Après la réunion dite de haut niveau qui s’est tenue samedi à Lomé, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, une question demeure : quel avenir pour les processus de paix ? À l’issue de cette rencontre, les participants se sont accordés sur un renforcement, en 2026, de la médiation africaine, avec les cinq co-facilitateurs déjà désignés, tous anciens chefs d’État africains.
D'abord, deux absences étaient à relever à Lomé, samedi : celle de Mohammed al-Khulaifi, ministre d’État au ministère des Affaires étrangères du Qatar, et celle de Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique. Le Qatar était toutefois représenté par Ahmed Essa al-Sulaiti, conseiller au bureau du ministre d’État au ministère des Affaires étrangères. Les États-Unis, de leur côté, étaient représentés par Keith R. Gilges, directeur du bureau des Affaires de l’Afrique centrale. Ce niveau de représentation est interprété comme une volonté de mettre les Africains face à leurs responsabilités, eux qui ont régulièrement critiqué les approches occidentales, jugées trop transactionnelles.
Faire appliquer les engagements déjà pris
Sur le fond, à Lomé, tous les participants ont insisté sur la nécessité de relancer les négociations autour des six protocoles restants de l’accord-cadre de Doha. Ils ont également appelé à la reprise des réunions du processus de Washington.
Un constat partagé : ce qui fait le plus défaut aujourd’hui, c’est la volonté politique des acteurs à appliquer les engagements déjà pris. C’est à ce niveau que la médiation africaine est attendue.
Les acteurs africains disposent désormais d’un secrétariat conjoint indépendant, destiné à permettre davantage de réunions et une meilleure structuration.
Mais cette médiation reste limitée : elle ne dispose d’aucun mécanisme de dissuasion ou de contrainte. Les principaux leviers restent les relations établies avec les acteurs de la crise et, pour certains médiateurs, une connaissance approfondie du terrain et des dynamiques du conflit.
« Capitaliser sur l'action des autres acteurs » non-africains
Fred Bauma, Directeur exécutif d’Ebuteli, institut congolais de recherches sur la politique, la gouvernance et la violence, rappelle que « depuis la nomination du panel des facilitateurs, il n'y a eu aucune avancée majeure ». Il souligne, au micro de Patient Ligodi : « On a vu quelques visites par-ci par-là de certains des membres de ce panel. Mais, jusqu'à présent, cette année n'a pas été en mesure de réunir les gens autour d'une table, ni de faire avancer un quelconque processus. Et on a l'impression qu'ils sont plus ou moins dans une forme d'attentisme. »
Fred Bauma poursuit : « Ce qui fait de Washington et de Doha des processus plutôt viables, c'est que Washington aussi bien que Doha ont des leviers, qu’ils soient financiers, politiques ou peut-être même sécuritaires, sur les deux acteurs – ou sur les trois acteurs si on prend le M23 séparément du Rwanda. Et je pense que les processus africains gagneraient à capitaliser sur l'action des autres acteurs qui ont d'autres leviers. »
En décembre, la RDC et le Rwanda ont signé à Washington un accord de paix sous l'égide du président américain Donald Trump. Parallèlement au processus de Washington entre RDC et Rwanda, Kinshasa et le groupe politico-militaire AFC/M23 ont engagé des négociations séparées à Doha, au Qatar, qui ont abouti en juillet à une déclaration conjointe les engageant à un cessez-le-feu, mais qui n'a eu que peu d’effets sur le terrain où les combats ont continué. Les deux camps s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.
D'abord, deux absences étaient à relever à Lomé, samedi : celle de Mohammed al-Khulaifi, ministre d’État au ministère des Affaires étrangères du Qatar, et celle de Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique. Le Qatar était toutefois représenté par Ahmed Essa al-Sulaiti, conseiller au bureau du ministre d’État au ministère des Affaires étrangères. Les États-Unis, de leur côté, étaient représentés par Keith R. Gilges, directeur du bureau des Affaires de l’Afrique centrale. Ce niveau de représentation est interprété comme une volonté de mettre les Africains face à leurs responsabilités, eux qui ont régulièrement critiqué les approches occidentales, jugées trop transactionnelles.
Faire appliquer les engagements déjà pris
Sur le fond, à Lomé, tous les participants ont insisté sur la nécessité de relancer les négociations autour des six protocoles restants de l’accord-cadre de Doha. Ils ont également appelé à la reprise des réunions du processus de Washington.
Un constat partagé : ce qui fait le plus défaut aujourd’hui, c’est la volonté politique des acteurs à appliquer les engagements déjà pris. C’est à ce niveau que la médiation africaine est attendue.
Les acteurs africains disposent désormais d’un secrétariat conjoint indépendant, destiné à permettre davantage de réunions et une meilleure structuration.
Mais cette médiation reste limitée : elle ne dispose d’aucun mécanisme de dissuasion ou de contrainte. Les principaux leviers restent les relations établies avec les acteurs de la crise et, pour certains médiateurs, une connaissance approfondie du terrain et des dynamiques du conflit.
« Capitaliser sur l'action des autres acteurs » non-africains
Fred Bauma, Directeur exécutif d’Ebuteli, institut congolais de recherches sur la politique, la gouvernance et la violence, rappelle que « depuis la nomination du panel des facilitateurs, il n'y a eu aucune avancée majeure ». Il souligne, au micro de Patient Ligodi : « On a vu quelques visites par-ci par-là de certains des membres de ce panel. Mais, jusqu'à présent, cette année n'a pas été en mesure de réunir les gens autour d'une table, ni de faire avancer un quelconque processus. Et on a l'impression qu'ils sont plus ou moins dans une forme d'attentisme. »
Fred Bauma poursuit : « Ce qui fait de Washington et de Doha des processus plutôt viables, c'est que Washington aussi bien que Doha ont des leviers, qu’ils soient financiers, politiques ou peut-être même sécuritaires, sur les deux acteurs – ou sur les trois acteurs si on prend le M23 séparément du Rwanda. Et je pense que les processus africains gagneraient à capitaliser sur l'action des autres acteurs qui ont d'autres leviers. »
En décembre, la RDC et le Rwanda ont signé à Washington un accord de paix sous l'égide du président américain Donald Trump. Parallèlement au processus de Washington entre RDC et Rwanda, Kinshasa et le groupe politico-militaire AFC/M23 ont engagé des négociations séparées à Doha, au Qatar, qui ont abouti en juillet à une déclaration conjointe les engageant à un cessez-le-feu, mais qui n'a eu que peu d’effets sur le terrain où les combats ont continué. Les deux camps s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.
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