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Assemblée nationale : la réintégration «illégale» de Sonko «ouvrira la voie à un recours», prévient la Voix Républicaine



Assemblée nationale : la réintégration «illégale» de Sonko «ouvrira la voie à un recours», prévient  la Voix Républicaine
La Plateforme Voix Républicaine a exprimé, ce dimanche 25 mai, une «grave inquiétude» face à l’initiative du Pastef (pouvoir) visant à organiser, demain mardi, la réintégration de l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Selon l’organisation, cette opération s’appuierait sur une instrumentalisation du Règlement intérieur pour valider une mesure qu’elle juge «juridiquement infondée». Elle dénonce une atteinte à la séparation des pouvoirs et à la crédibilité des institutions démocratiques sénégalaises.

Au cœur de la contestation figure l’article 124 du Règlement intérieur, adopté le 18 août 2025. La Plateforme soutient que ce texte ne peut s’appliquer à la situation de M. Sonko pour deux raisons principales. D’une part, lors de l’installation de la XVe Législature le 2 décembre 2024, «aucun régime de suspension de mandat n’était prévu» dans le règlement en vigueur. D’autre part, elle soutient que le principe de non-rétroactivité interdit à un règlement entré en vigueur le 27 août 2025 de régir des faits antérieurs à son adoption.
 
L’organisation précise par ailleurs que, même en cas d’application rétroactive, l’article 124 ne concernerait pas le cas d’Ousmane Sonko. La disposition viserait le député nommé membre du gouvernement, et non l’inverse. Elle rappelle également que l’Assemblée nationale ne peut se réunir en plénière ce mardi, en vertu de l’article 15 du Règlement intérieur relatif à la vacance et à l’élection du nouveau président de l’institution.
 
Sur le plan juridique et politique, Voix Républicaine avertit qu’une telle délibération «serait entachée d’illégalité et ouvrirait la voie à un recours devant le Conseil constitutionnel». Elle estime qu’une validation «créerait un précédent dangereux», permettant à toute majorité de modifier le règlement intérieur selon ses intérêts du moment, au détriment de l’État de droit.

La Plateforme appelle, enfin, le Président de la République, le Conseil constitutionnel, les députés et la société civile à défendre la sacralité des institutions. Elle réaffirme que «la République n’est forte que lorsque ses règles sont plus fortes que les hommes» et que l’Assemblée nationale doit rester «le temple de la loi», et non un instrument politique.

Charles KOSSONOU

Lundi 25 Mai 2026 - 17:43


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