DOSSIER EMIGRATION CLANDESTINE: L'urgence d’une organisation transversale (Droit de l'homme)

Le fléau de l’émigration clandestine avec la recrudescence des drames en Méditerranée ne laisse pas insensibles les défenseurs des droits de l’Homme. Le président de La Ligue Sénégalaise des Droits de l’Homme (LSDH) le dira lui-même au bout du fil de Pressafrik.com: «Nous étions en train de réfléchir sur la question». Convoquant la nécessité d’ «une organisation transversale comme l’Union Africaine» (UA), Me Assane Dioma Ndiaye ne manque pas de mettre les gouvernants Africains devant leur «obligation d’un minimum de bien-être » à l’endroit des citoyens qui ont aussi droits à ce qu’il appelle «des droits économiques» comme «l’habitat, l’alimentation, la santé, l’éducation, le travail… ». L’aveuglement des jeunes y est aussi pour beaucoup.



L’Intervention de l’Union Africaine (UA)

«C’est un phénomène qui ne concerne pas un seul pays mais le continent de façon générale et nous pensons que c’est une question qui doit être prise en charge par une organisation transversale comme l’Union Africaine (UA) en collaboration avec les pays réceptifs qui sont en tout cas visés notamment les pays Européens; également penser d’ores et déjà parce que nous avons toujours  considéré que ce sont des migrations forcées donc nous refusons de faire la distinction entre les réfugiés politiques et les réfugiés économiques, nous pensons que ce sont des personnes qui pensent qu’elles ne peuvent plus avoir d’espoir dans leur pays.


Et que la migration constitue la seule façon de pouvoir au moins leur garantir un minimum de bien-être. Nos pays doivent donc penser aux droits économiques et sociaux, tant que ces droits ne seront pas garantis dans les pays africains, on assistera à ce phénomène qui porte atteinte aux droits à la vie et surtout à la dignité humaine même. Il est important d’abord au niveau de l’UA au moins que des mesures de sauvegarde soient prises pour vraiment une surveillance de toutes les zones maritimes qui donnent accès à ces pays visés.

 
Le minimum de bien-être social

Mais au niveau interne également, que tous les gouvernements Africains sachent qu’ils ont des obligations positives garantissant un minimum de bien-être. Et que ce phénomène soit considéré comme des migrations forcées mais pas comme des personnes qui veulent simplement aller de leur propre volonté parce que la tendance aujourd’hui, c’est de dire que ce sont des gens qui se suicident ou qui ne sont pas lucides, qui peuvent aussi travailler chez eux, c’est ce discours alors que la réalité est  beaucoup plus profond.


C’est vraiment en désespoir de cause que ces jeunes affrontent la mort, ces conditions inhumaines et insupportables. Et qui se traduisent par ces drames que nous connaissons en ce moment. Il faut les assimiler à des migrations forcées comme des personnes qui sont obligées de s’exiler pour des raisons politiques ou religieuses.
 

Politiques de barrières

La solution, je l’ai dit, c’est d’endiguer le phénomène par des politiques de barrières parce que l’émigration elle est légale, encadrée donc faire en sorte que la seule émigration qui soit possible, soit celle qui est encadrée et légale et ensuite fixer les populations sur place, évidemment cela suppose la réalisation des droits économiques et sociaux pour permettre aux citoyens Africains de pouvoir travailler chez eux et de bénéficier d’un minimum de bien-être social, à défaut ils seront obligés de partir. Et aucun discours, aucune sensibilisation ne pourra les retenir.

 
L’aveuglement des jeunes

Le danger, c’est de s’adonner à un arbitrage historique, on peut essayer de situer les responsabilités en remontant l’histoire mais je pense que nous devons faire face à nos propres difficultés et de nous en sortir et de ne plus regarder dans le rétroviseur. Aujourd’hui, on est dans un monde bipolaire entre des pays supposés être riches et des pays supposés être pauvres mais l’Europe n’est plus l’Eldorado qu’elle était il y a 50 ans, 100 ans. Et c’est difficile de le faire comprendre aux jeunes qui sont aveuglés du fait d’une extrême pauvreté dans un continent où 80 % vivent en dessous du seuil de pauvreté.


Evidemment la raison ne peut pas prévaloir mais par contre nos gouvernants sont élus pour assurer à leurs citoyens la sécurité et le bien-être social parce que est-ce que les gouvernants assument leur responsabilité par rapport à leurs obligations, c’est cela la question, je pense que le minimum de ressources dont nous disposons doit être orienté, mis à profit pour au moins satisfaire ce que nous appelons ces droits économiques, c’est le droit à l’habitat, l’alimentation, la santé, l’éducation, au travail…C’est à ce niveau que nous pouvons agir en tant que militants des droits de l’homme.
 



Vendredi 24 Avril 2015 - 09:42



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