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Politique : Djibril Gningue souligne l’impossibilité pour l’Assemblée de réformer sans l’Exécutif



Politique : Djibril Gningue souligne l’impossibilité pour l’Assemblée de réformer sans l’Exécutif
L’expert électoral et membre du Groupe de recherche et d'appui au conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), Djibril Gningue, s'est prononcé sur l’intense activité parlementaire lors de son passage dans l’émission « En Vérité » sur Radio Sénégal. Tout en qualifiant de positive la mobilisation des députés, l'invité a demandé le Parlement à revoir sa méthode pour éviter toute confrontation durable avec le pouvoir exécutif.
 
« Les réformes passent d’abord par des lois », a déclaré le membre du GRADEC. Djibril Gningue a toutefois précisé que « la manière de le faire est une autre chose » et a averti qu'une multiplication d’initiatives sans concertation préalable pourrait déboucher sur des tensions institutionnelles.
 
Selon l'expert, la configuration actuelle des institutions sénégalaises ne permet pas au Parlement d'agir de manière isolée. « Nous sommes dans un régime où le président de la République est la clé de voûte des institutions », a affirmé M. Gningue, ajoutant que le pays fonctionne sous « un régime présidentialiste d’essence jacobine ».
 
Cette centralité du chef de l'État constitue, d'après lui, un frein aux initiatives unilatérales de l'Assemblée nationale. « C’est ça qui explique l’impossibilité totale pour l’Assemblée nationale de faire des réformes substantielles sans l’aval du gouvernement », a analysé l'intervenant sur les ondes de Radio Sénégal.
 
Revenant sur les causes des frictions entre les pouvoirs, Djibril Gningue a évoqué la situation d'endettement du pays ainsi que les divergences d’approche politique entre les acteurs. L'expert a estimé que le Sénégal traverse actuellement une « crise institutionnelle de basse intensité » qui nécessite un renforcement du dialogue et de la concertation.
 
Pour concrétiser la volonté de rupture prônée par les nouvelles autorités, l'analyste a rappelé que le cadre actuel découle de la Constitution de 1963. « La rupture qu’ils veulent n’est pas pour le moment possible si nous n’allons pas vers la troisième République », a conclu Djibril Gningue, préconisant l'adoption d'un nouveau texte fondamental pour refonder le système politique.


Dimanche 16 Août 2026 - 18:04


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