Paradigm Initiative (PIN), avec le soutien du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), a présenté à Dakar les résultats de son étude sur la désinformation dans six pays africains. La recherche a notamment mis en évidence le rôle de WhatsApp dans la propagation de fausses informations et les risques accrus en période électorale.
Menée au Bénin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria et au Sénégal, l’étude a analysé les acteurs, les mécanismes et les conséquences de la désinformation. Selon Moussa Wally Sène, de Paradigm Initiative, « les réseaux sociaux mais principalement WhatsApp, est un moteur de transmission de désinformation très puissant et très difficile à contrôler ».
Présentée dans le cadre de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la recherche a également relevé une recrudescence des fausses informations à l’approche des élections, notamment à travers de nouveaux comptes créés pour influencer l’opinion.
Selon le rapport, au Sénégal, la désinformation s'inscrit dans un écosystème marqué par la polarisation partisane, une profonde crise de confiance dans les institutions et la course à l'audience. Cela donne lieu à trois registres. Le premier consiste à identifier les voix qui font partie du « système » principalement les institutions existantes, les élites politiques et les médias. Le deuxième est un registre « antisystème » marqué, qui utilise des termes tels que « peuple », « vérité » et « souveraineté » pour légitimer la contestation et la disqualification des institutions. Le troisième consiste en des marqueurs nationalistes ou identitaires opposant « nous » à « eux », activés pour renforcer l'exclusion symbolique de l'adversaire et accentuer la polarisation. Ce rapport couvre la période allant de la pré-campagne à l'après-campagne de l'élection présidentielle de 2024, durant laquelle on a assisté à une prolifération des sources de désinformation et à une porosité croissante entre la production de contenu professionnelle, l'expression citoyenne et les stratégies d'influence.
Quatre grandes catégories de discours structurent la production et la circulation des fausses informations : les contenus diffusés sur les réseaux sociaux, les contributions de chroniqueurs partisans et de journalistes partiaux, les discours des acteurs politiques et les contributions des citoyens-utilisateurs. . Ils comprenaient des accusations infondées de fraude, de manipulation ou de dépendance vis-à-vis d'intérêts étrangers, créant une opposition entre des acteurs qualifiés de « faisant partie du système » et des positions « antisystème » prétendant parler au nom du « peuple » . De nombreuses allégations trompeuses reposent sur des dénonciations calomnieuses, des accusations de corruption et de mauvaise gouvernance, s'appuyant sur des contenus sortis de leur contexte ou recontextualisés afin de déformer les faits . Certains discours mobilisent une rhétorique nationaliste ou identitaire, construisant un « eux » désigné comme des étrangers ou des groupes perçus comme des alliés du système. Un discours émotionnel a dominé. L'indignation, la peur ou la haine ont été utilisées pour mobiliser l'opinion publique, par exemple parmi les jeunes et les populations défavorisées, plutôt que des arguments rationnels. L'effet cumulatif de ces dynamiques est une polarisation accrue de l'opinion publique, une méfiance envers les institutions et les médias d'information, ainsi qu'un affaiblissement de la cohésion sociale et du débat démocratique.
Pour le Sénégal, les recommandations de l’étude, menée notamment par la chercheuse Dr Yacine Ndiaye, portent sur le renforcement de la synergie entre les acteurs, l’éducation aux médias et la responsabilité des journalistes. « On gagnerait à avoir une synergie, à combiner ces efforts pour avoir une meilleure efficacité », a souligné Moussa Wally Sène, appelant également à renforcer la capacité des citoyens à distinguer les informations fiables des contenus trompeurs.
Menée au Bénin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria et au Sénégal, l’étude a analysé les acteurs, les mécanismes et les conséquences de la désinformation. Selon Moussa Wally Sène, de Paradigm Initiative, « les réseaux sociaux mais principalement WhatsApp, est un moteur de transmission de désinformation très puissant et très difficile à contrôler ».
Présentée dans le cadre de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la recherche a également relevé une recrudescence des fausses informations à l’approche des élections, notamment à travers de nouveaux comptes créés pour influencer l’opinion.
Selon le rapport, au Sénégal, la désinformation s'inscrit dans un écosystème marqué par la polarisation partisane, une profonde crise de confiance dans les institutions et la course à l'audience. Cela donne lieu à trois registres. Le premier consiste à identifier les voix qui font partie du « système » principalement les institutions existantes, les élites politiques et les médias. Le deuxième est un registre « antisystème » marqué, qui utilise des termes tels que « peuple », « vérité » et « souveraineté » pour légitimer la contestation et la disqualification des institutions. Le troisième consiste en des marqueurs nationalistes ou identitaires opposant « nous » à « eux », activés pour renforcer l'exclusion symbolique de l'adversaire et accentuer la polarisation. Ce rapport couvre la période allant de la pré-campagne à l'après-campagne de l'élection présidentielle de 2024, durant laquelle on a assisté à une prolifération des sources de désinformation et à une porosité croissante entre la production de contenu professionnelle, l'expression citoyenne et les stratégies d'influence.
Quatre grandes catégories de discours structurent la production et la circulation des fausses informations : les contenus diffusés sur les réseaux sociaux, les contributions de chroniqueurs partisans et de journalistes partiaux, les discours des acteurs politiques et les contributions des citoyens-utilisateurs.
Grands récits développés au Sénégal
Les contenus trompeurs observés de janvier 2024 à mars 2024 portaient principalement sur des questions politiques, en particulier la légitimité des institutions, la transparence des processus électoraux et l'intégrité des personnalités publiquesPour le Sénégal, les recommandations de l’étude, menée notamment par la chercheuse Dr Yacine Ndiaye, portent sur le renforcement de la synergie entre les acteurs, l’éducation aux médias et la responsabilité des journalistes. « On gagnerait à avoir une synergie, à combiner ces efforts pour avoir une meilleure efficacité », a souligné Moussa Wally Sène, appelant également à renforcer la capacité des citoyens à distinguer les informations fiables des contenus trompeurs.
Autres articles
-
Dakar : le COUD alerte sur la non-potabilité de l’eau dans cinq pavillons universitaires
-
Air Sénégal : le syndicat suspend son mot d’ordre de grève
-
Tension dans l'éducation : le G7 décrète une grève générale de trois jours au Sénégal
-
Sénégal : 12 conducteurs de Jakarta perdent la vie chaque mois, l'Etat interpellé par les livreurs «Thiak-Thiak»
-
🔴EN Direct: Boycott, loi de finances, ONAS : qui fuit ses responsabilités ?





Dakar : le COUD alerte sur la non-potabilité de l’eau dans cinq pavillons universitaires


