À Madrid, même si les exigences des manifestants ont été entendues, il n'est pas question de lever le campement de la Puerta del Sol : c’est le mot d’ordre qui s’est imposé de tente en tente. Après l’annonce du double décret-loi par le gouvernement de Pedro Sanchez, la mobilisation a même redoublé d’intensité comme le reconnaît Marta, qui tient la cantine populaire : « Nous avons besoin de baux à durée indéterminée, c’est une des clauses du décret sur laquelle on ne peut pas revenir. Donc nous allons rester ici, en étant très attentif à ce qu’il va se passer au Congrès des députés ce vendredi. On va voir s’ils approuvent ou pas les mesures et d’ici là, on ne bouge pas », explique-t-elle au micro de notre correspondante à dans la capitale espagnole, Diane Cambon.
La méfiance a gagné de nombreux activistes comme Pedro, qui dort depuis samedi sous sa tente : « Sur le papier, le décret a l’air très bien, mais ensuite beaucoup de mesures ne sont pas appliquées. Même s’il faut reconnaitre que c’est déjà un premier pas. »
Dans les assemblées, la satisfaction d’avoir fait réagir le gouvernement était largement commentée. « Ce gouvernement qui durant toute la législature n’a rien fait pour améliorer le logement, en six jours, sous la pression de milliers de personnes qui sont sorties dans la rue, vient de présenter un décret qui inclut les mesures que nous réclamions », déclare une femme.
L’une des mesures présentes proposées par le gouvernement prévoit la suspension des expulsions pour les personnes vulnérables jusqu’en 2030.
Le gouvernement utilise « la pression sociale pour faire adopter ces mesures »
Le gouvernement de gauche compte bien s'appuyer sur la colère de la rue pour mettre la pression sur les partis selon Antoine de Laporte, expert associé à la Fondation Jean Jaurès : « Le gouvernement avait un mois pour faire valider le décret-loi et il veut aller très vite. Le Congrès, d'habitude, ne siège pas le vendredi. Donc là, il y a une séance extraordinaire précisément pour ça. Le gouvernement essayait donc bien de capter la séquence politique à son profit, tout en mettant une forme de pression sociale sur les parlementaires. Notamment les parlementaires d'Ensemble pour la Catalogne, le parti indépendantiste catalan de droite libérale, défenseur des droits des petits propriétaires et qui aujourd'hui détient en principe la majorité. »
Podemos, qui est sorti du gouvernement et se trouve dans une posture d'opposition à Pedro Sanchez, dénonce des décrets qui n'iraient pas assez loin, précise Antoine de Laporte. « L'idée du gouvernement, c'est de faire voter tout de suite le texte pour utiliser la pression sociale, pour faire adopter ces mesures qui sont effectivement des mesures de régulation très fortes, y compris des mesures qui, jusqu'à présent, n'avaient jamais été proposées dans certains décrets-lois », conclut-il.
Il reste donc à savoir si une majorité suffisante va se dégager au Parlement pour approuver dans l’intégralité le décret vendredi. D’ici là, plusieurs autres villes se sont jointes au mouvement d’occupation des places pour maintenir la pression.
La méfiance a gagné de nombreux activistes comme Pedro, qui dort depuis samedi sous sa tente : « Sur le papier, le décret a l’air très bien, mais ensuite beaucoup de mesures ne sont pas appliquées. Même s’il faut reconnaitre que c’est déjà un premier pas. »
Dans les assemblées, la satisfaction d’avoir fait réagir le gouvernement était largement commentée. « Ce gouvernement qui durant toute la législature n’a rien fait pour améliorer le logement, en six jours, sous la pression de milliers de personnes qui sont sorties dans la rue, vient de présenter un décret qui inclut les mesures que nous réclamions », déclare une femme.
L’une des mesures présentes proposées par le gouvernement prévoit la suspension des expulsions pour les personnes vulnérables jusqu’en 2030.
Le gouvernement utilise « la pression sociale pour faire adopter ces mesures »
Le gouvernement de gauche compte bien s'appuyer sur la colère de la rue pour mettre la pression sur les partis selon Antoine de Laporte, expert associé à la Fondation Jean Jaurès : « Le gouvernement avait un mois pour faire valider le décret-loi et il veut aller très vite. Le Congrès, d'habitude, ne siège pas le vendredi. Donc là, il y a une séance extraordinaire précisément pour ça. Le gouvernement essayait donc bien de capter la séquence politique à son profit, tout en mettant une forme de pression sociale sur les parlementaires. Notamment les parlementaires d'Ensemble pour la Catalogne, le parti indépendantiste catalan de droite libérale, défenseur des droits des petits propriétaires et qui aujourd'hui détient en principe la majorité. »
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