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​Gabon: une campagne pour «plus de moyens pour la justice» et «la construction de prisons modernes»



Des organisations non-gouvernementales ont lancé en ce mois de juillet 2026 une campagne pour lutter contre la surpopulation carcérale et le respect de la dignité humaine des détenus. « Notre plaidoyer demande au gouvernement de donner plus de moyens à la justice pour organiser les sessions criminelles régulières et la construction de prisons modernes qui répondent aux standards internationaux », explique Lionnel Engonga, président de SOS prisonniers Gabon.

« Dignité en détention », c’est le thème d’une campagne de sensibilisation lancée par l’ONG SOS prisonniers Gabon, dans ce pays, en partenariat avec l’ONG française « Agir ensemble pour les droits humains ». Objectif : exiger des réformes du système judiciaire actuel jugé trop répressif. Trop de citoyens sont envoyés en prison, parfois pour des délits mineurs.
 
La campagne, qui durera jusqu’en janvier, vise aussi à lutter contre le surpeuplement carcéral : 70 % des détenus gabonais sont en attente de jugement, parfois depuis 10 à 20 ans. D’où l’engorgement des prisons, explique Lionnel Engonga, président de l’ONG SOS prisonniers, chef de file de cette campagne.
 
« Même pour des délits mineurs, on vous prive de liberté »

« Pour mettre fin à cette surpopulation carcérale, l'une des propositions que nous avons faites, c'est la tenue régulière de sessions criminelles, souligne-t-il au micro de notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma. Le Code de procédure pénale gabonais prévoit une session criminelle ordinaire une fois par trimestre, mais pour l'année judiciaire 2025-2026, aucune session criminelle ordinaire n'a été organisée. Et aucune session ordinaire ne sera organisée au cours de cette année judiciaire, alors que la majorité des détenus sont en attente de jugement. C'est pourquoi nous demandons au gouvernement gabonais de donner plus de moyens à la justice ».

Il poursuit : « Le deuxième axe de notre plaidoyer s'appuie sur le renforcement des mécanismes de régulation du système pénal, parce que nous avons fait malheureusement le constat que notre système pénal est assez répressif. Même pour des délits mineurs, on vous prive de liberté, vous êtes incarcéré. Ceci ne favorise pas la lutte contre la surpopulation carcérale. »
 
Lionnel Engonga conclut : « Notre plaidoyer demande au gouvernement de donner plus de moyens à la justice pour organiser des sessions criminelles régulières et la construction de prisons modernes qui répondent aux standards internationaux. »

Pour rappel, le 1er mai 2026 à Genève (Suisse), durant la 84e session du Comité des Nations unies contre la torture, des experts onusiens ont pointé la surpopulation carcérale au Gabon, entre 400 % et 700 % à la prison centrale de Libreville, où certains détenus attendent leur procès depuis 10 à 12 ans.

RFI

Lundi 13 Juillet 2026 - 09:34


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