à une réforme, le docteur Bâ estime que celle-ci doit intervenir rapidement, dans le cadre des réformes institutionnelles annoncées. Il appelle surtout la classe politique à ne pas transformer la question des fonds politiques en instrument de repositionnement.
 
« Il faudrait que la classe politique arrête d'utiliser l'épouvantail des fonds politiques pour se repositionner politiquement », a-t-il insisté, appelant les acteurs à davantage de sérieux face à une question qu’il juge « extrêmement importante ».
 
D’autres fonds publics à contrôler
 
Au-delà des fonds politiques gérés par la présidence, Abdourahmane Bâ estime que d’autres ressources publiques méritent également une attention particulière. Il cite notamment les dossiers de l’AZER, la distribution de fonds publics à des personnes présentées comme victimes sans décision de justice, ainsi que la gestion de l’ONAS.
 
Pour lui, la question de la bonne gouvernance ne devrait pas dépendre de la position politique des dirigeants. « La gouvernance ne doit pas être corrélée à la position politique des leaders », affirme-t-il, plaidant pour une gouvernance « institutionnalisée » et durablement intégrée aux pratiques de l’État.
 
Au final, Abdourahmane Bâ défend une approche fondée sur un double impératif : préserver le secret lorsque l’intérêt de l’État l’exige, tout en garantissant un contrôle institutionnel suffisamment robuste pour prévenir les abus et assurer une gestion transparente des ressources publiques.


Dimanche 23 Août 2026 - 15:46


div id="taboola-below-article-thumbnails">

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter