Le marché du travail des jeunes de 15 à 29 ans dans l’espace UEMOA fait face à un paradoxe alarmant, selon une récente analyse publiée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) en partenariat avec la Fondation Mastercard.
Malgré une croissance économique soutenue, la région est marquée par une précarité généralisée où « la quasi-totalité des jeunes occupent un emploi informel » et où le travail indépendant représente à lui seul « 70,1 % des emplois des jeunes ».
Contredisant les dynamiques mondiales, l’étude révèle qu’en zone rurale, la nécessité de survivre pousse les jeunes vers une agriculture à faible productivité, tandis qu’en ville, « ce sont souvent les jeunes titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur qui présentent les taux de NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) les plus élevés », mettant en lumière une profonde inadéquation entre l'offre de formation et la demande du marché.
L'enquête, co-rédigée par les experts Niall O'Higgins et Vipasana Karkee, souligne également des inégalités de genre abyssales, largement alimentées par « l’implication disproportionnée des jeunes femmes dans les responsabilités familiales ».
Cette barrière structurelle crée des écarts vertigineux : au Bénin, en Guinée-Bissau et au Togo, le taux de jeunes femmes marginalisées du système économique et éducatif est « 50 fois supérieur à celui des hommes ».
Face à ce constat aggravé par une vulnérabilité accrue pour les jeunes en situation de handicap, dont le taux de NEET est « environ le double de celui des jeunes non handicapés », les auteurs rappellent qu’il est désormais « essentiel de renforcer les données probantes sur ces dynamiques afin de mieux comprendre les contraintes auxquelles sont confrontés les jeunes et d’éclairer les politiques publiques ».
Malgré une croissance économique soutenue, la région est marquée par une précarité généralisée où « la quasi-totalité des jeunes occupent un emploi informel » et où le travail indépendant représente à lui seul « 70,1 % des emplois des jeunes ».
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