Cette diversité de points de vue vient rappeler à quel point ce mouvement est éclaté. Le rallye meurtrier d'éléments de l'ex-Seleka dans le nord du pays place dans l'embarras les officiers de l'ex-rébellion. Certains opposent un démenti formel à une implication de l'ex-Seleka, comme le colonel Adam Ali, présent dans le nord du pays : « ce n'est pas nous, assure-t-il. Nous sommes innocents. Nous collaborons toujours avec les humanitaires. »
Le général Issa Issaka, l'ancien chef d'état major de l'ex-Seleka est lui à Bangui. Il reconnait qu'il ne contrôle pas les éléments du nord du pays, mais tient à se démarquer de ce qui s'est passé à Boguila : « Nous n'acceptons pas ce genre de comportement. Nous sommes là pour attendre le processus du gouvernement. Nous demandons à tous nos hommes de se mettre dans le cadre. »
Le général Mohamed Dhaffane, l'un des fondateurs de la Seleka condamne lui aussi l'assassinat des chefs traditionnels et des humanitaires à l'hôpital de MSF : « Nous condamnons cela avec vigueur parce que nous ne pouvons pas accepter que l'on tire sur les populations civiles. L'enquête est faite et nous allons demander à nos éléments de nous fournir des éléments précis sur ce qui s'est passé. Certains éléments ne relèvent pas du commandement de l'ex-Seleka. »
Difficile à vrai dire d'obtenir une parole unique sur ce qui s'est passé à Boguila. Plus que jamais, l'ex-Seleka est un mouvement éclaté incapable de se reconnaitre dans un seul chef. Certains groupes ont même des intérêts contradictoires au sein d'une même localité.
Une nouvelle attaque signée anti-balakas
Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés a confirmé ce mardi 29 avril que le convoi transportant 1 300 musulmans venus du quartier du PK12 à Bangui a été attaqué, ce lundi, sur sa route vers le nord du pays. L'attaque a fait deux morts et six blessés. Selon le HCR, des miliciens anti-balaka ont jeté une grenade sur les camions qui transportaient les déplacés.
Pour Fatoumata Lejeune-Kaba, l'une des porte-paroles du HCR : « Cette attaque de lundi, que le HCR condamne fermement, montre à quel point ces populations musulmanes sont vulnérables par rapport la violence inter-communautaire qui sévit en ce moment en République centrafricaine. »
Source : Rfi.fr
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