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Énergie : le présumé scandale des compteurs intelligents de la Senelec s’enlise, la Cour Suprême bientôt saisie



Énergie : le présumé scandale des compteurs intelligents de la Senelec s’enlise, la Cour Suprême bientôt saisie
​Le marché colossal de 4,8 milliards de FCFA pour l’acquisition de compteurs intelligents est devenu un véritable casse-tête juridique pour la Senelec. Entre annulations en série, conflits d’intérêts et recours devant l’ARCOP, l’affaire prend désormais le chemin de la Cour Suprême. Récit d’un feuilleton électrique qui menace les objectifs d’accès universel à l’électricité.
 
​Le secteur de l'énergie au Sénégal est actuellement secoué par un imbroglio administratif sans précédent. Au cœur de la tourmente, le marché de l’acquisition de compteurs intelligents destiné aux ménages, structures de santé et écoles. Ce projet, pilier du Projet d'Amélioration de l'Accès à l'Électricité au Sénégal (PADAES), semble frappé de malédiction.

Depuis octobre 2024, les attributaires se succèdent mais ne se ressemblent pas : d'abord Inhemeter, puis Hexing en février 2025, et enfin la société Clou en décembre 2025. Cette instabilité chronique illustre la complexité d'un dossier où les intérêts financiers se heurtent violemment aux principes de la commande publique.

Le « juge et partie » qui a tout fait basculer

​Le véritable coup de tonnerre a retenti le 25 juin 2025. Par sa décision n°087/2025, le Comité de Règlement des Différends (CRD) de l'ARCOP a annulé l'attribution provisoire faite à la société Hexing.
​L'enquête, déclenchée par une dénonciation anonyme, a mis au jour un dispositif jugé contraire à l'éthique. En sa qualité de fournisseur du système technique (MDMS) existant et fabricant du concentrateur de la Senelec, Hexing se retrouvait dans une position de « juge et partie ».

Elle était contractuellement chargée d'appuyer techniquement l'intégration des compteurs de ses propres concurrents tout en étant elle-même soumissionnaire. Pour l'autorité de régulation, cette dualité constitue une rupture manifeste de l'égalité de traitement, d'autant que les concurrents devaient payer des frais d'études à leurs propres rivaux.
 
​La Senelec sous pression, l'ARCOP suspend à nouveau

​Bien que l’ARCOP a ordonné une réévaluation dès juin 2025, la Senelec aurait traîné les pieds pendant six mois avant de disqualifier Hexing et Kaifa. Mais le choix final de la Senelec a porté sur la société Clou, classée troisième, au détriment d'Inhemeter. 

​La réaction ne s'est pas fait attendre : Inhemeter a soumis un recours gracieux puis un contentieux. Par la décision ARCOP/DG/CEIR/ED1172 du 20 janvier 2026, la procédure vient d'être à nouveau suspendue en attendant une décision définitive. Parallèlement, nos sources indiquent que la société Hexing s’apprête désormais à porter l'affaire devant la Cour Suprême.
 
​Un enjeu de souveraineté et de développement

​L'enjeu de ce bras de fer dépasse largement le cadre commercial. Ce marché est le moteur essentiel du PADAES, financé par la Banque mondiale à hauteur de 150 millions de dollars (environ 93 milliards de FCFA). Ce projet stratégique doit garantir l'accès universel à l'énergie d'ici 2027.

​Curieusement, cette procédure de passation n'oppose que des entreprises chinoises, mettant ainsi en évidence la faiblesse du secteur privé national dans ce domaine technologique. L'instabilité du choix de l'attributaire depuis fin 2024 menace aujourd'hui le calendrier de l'électrification nationale, rapporte ‘’Les Echos’’.


Mardi 17 Février 2026 - 10:39


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