Que le débat sur les fonds politiques revienne avec force dans la place publique est une bonne chose.
Et il faut reconnaître à Ousmane Sonko le mérite de continuer à le poser.
Mais il faut également regarder les faits en face.
Pendant près de deux ans, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye ont gouverné ensemble.
Ils avaient la Présidence de la République.
Ils avaient la Primature.
Ils avaient une majorité parlementaire suffisamment forte pour changer les règles.
Ils avaient la légitimité politique, les institutions et tous les leviers nécessaires pour engager une réforme profonde de ce système.
Ils pouvaient le changer. Ils ne l’ont pas fait.
Les fonds politiques ont été maintenus.
Et plus encore : Ousmane Sonko, lorsqu’il était Premier ministre, a lui-même utilisé ces fonds.
C’est précisément là que se pose aujourd’hui la question de leur crédibilité pour mener ce combat.
Car le débat a lui-même évolué.
Au départ, Ousmane Sonko défendait la suppression des fonds politiques. Aujourd’hui, il défend davantage leur maintien avec un mécanisme de contrôle.
Il a parfaitement le droit de faire évoluer sa position.
Mais cette évolution intervient après avoir lui-même exercé le pouvoir et utilisé le système qu’il souhaite aujourd’hui mieux contrôler.
Même si aucune loi ne lui interdisait d’utiliser ces fonds, rien ne l’obligeait à les utiliser.
Il pouvait s’en abstenir.
Il pouvait décider volontairement de ne pas toucher à un argent public dont il contestait les conditions d’utilisation.
Il pouvait rendre compte de chaque franc utilisé.
Et surtout, avec le Président de la République et leur majorité parlementaire, ils pouvaient changer la loi.
Ils ne l’ont pas fait.
Voilà pourquoi ma position est claire :
ni Ousmane Sonko ni Bassirou Diomaye Faye ne sont aujourd’hui crédibles pour prendre la tête de ce combat.
Cela ne signifie pas qu’ils doivent se taire.
Que Sonko continue à parler. Qu’il mette les faits sur la table. Que Diomaye réponde. Que toutes les informations utiles soient rendues disponibles.
Mais ce débat est désormais trop important pour devenir un nouvel épisode de leur confrontation politique.
Ce combat doit maintenant appartenir aux citoyens.
Et surtout, il doit déboucher sur des actes.
COMMENÇONS IMMÉDIATEMENT
Ceux qui affirment aujourd’hui que l’utilisation incontrôlée de ces fonds pose problème n’ont pas besoin d’attendre une nouvelle loi pour commencer à agir.
À la Présidence, à la Primature et à l’Assemblée nationale, chacun peut prendre dès maintenant un engagement simple :
ne plus utiliser un seul franc de fonds politiques ou discrétionnaires sans accepter sa traçabilité et son contrôle.
Ousmane Sonko veut continuer à porter cette question ?
Alors qu’il applique dès aujourd’hui cette exigence à tous les fonds dont il dispose à l’Assemblée nationale.
Bassirou Diomaye Faye peut faire exactement la même chose à la Présidence.
On n’a pas besoin d’attendre qu’une loi nous impose demain la moralité que l’on réclame aujourd’hui aux autres.
RETRAÇONS ENSUITE L’UTILISATION DE CES FONDS DEPUIS L’INDÉPENDANCE
Pourquoi nous arrêter aux dernières années ?
Utilisons les archives de la République, les lois de finances, les documents comptables, les données du Trésor et toutes les traces encore disponibles.
Numérisons-les.
Croisons-les.
Et utilisons les technologies actuelles, notamment l’intelligence artificielle, pour accélérer ce gigantesque travail de reconstitution.
Combien a été dépensé ? Sous quelle autorité ? Par quels circuits ? Et, lorsque les éléments permettent de l’établir, pour quelles utilisations ?
Remontons aussi loin que les archives et les preuves nous le permettent.
Sans choisir les régimes.
Sans choisir les hommes.
Sans protéger nos amis.
Et si des détournements, des enrichissements personnels ou d’autres infractions sont établis par la justice, récupérons tout ce qui peut légalement revenir au peuple sénégalais.
POUR L’AVENIR, ALLONS PLUS LOIN QUE LE SIMPLE « CONTRÔLE »
Ma position reste claire.
Les fonds discrétionnaires qui n’ont aucune justification indispensable pour l’État doivent être supprimés.
Pour les dépenses réellement sensibles — défense, renseignement, diplomatie, sécurité nationale — la confidentialité peut être nécessaire.
Mais confidentialité ne signifie jamais absence de contrôle.
Un cercle extrêmement restreint de personnes habilitées, assermentées et soumises au secret doit pouvoir vérifier l’utilisation de chaque franc sans révéler publiquement les secrets de l’État.
Il peut exister des dépenses secrètes. Il ne doit jamais exister d’argent public sans comptes à rendre.
Et tout ce qui relève de la solidarité nationale doit sortir des fonds politiques pour intégrer des mécanismes accessibles à tous selon des critères objectifs.
À besoin égal, droit égal.
Voilà le débat que nous devons maintenant avoir.
Pas Sonko contre Diomaye.
Pas majorité contre opposition.
Pas les fonds de Macky Sall contre ceux du pouvoir actuel.
Tous les fonds. Toutes les périodes. Tous les responsables.
Sonko a contribué à remettre le sujet sur la place publique.
Très bien.
Maintenant, les citoyens doivent prendre ce combat en main.
Car la véritable rupture n’est pas de chercher la bonne personne à qui confier une caisse incontrôlée.
La véritable rupture, c’est de supprimer la caisse lorsqu’elle n’est pas nécessaire et de contrôler chaque franc lorsqu’elle l’est.
L’argent public appartient au peuple sénégalais.
Le combat pour son contrôle doit désormais appartenir aux citoyens.
Ameth DIALLO
Coordinateur national de GOX YU BEE
Et il faut reconnaître à Ousmane Sonko le mérite de continuer à le poser.
Mais il faut également regarder les faits en face.
Pendant près de deux ans, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye ont gouverné ensemble.
Ils avaient la Présidence de la République.
Ils avaient la Primature.
Ils avaient une majorité parlementaire suffisamment forte pour changer les règles.
Ils avaient la légitimité politique, les institutions et tous les leviers nécessaires pour engager une réforme profonde de ce système.
Ils pouvaient le changer. Ils ne l’ont pas fait.
Les fonds politiques ont été maintenus.
Et plus encore : Ousmane Sonko, lorsqu’il était Premier ministre, a lui-même utilisé ces fonds.
C’est précisément là que se pose aujourd’hui la question de leur crédibilité pour mener ce combat.
Car le débat a lui-même évolué.
Au départ, Ousmane Sonko défendait la suppression des fonds politiques. Aujourd’hui, il défend davantage leur maintien avec un mécanisme de contrôle.
Il a parfaitement le droit de faire évoluer sa position.
Mais cette évolution intervient après avoir lui-même exercé le pouvoir et utilisé le système qu’il souhaite aujourd’hui mieux contrôler.
Même si aucune loi ne lui interdisait d’utiliser ces fonds, rien ne l’obligeait à les utiliser.
Il pouvait s’en abstenir.
Il pouvait décider volontairement de ne pas toucher à un argent public dont il contestait les conditions d’utilisation.
Il pouvait rendre compte de chaque franc utilisé.
Et surtout, avec le Président de la République et leur majorité parlementaire, ils pouvaient changer la loi.
Ils ne l’ont pas fait.
Voilà pourquoi ma position est claire :
ni Ousmane Sonko ni Bassirou Diomaye Faye ne sont aujourd’hui crédibles pour prendre la tête de ce combat.
Cela ne signifie pas qu’ils doivent se taire.
Que Sonko continue à parler. Qu’il mette les faits sur la table. Que Diomaye réponde. Que toutes les informations utiles soient rendues disponibles.
Mais ce débat est désormais trop important pour devenir un nouvel épisode de leur confrontation politique.
Ce combat doit maintenant appartenir aux citoyens.
Et surtout, il doit déboucher sur des actes.
COMMENÇONS IMMÉDIATEMENT
Ceux qui affirment aujourd’hui que l’utilisation incontrôlée de ces fonds pose problème n’ont pas besoin d’attendre une nouvelle loi pour commencer à agir.
À la Présidence, à la Primature et à l’Assemblée nationale, chacun peut prendre dès maintenant un engagement simple :
ne plus utiliser un seul franc de fonds politiques ou discrétionnaires sans accepter sa traçabilité et son contrôle.
Ousmane Sonko veut continuer à porter cette question ?
Alors qu’il applique dès aujourd’hui cette exigence à tous les fonds dont il dispose à l’Assemblée nationale.
Bassirou Diomaye Faye peut faire exactement la même chose à la Présidence.
On n’a pas besoin d’attendre qu’une loi nous impose demain la moralité que l’on réclame aujourd’hui aux autres.
RETRAÇONS ENSUITE L’UTILISATION DE CES FONDS DEPUIS L’INDÉPENDANCE
Pourquoi nous arrêter aux dernières années ?
Utilisons les archives de la République, les lois de finances, les documents comptables, les données du Trésor et toutes les traces encore disponibles.
Numérisons-les.
Croisons-les.
Et utilisons les technologies actuelles, notamment l’intelligence artificielle, pour accélérer ce gigantesque travail de reconstitution.
Combien a été dépensé ? Sous quelle autorité ? Par quels circuits ? Et, lorsque les éléments permettent de l’établir, pour quelles utilisations ?
Remontons aussi loin que les archives et les preuves nous le permettent.
Sans choisir les régimes.
Sans choisir les hommes.
Sans protéger nos amis.
Et si des détournements, des enrichissements personnels ou d’autres infractions sont établis par la justice, récupérons tout ce qui peut légalement revenir au peuple sénégalais.
POUR L’AVENIR, ALLONS PLUS LOIN QUE LE SIMPLE « CONTRÔLE »
Ma position reste claire.
Les fonds discrétionnaires qui n’ont aucune justification indispensable pour l’État doivent être supprimés.
Pour les dépenses réellement sensibles — défense, renseignement, diplomatie, sécurité nationale — la confidentialité peut être nécessaire.
Mais confidentialité ne signifie jamais absence de contrôle.
Un cercle extrêmement restreint de personnes habilitées, assermentées et soumises au secret doit pouvoir vérifier l’utilisation de chaque franc sans révéler publiquement les secrets de l’État.
Il peut exister des dépenses secrètes. Il ne doit jamais exister d’argent public sans comptes à rendre.
Et tout ce qui relève de la solidarité nationale doit sortir des fonds politiques pour intégrer des mécanismes accessibles à tous selon des critères objectifs.
À besoin égal, droit égal.
Voilà le débat que nous devons maintenant avoir.
Pas Sonko contre Diomaye.
Pas majorité contre opposition.
Pas les fonds de Macky Sall contre ceux du pouvoir actuel.
Tous les fonds. Toutes les périodes. Tous les responsables.
Sonko a contribué à remettre le sujet sur la place publique.
Très bien.
Maintenant, les citoyens doivent prendre ce combat en main.
Car la véritable rupture n’est pas de chercher la bonne personne à qui confier une caisse incontrôlée.
La véritable rupture, c’est de supprimer la caisse lorsqu’elle n’est pas nécessaire et de contrôler chaque franc lorsqu’elle l’est.
L’argent public appartient au peuple sénégalais.
Le combat pour son contrôle doit désormais appartenir aux citoyens.
Ameth DIALLO
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