Nous sommes à Nganza, dans la banlieue de Kananga, le chef-lieu du Kasai central. Le quartier est désert. La plupart des maisons sont vides. Les habitants ont fui.
Les quelques personnes qui sont restées, vivent dans la peur. Elles disent qu'elles subissent des exactions de la part des militaires, à la recherche de miliciens présumés.
Selon un autre témoignage, la situation est volatile dans la zone.
Des coups de feu retentissent, alors que nous parlons aux habitants Difficile de savoir qui est visé par ces tirs. Heureusement nous sommes accompagnés par des casques bleus de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco). Ils nous évacuent rapidement.
Les violences ont éclaté en août 2016 lorsque la police a tué Kamwina Nsapu, un chef traditionnel local. Depuis, ses partisans se sont révoltés.
Deux experts des Nations unies ont été assassinés en mars dernier, alors qu'ils enquêtaient sur des massacres et des fosses communes.
De la terre fraîchement retournée au milieu de la savane herbeuse. Quelques mouches tournoient dessus. D'après l'ONU, il s'agit d'une fosse commune, l'une des 23 qu'elle dit avoir découverte dans la région.
Difficile de savoir combien de personnes sont enterrées dedans, encore moins les circonstances dans lesquelles elles sont mortes.
D'après les témoignages recueillis, les forces de l'ordre seraient derrière la plupart ces fosses communes. Nous avons pu rencontrer un témoin qui raconte qu'un général l'a forcé à enterrer des gens, y compris ses proches. Nous avons dû cacher son nom et modifier sa voix
Des ONG accusent l'armée de faire un usage excessif de la force face aux insurgés, essentiellement munis d'armes blanches et de fusils de fabrication artisanale. Son procureur en chef, le général Joseph Ponde dit qu'il enquête sur ces allégations. Il reconnaît néanmoins une part de responsabilité de l'armée pour ce qui est des charniers.
Aucune des 23 fosses communes jusque-là découvertes par l'ONU, n'a encore été exhumée. Plusieurs pays occidentaux exigent une enquête internationale pour faire la lumière sur ces massacres. Kinshasa ne veut pas en entendre parler.
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