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MGF et Mariages d'Enfants: 17 pays à Dakar en mi-juin pour un Sommet africain sur ces fléaux



 Les Gouvernements sénégalais et gambien, en partenariat avec l’ONG Safe Hands For Girls, organisent le premier Sommet africain sur les mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage d’enfants (ME). La rencontre se tiendra les 16, 17 et 18 juin 2019 à Dakar, en présence de personnalités de haut niveau, venues de 17 pays d’Afrique, des chefs d’Etats et de gouvernements, de représentants d’institutions continentales, d’agences du système des Nations unies, d’organisations de la société civile, d’experts, ainsi que des survivantes, des jeunes, des leaders d’opinions, chefs religieux et traditionnels.

Cinq cents participant(e)s sont attendu(e)s à ce Sommet dont le thème est : « Renforcer le pont entre l’Afrique et le reste du monde pour accélérer la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines et au mariage d’enfants, un des axes majeurs des Objectifs de développement durable (ODD).»
«Ce Sommet représente pour le Sénégal, la Gambie et toute l’Afrique une occasion d’enclencher une dynamique continentale d’actions harmonisées et concrètes pour mettre fin aux Mutilations génitales féminines et au Mariage d’enfants», déclare Mme Ndèye Saly Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants.

Selon Jaha Dukureh, Directrice de Safe Hands For Girls, l’objectif général de cette rencontre est de « traduire en actions l’engagement des Etats, des leaders religieux, des chefs traditionnels, des survivantes, des médias, des organisations de la société civile y compris des jeunes et des femmes qui s’activent en vue de mettre fin aux MGF et au ME en Afrique d’ici 2030». C’est la raison pour laquelle, poursuit Jaha Dukureh, « en partenariat avec les Gouvernements du Sénégal et de la Gambie ainsi que l’Institut Al-Azhar Al-Sharif, la Banque mondiale, l’ONU FEMMES et l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population), nous voulons que cette rencontre soit une occasion de partage et de capitalisation des expériences et des bonnes pratiques notées dans chaque pays, d’inciter les Etats à créer un cadre juridique légal favorable à l’élimination des MGF et du ME d’ici 2030, et aussi de développer des stratégies innovantes pour l’élimination de ces pratiques néfastes à travers un dispositif de coordination et de suivi-évaluation ».

Malgré d’importants progrès politiques accomplis au cours des dernières années dans la lutte contre ces fléaux, Magatte Sy Gaye, Présidente du Comité scientifique du Sommet note, que « l’élimination des mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants nécessite un changement radical des normes sociales et des attitudes dans les communautés. Il est important de galvaniser l’action politique et davantage d’investissements pour venir à bout de ce problème ».
Pendant le Sommet, les discussions porteront sur l’impact de ces pratiques traditionnelles néfastes, violentes et discriminantes à l’égard des filles qui perdurent dans certains pays du continent africain. «Le Sommet est une opportunité de poser les jalons pour la création d’une alliance régionale et mondiale pour mettre fin aux pratiques néfastes impliquant les mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants d’ici 2030», affirme la présidente du Comité scientifique.

L'Institut Al Azhar Al Sharif d’Egypte, considéré comme la plus haute autorité en matière de jurisprudence islamique, jouissant d’une grande influence dans le monde musulman, a émis une Fatwa contre les MGF en 2017. Sous le leadership de cette institution, qui sera représentée au sommet par une forte délégation de leaders religieux, un bon nombre de pays qui entretiennent cette pratique pour des raisons religieuses auront accès à des avis éclairés sur la question. Le Grand Imam d’Al Azhar présidera la session dédiée aux aspects religieux.

Le Comité Africain des Experts des Droits et du Bien-être de l’Enfant (CAEDBE), partie prenante à l’événement, plaide aussi pour que la problématique des MGF et du mariage d’enfants figure dans les priorités de l’Agenda 2063 de l'Union africaine. Une position africaine commune pour «mettre fin aux mutilations génitales féminines et au mariage d’enfants» sera adoptée, lors du Sommet, pour témoigner de la forte volonté politique des Chefs d’Etats et de gouvernements africains à combattre ces fléaux qui affectent des milliers de filles (jeunes et enfants).

Le « Nouveau rapport statistique sur les mutilations génitales féminines » de l’Unicef, publié en 2016, souligne que plus de 200 millions de femmes et de filles continuent de subir les effets des MGF dans le monde et en Afrique. Selon les estimations actuelles, 50 millions de jeunes filles risquent d’en être victimes d’ici à 2030. Même si la tendance de la prévalence des MGF est en baisse dans plusieurs pays, il n’en demeure pas moins qu’il existe encore des poches de grande résistance notamment dans des pays comme la Somalie, la Guinée, le Djibouti et le Mali.
Le rapport 2016 de l’Unicef sur «La situation des enfants dans le monde» indique qu’en Afrique, 39% des filles sont mariées avant leur 18e anniversaire et 13% avant leur 15ème anniversaire. Les statistiques peuvent être alarmantes, mais certains pays au sud du Sahara parviennent à endiguer le phénomène, en milieu rural ou en milieu urbain, ou dans les deux à la fois. Au moins 12 pays ont réduit l'incidence du mariage d’enfants de 10 % ou plus.

PS: Chaque année, plus de 12 millions de filles sont mariées de force avant l'âge de 18 ans. Ces filles voient alors leur droit à l’enfance et à l’éducation volé, et leurs perspectives d’avenir et d’évolution limitées. Dans le rapport 2016 de Plan-international intitulé « Causes et conséquences du mariage précoce et forcé », il est indiqué que les mariages forcés et précoces maintiennent les jeunes filles dans des condition

AYOBA FAYE

Mercredi 29 Mai 2019 - 10:17


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