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Sahel: violents combats entre les jihadistes du Jnim et ceux de l'EIS à la frontière Mali-Burkina

D'importants combats opposent depuis le mois d'août les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, à leurs rivaux de l'État islamique au Sahel (EIS). Ces combats se déroulent à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, non loin également de la frontière nigérienne. Les derniers affrontements ont eu lieu en fin de semaine dernière, principalement le vendredi 9 octobre à Gonadaouri, dans la province burkinabè de l'Oudalan. Ils auraient fait plusieurs centaines de morts. Les enjeux : l'idéologie et le contrôle de territoires.



Sahel: violents combats entre les jihadistes du Jnim et ceux de l'EIS à la frontière Mali-Burkina
La branche sahélienne de l'État islamique affirme avoir tué plus de 400 combattants du Jnim il y a une semaine dans l'Oudalan. Une revendication publiée ce jeudi dans Al Naba, le journal de propagande de l'État islamique.
 
« Les bilans de l'EIS sont toujours mensongers », tempère un chercheur ouest-africain, fin connaisseur des groupes jihadistes. Plusieurs sources spécialisées assurent pour leur part que les morts sont nombreux des deux côtés et que des commandants de l'État islamique au Sahel ont été tués par le Jnim. Le Jnim n'a, de son côté, pas communiqué officiellement sur ces affrontements. 
 
Rivalité structurelle

En tout état de cause, aucun bilan fiable et indépendant ne peut être établi à ce stade sur ces combats de très grande ampleur, qui ont rassemblé plusieurs centaines de combattants. Car si le Jnim et l'État islamique combattent tous deux les régimes sahéliens au nom, selon eux, de l'Islam, leurs conceptions doctrinales et leurs stratégies de long terme divergent, interdisant toute alliance et suscitant ces affrontements sanglants.
 
« Les deux groupes partagent le même espace vital potentiel et les mêmes bassins de recrutement, c'est structurellement une rivalité », analysait en juin dernier dans Le Grand Continent Wassim Nasr, journaliste de France 24 et chercheur spécialisé sur les groupes djihadistes, rappelant que ces combats fratricides avaient commencé dès 2019.

Doctrine et territoire

Dans un article publié le mois dernier par l'Irsem, le chercheur Abdel Nasser Ould Ethmane Elyssea dépeint l'évolution doctrinale récente du Jnim, qui se veut plus modéré qu'auparavant dans l'application de la charia, plus politique dans ses combats – notamment au Mali où le groupe jihadiste appelle désormais à l'union contre le régime en place – et plus ouvert aux négociations – locales, dans les villages, ou avec des États.
 
Cette évolution a renforcé la « discorde fratricide » entre le Jnim et l'EIS, l'État islamique jouant à l'inverse la « surenchère doctrinale », selon le chercheur, avec un discours plus intransigeant et des comportements bien plus violents, y compris vis-à-vis des populations civiles. Ces différences doctrinales sont d'ailleurs à l'origine de transfuges, certains combattants passant d'un groupe à l'autre.
 
L'enjeu des combats en cours est également celui des territoires : au Mali, au Burkina et au Niger, le Jnim et l'État islamique ont chacun leurs espaces de domination, où ils soumettent les populations à leurs règles. Des espaces qu'ils cherchent évidemment à étendre.
 
Les jihadistes tués de part et d'autre sont en tout cas autant d'adversaires de moins pour les armées nationales du Mali, du Niger et du Burkina.

RFI

Vendredi 16 Octobre 2026 - 10:36


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