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Déclaration de patrimoine: le ministère de l’Économie, du plan et des Finances en tête des "assujettis défaillants"



L'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) vient de publier, ce mardi, son rapport consolidé sur les déclarations de patrimoine au Sénégal. Sur un total de 3 023 assujettis répertoriés à travers les plus hautes institutions de l'État, seules 1 695 déclarations ont été formellement reçues. Ce constat administratif laisse apparaître un grand retard de transparence, avec 1 328 « assujettis défaillants », soit près de 44 % des agents publics concernés qui manquent encore à l'appel.

Bien que l'opinion publique ait longtemps pointé du doigt les corps militaires, les données réelles de l'OFNAC rectifient radicalement cette trajectoire. C’est en réalité le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan qui s’impose, et de très loin, comme le plus gros contributeur individuel au déficit national de conformité. Avec 247 coupables administratifs répertoriés, ce département stratégique compte 73 % de défaillants de plus que le ministère des Forces armées, qui en totalise 143, suivi par le secteur de la Justice avec 57 cas.

Les gestionnaires de l'argent public sous le coup de la loi

L'analyse approfondie de ces listes provisoires révèle une tendance: la résistance ou le retard face à l'obligation de transparence se concentre massivement au cœur même de l'appareil budgétaire sénégalais. Les profils types des retardataires affichent des fonctions hautement stratégiques liées au maniement et au contrôle des fonds de l'État. On y retrouve des inspecteurs généraux des Finances, des chefs de mission des Douanes ou des Impôts et Domaines, ainsi que des directeurs administratifs et financiers de structures parapubliques majeures comme l'APIX ou la SOGEPA.

Il convient toutefois de tempérer ce classement sectoriel par une nuance statistique. Le ministère de l'Économie concentre à lui seul plus de 21 % des assujettis du pays, ce qui explique mécaniquement son volume élevé de défaillances malgré un taux de non-dépôt (37,9 %) inférieur à la moyenne nationale.

Pour rappel, le document de l’OFNAC est encore provisoire et le Président de l’Institution, Moustapha Ka, a admis que les «marges d’erreur sont importantes» et que la liste définitive sera publiée «ultérieurement» après les «vérifications et réclamations nécessaires».

Néanmoins, pour faire plier les derniers récalcitrants, la loi prévoit désormais une palette de sanctions dissuasives allant d'une retenue immédiate du quart du salaire à des peines d'emprisonnement de 6 mois à 4 ans, complétées par une amende équivalente au tiers du patrimoine non déclaré.

Dia Koussa

Mardi 11 Août 2026 - 16:53


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