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Nigeria: un nouveau centre d'aide alimentaire pillé à Abuja

Après les manifestations pacifiques contre les violences policières et le pouvoir qui ont dégénérées en émeutes et actes de vandalisme la semaine dernière à la suite d’une répression sanglante, on assiste maintenant à de nombreux pillages de réserves d'aide alimentaire destinée en principe aux familles vulnérables affectées par la crise du coronavirus, jamais été distribuées par les autorités.



Nigeria: un nouveau centre d'aide alimentaire pillé à Abuja
Dès le petit matin, lundi, la population de Gwagwalada, en périphérie de la capitale fédérale Abuja, s’est précipité vers une immense réserve appartenant à CaCovid, un fond privé de lutte contre le Covid-19 qui finance une banque alimentaire.
 
Une longue procession de motos bourdonnantes, de voitures chargées à ras bord et de piétons affairés remonte désormais la longue route poussiéreuse jusqu’à l’horizon. Certains tiennent dans leurs mains des paquets de nouilles ou de riz, de grands sacs de sucre sur lesquels on peut lire « CACOVID / NE PAS VENDRE » en lettres rouges.
 

« Vers 5h30 ce matin, nous avons entendu dire qu’un hangar avait été découvert et qu’il y avait assez de nourriture pour tous les habitants de Gwagwalada, explique un homme. Que les gens devaient venir et se servir. Partout sur ces sacs, c’est écrit "aide alimentaire Covid 19". » Des hangars remplis à ras bord de nourriture ont déjà été forcés et mis à sac dans plusieurs villes nigérianes : Lagos, Port Harcourt, Jos ou encore Kaduna.
 
Sur le bord de la route, Timi et sa meilleure amie, 19 ans toutes les deux, montrent leur butin enroulé dans un foulard. « J’ai vu tous ces gens et j’ai suivi le mouvement. On a vu plein de gens là-bas. Il y a même des gens qui sont morts, ils n’ont pas réussi à ressortir du hangar vivant, affirme-t-elle. Cette réserve est immense ! On a vu plein de nourriture ! Regardez ! Regardez ce qu’on a trouvé ! On n’a pas réussi à en prendre plus, parce que les gens se battaient. »
 
Manque de transparence
 
Deux femmes, peut être trois, auraient perdu la vie, piétinées par la foule affairée à vider le hangar rempli à ras bord. Tabia, pieds nus sous son pagne, crie sa colère. « Ils ont caché cette nourriture en attendant les élections, et quand elles viendront, ils la ressortiront ! s'indigne-t-elle. Nous les Nigérians, nous souffrons trop. La plupart de nos jeunes n’ont pas de travail. Oui, il y en a qui deviennent des criminels, mais comment leur en vouloir ? Les gens meurent de faim ! Il faut que notre gouvernement parte, ils ne nous aident pas ! »
 
Les autorités assurent que cette aide était conservée en cas d’urgence ou de seconde vague de la pandémie, mais le manque de transparence dans la gestion des fonds et la découverte de ces hangars à travers le pays ont entamé un peu plus la confiance des Nigérians face à leurs dirigeants.

RFI

Mardi 27 Octobre 2020 - 08:54


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