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Soudan : la rue redoute un retour à la dictature après la démission du Premier ministre Hamdok

En démissionnant, dimanche 2 janvier, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a laissé les militaires seuls aux commandes d'un pays plongé dans des violences meurtrières depuis le putsch. Un abandon qui fait redouter un retour à la dictature au Soudan.

Triste bilan depuis le coup d'État du 25 octobre fomenté par le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane : 57 manifestants ont été tués selon un syndicat de médecins prodémocratie, des manifestantes ont été violées d'après l'ONU, de nombreux journalistes ont été passés à tabac et même arrêtés et internet et le téléphone ne fonctionnent que selon le bon vouloir du pouvoir.

Un décret du général Burhane fait redouter davantage de violences car il garantit l'impunité des forces de sécurité et leur donne tout pouvoir aux termes d'une "loi d'urgence" héritée de l'ère du dictateur Omar el-Béchir, déchu en 2019.

Une "confrontation" entre les militaires et la rue
Fin novembre et après un mois en résidence surveillée, Abdallah Hamdok avait retrouvé son poste après un accord avec le général Burhane. "Paralysé" et n'ayant "rien pu accomplir" depuis, selon les termes du chercheur au Rift Valley Institute Magdi Gizouli, le Premier ministre a jeté l'éponge dimanche.

Résultat : d'un côté, affirme Magdi Gizouli à l'AFP, "les militaires seuls aux commandes" et de l'autre, "les manifestants qui vont encore sortir dans les rues et faire face à plus de violence".

"C'est une confrontation ouverte entre d'une part les forces de sécurité et l'ancien régime – mais cette fois sans (Omar el-)Béchir – et de l'autre un mouvement sans leader dans la rue qui ne tient qu'au militantisme des jeunes", résume le chercheur.

La rue veut la chute du général Burhane
Le général Burhane, ex-commandant de l'armée de terre sous Omar el-Béchir, est particulièrement dans le viseur des manifestants. Pour la rue, le retour à la révolte populaire est acté. Celle de 2019 a démis le dictateur, ils entendent réitérer l'exploit avec le général Burhane.

Le fer de lance de la révolte contre Omar el-Béchir en 2018-2019 et contre les militaires depuis le 25 octobre, l'Association des professionnels soudanais, a déjà appelé à de nouvelles manifestations mardi.

"La démission de Hamdok prive les généraux de leur façade et montre clairement que le coup d'État n'est rien d'autre qu'un retour à la politique militaro-islamiste de Béchir", assène Kholood Khair, spécialiste du Soudan pour Insight Strategy partners.

Un décret "renforçant la répression"
Le 25 octobre, le général Burhane a prolongé son mandat de deux ans, effaçant ainsi toute idée d'un transfert du pouvoir aux civils avant la fin de la transition qu'il promet toujours pour juillet 2023.

Deux mois plus tard, il a autorisé avec un "décret d'urgence" les forces de sécurité à "entrer dans tout bâtiment, à le fouiller ainsi que les personnes qui s'y trouvent" et à "procéder à des surveillances et des saisies". Et ceci, en n'informant que le Conseil de souveraineté, dirigé par lui-même, et en passant de fait outre la justice.

En plus, les membres des services de sécurité – armée, police, renseignement mais aussi paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) accusés d'exactions au Darfour – bénéficient d'une immunité et ne peuvent être interrogés.

Pour les opposants, les 57 manifestants tués, les centaines blessés ainsi que les arrestations sont la preuve que ce décret ne vient que renforcer la répression dans un pays qui, depuis son indépendance il y a 65 ans, n'a connu qu'une poignée d'années hors de la férule des généraux.



Soudan : la rue redoute un retour à la dictature après la démission du Premier ministre Hamdok
En démissionnant, dimanche 2 janvier, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a laissé les militaires seuls aux commandes d'un pays plongé dans des violences meurtrières depuis le putsch. Un abandon qui fait redouter un retour à la dictature au Soudan. Triste bilan depuis le coup d'État du 25 octobre fomenté par le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane : 57 manifestants ont été tués selon un syndicat de médecins prodémocratie, des manifestantes ont été violées d'après l'ONU, de nombreux journalistes ont été passés à tabac et même arrêtés et internet et le téléphone ne fonctionnent que selon le bon vouloir du pouvoir. 

Un décret du général Burhane fait redouter davantage de violences car il garantit l'impunité des forces de sécurité et leur donne tout pouvoir aux termes d'une "loi d'urgence" héritée de l'ère du dictateur Omar el-Béchir, déchu en 2019.

Une "confrontation" entre les militaires et la rue
Fin novembre et après un mois en résidence surveillée, Abdallah Hamdok avait retrouvé son poste après un accord avec le général Burhane. "Paralysé" et n'ayant "rien pu accomplir" depuis, selon les termes du chercheur au Rift Valley Institute Magdi Gizouli, le Premier ministre a jeté l'éponge dimanche. Résultat : d'un côté, affirme Magdi Gizouli à l'AFP, "les militaires seuls aux commandes" et de l'autre, "les manifestants qui vont encore sortir dans les rues et faire face à plus de violence".

"C'est une confrontation ouverte entre d'une part les forces de sécurité et l'ancien régime mais cette fois sans (Omar El-Béchir et de l'autre un mouvement sans leader dans la rue qui ne tient qu'au militantisme des jeunes", résume le chercheur.

La rue veut la chute du général Burhane
Le général Burhane, ex-commandant de l'armée de terre sous Omar el-Béchir, est particulièrement dans le viseur des manifestants. Pour la rue, le retour à la révolte populaire est acté. Celle de 2019 a démis le dictateur, ils entendent réitérer l'exploit avec le général Burhane.

Le fer de lance de la révolte contre Omar el-Béchir en 2018-2019 et contre les militaires depuis le 25 octobre, l'Association des professionnels soudanais, a déjà appelé à de nouvelles manifestations mardi. "La démission de Hamdok prive les généraux de leur façade et montre clairement que le coup d'État n'est rien d'autre qu'un retour à la politique militaro-islamiste de Béchir", assène Kholood Khair, spécialiste du Soudan pour Insight Strategy partners.

Un décret "renforçant la répression"
Le 25 octobre, le général Burhane a prolongé son mandat de deux ans, effaçant ainsi toute idée d'un transfert du pouvoir aux civils avant la fin de la transition qu'il promet toujours pour juillet 2023. Deux mois plus tard, il a autorisé avec un "décret d'urgence" les forces de sécurité à "entrer dans tout bâtiment, à le fouiller ainsi que les personnes qui s'y trouvent" et à "procéder à des surveillances et des saisies". Et ceci, en n'informant que le Conseil de souveraineté, dirigé par lui-même, et en passant de fait outre la justice.

En plus, les membres des services de sécurité armée, police, renseignement mais aussi paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) accusés d'exactions au Darfour bénéficient d'une immunité et ne peuvent être interrogés. Pour les opposants, les 57 manifestants tués, les centaines blessés ainsi que les arrestations sont la preuve que ce décret ne vient que renforcer la répression dans un pays qui, depuis son indépendance il y a 65 ans, n'a connu qu'une poignée d'années hors de la férule des généraux.

France 24

Lundi 3 Janvier 2022 - 15:26


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