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Amnesty International sur le procès Khalifa Sall : "Il confirme le caractère ciblé des poursuites dans la lutte contre la corruption"

Le rapport annuel 2017-2018 d'Amnesty International a été publié ce jeudi 22 février. Sur plus de 500 pages, le Sénégal a été bien épinglé avec le procès Khalifa Sall, entre autres sujets. Selon les défenseurs des droits de l'homme, les droits du maire de Dakar ont été bafoués depuis son placement en détention le 7 mars 2017. Le directeur exécutif d'Amnesty et ses collaborateurs pensent que le procès de Khalifa Sall et Cie conforte la thèse selon laquelle le régime actuel cible au choix, les citoyens à poursuivre devant la justice. Extrait !!!



"Khalifa Sall, un dirigeant de l’opposition et maire de Dakar, la capitale, a été
placé en détention le 7 mars. Il était inculpé d’association de malfaiteurs, de
complicité et usage de faux en écritures privées de commerce, de faux et usage
de faux dans les documents administratifs, de détournement et escroquerie
portant sur les deniers publiques, et de blanchiment de capitaux. La libération
sous caution lui a été refusée à plusieurs reprises. Il a été élu au parlement en
juillet alors qu’il était toujours détenu. En novembre, l’Assemblée Nationale a
levé son immunité à la demande du parquet. Ses avocats et des groupes de
l’opposition et de la société civile, dont Amnesty International Sénégal, se sont
dits préoccupés par ce qui leur apparaissait comme un manque
d’indépendance de la justice. Sept (7) autres personnes ont été inculpées dans
cette affaire ; à l’instar de Khalifa Sall, cinq d’entre elles étaient toujours
maintenues en détention sans jugement à la prison de Rebeuss, à Dakar, à la fin
de l’année.
Le procès de Khalifa Sall a finalement débuté au mois de janvier 2018 devant le
Tribunal de Grande Instance de Dakar.
L’affaire Khalifa Sall confirme le caractère ciblé des poursuites lancées dans le
cadre de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics.
Ces poursuites semblent viser uniquement des leaders de l’opposition alors
qu’aucune suite n’est donnée aux rapports des corps de contrôle de l’Etat
concernant la gestion des personnalités proches du pouvoir. Nous observons
une absence d’égalité des citoyens devant la justice qui est tout à fait
inacceptable dans un Etat de droit et qui doit prendre fin immédiatement"
 

                                              Tiré de la rubrique "Procès inéquitable du Rapport d'Amnesty 2017-2018

AYOBA FAYE

Jeudi 22 Février 2018 - 18:17



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