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​Procès Hissein Habré : le compte à rebours est lancé



C’est ce lundi 20 juillet que s’ouvre le procès de l’ancien président du Tchad, Hissein Habré. Ce, devant les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE). Hissein Habré est poursuivi pour crime de guerre, crime contre l’humanité et tortures. En exil au Sénégal depuis sa chute du pouvoir, l’ex-homme fort de Ndjaména est arrêté en juillet 2013. Après dix-neuf (19) mois d’Instruction, les magistrats ont considéré que des charges suffisantes existent contre l’ancien président pour le mettre en accusation, le 13 février 2015. Et il risque gros.
 

S’exprimant lors du débat public organisé par le Consortium de sensibilisation sur lesdites CAE et l'Institut des Droits de l'Homme et de la Paix (IDHP), le Procureur des CAE, Mbacké Fall de préciser que «s'il (Habré) est reconnu coupable des faits de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et tortures, il risque 30 ans de prison ou les travaux forcés à perpétuité ». La première phase de ce procès consistera à entendre les témoins et après les débats iront au fond. L’audience se tient dans la salle 4 du Palais de Justice de Dakar, celle-là même qui avait abrité le procès de Karim Wade devant la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI). «Nous sommes en position de combat face à une grande coalition médiatique et politique financée par les pays Occidentaux et Idriss Déby», lance Fatime Raymonne Habré, l'épouse de l'ancien président Tchadien.

 
Leur client victime d’une crise cardiaque selon la défense d’Hissein Habré, celle-ci accuse «une volonté délibérée de l’administration pénitentiaire de ne pas porter assistance à une personne malade ». Une volonté qui «s’est manifestée », selon toujours la défense, «par le refus de communiquer les ordonnances, refus de donner les dossiers médicaux, maintien d’un climat de tensions par l’absence de soins ». Forts de ce fait, Me Diawara et Cie se veulent clairs: leur client ne participera pas au procès. «On est dans le même état d’esprit depuis le commencement de cette affaire. Cette affaire est déjà terminée avant de commencer et notre client a déjà notifié au juge qu’il n’entendait pas participer à l’activité des CAE parce qu’elle est jugée illégale et illégitime », martèle Me Ibrahima Diawara.

 
C’est tout autre du côté du collectif des avocats des victimes d’Hissein Habré. Par la voix de Me Assane Dioma Ndiaye, ladite partie assure  que « la comparution d’Hissein Habré ou non ne dépend pas de lui » car «il n’appartient pas (à ce dernier) de fixer les règles du jeu » et que «les dispositions  du code de procédure pénale sont très claires, s'il refuse de comparaitre le président de la Cour peut, s'il estime nécessaire ordonner sa comparution par force », décline la robe noire.
 
 
Selon le président de la Ligue Sénégalaise des Droits de l’Homme (LSDH) qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, «le président de la Cour est tenu par un certain nombre d'obligations notamment de notifier à la personne  poursuivie l'accusation qui résulte de l'ordonnance de renvoi et éventuellement que la personne puisse entendre les témoignages à charge qui sont prononcés contre lui». 



Rappeler que le 26 avril 2000, suite à une plainte de Tchadiens contre Hissein Habré, ce dernier est inculpé pour actes de torture et de barbarie et de crime contre l’humanité mais la Cour d’appel estime que les Tribunaux Sénégalais n’ont pas compétence.  Tout comme en novembre 2005. Ce n'est que le 22 août 2012 que le Sénégal et l'Union Africaine signent un accord pour la création des CAE. Ce, suite à la demande formulée par la Belgique à la Cour Internationale de Justice (CIJ) de statuer sur l'obligation du Sénégal de juger ou d'extrader le prédécesseur d'Idriss Déby Itno. 
 


Lundi 20 Juillet 2015 - 05:08



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