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#Covid19Sn - Relâchement dans la lutte, dangereuse mutation du virus, négativité douteuse des tests... des médecins alertent

​Le virus de la Covid-19 est vraiment capricieux. Il sait montrer des facettes différentes d’une personne à une autre. Ainsi, s’il est dit que 80 % des personnes atteintes ne vont pas développer de signes de la maladie, il n’en reste pas moins que beaucoup de patients, surtout à cette étape cruciale de la maladie, ne vont pas bénéficier de cette clémence. Le virus commence donc à intriguer les médecins. Inédite, la nouvelle demande donc, selon des professionnels de la santé, beaucoup plus de sérénité dans les prises de décisions.



 Tout au depuis de l’apparition du coronavirus en Europe, Dr Mamadou Mansour Diouf n’avait cessé d’alerter pour qu’on ne commette pas les mêmes erreurs ayant conduit beaucoup de pays à une situation apocalyptique. Il a en effet très tôt porté le plaidoyer et, à chaque fois qu’il observait des choses qui ne lui paraissaient pas cohérentes, les dénonçait avec vigueur tout en donnant des propositions. Tout le monde s’acharnait sur lui. Un jour, ce médecin-réanimateur disait ceci : « pour ceux qui ne comprennent pas le sens de mon combat acharné pour la sensibilisation de mes compatriotes, c’est l’hécatombe que je vis au quotidien que je veux éviter à mon pays ».

Aujourd’hui, et avec l’évolution des choses, il semble avoir raison sur toute la ligne. C’est un secret de Polichinelle que de dire que nous sommes presque… dos au mur. On est en moyenne à trois à quatre décès par jour, presque toutes structures habilitées pour la prise en charge des patients Covid affichent « complet », le corps médical est fatigué et dénonce le fait que, au niveau des services d’alerte du ministère de la Santé et de l’Action sociale, d’avoir comme interlocuteurs des « non-médicaux ». Lesquels, nous dit-on, peineraient à comprendre les préoccupations du corps médical. En outre, ce serait un parcours du combattant pour faire admettre des patients sans compter qu’on ne permet l’admission de certains patients ni dans les centres de traitement épidémique (Cte), ni en réanimation Covid même si le cas est grave, des patients qui non plus ne sont plus admis en hôpital général ou en réanimation polyvalente. Ces patients, les « non-médicaux » considèrent qu’ils doivent aller en zone Covid… Bref, un vrai cercle infernal avec un mal plus que pesant.

La dangereuse mutation du Virus
Une situation ubuesque qui fait dire au Dr Jean François Diène de la clinique Pasteur qu’il y a un fossé énorme entre l’insouciance des gens, observée dans les lieux publics, et la réalité sur le terrain de la maladie. Qui impose un parcours du combattant pour trouver à un patient une place hospitalière si sa situation est grave. Le virus, comme le disait Dr Mamadou Mansour Diouf, est vraiment un champion dans sa façon de contourner les choses. Dans une publication intitulée « Le coronavirus Sars –Cov-2 : un drôle de virus », Dr Diouf avait expliqué que le virus ne cessait de les intriguer et de les dérouter notamment dans ses formes graves en réanimation. « Au début, cette maladie se présentait sous forme d’une banale grippe et les formes graves étaient l’apanage exclusif des sujets âgés et fragilisés par des pathologies chroniques. Progressivement ces formes graves ont commencé à survenir chez des sujets de plus en plus jeunes, en bonne santé apparente, avec tout au plus de l’obésité, du diabète ou de l’hypertension artérielle. Puis on a noté une augmentation d’incidence d’évènements sur les veines et les poumons, avec à côté plusieurs accidents vasculaires cérébraux (Avc) et ischémies aiguë de membre chez des patients covid-19. Des complications neurologiques sont également rapportées. Une chose est sûre, on en apprend toujours sur ce virus et on découvre chaque jour une de ces multiples facettes. Ce coronavirus n’a pas dit son dernier mot et n’a pas encore révélé tous ses secrets ».

Les tests négatifs ne garantissent plus une non-contamination au virus
Quatre mois après ce diagnostic, des médecins posent le débat sur les nouveaux signes et les tests négatifs qui n’excluent pas la réalité de la maladie. Dr Jean François Diène revient sur le cas d’un patient âgé de 44 ans hospitalisé avant-hier pour un hoquet depuis cinq (5) jours accompagné d’une légère toux. Dans les antécédents médicaux de ce patient en contact, en milieu hospitalier, avec son collègue Covid+, dit-il, il est noté une hypertension artérielle (Hta) sans retentissement particulier. Ce patient a été testé négatif. Or, sur scanner, les caractéristiques du sujet semaient le doute sur la fiabilité des tests. Un autre médecin d’une structure privée de la place confie avoir reçu un patient positif à la Covid-19 présentant un tableau similaire à celui donné par son collègue Dr Diène avec un hoquet persistant comme seul motif d’hospitalisation.

Un autre médecin sous l’anonymat dit avoir eu deux cas testés négatifs avec des signes de Covid fortement suspects aussi bien à la radio qu’au scanner. Un traitement par azythromicyne prescrit très tôt aurait permis leur rétablissement. Dans les prochaines semaines, « ce sera ce type de patient qui va occuper les lits des hôpitaux publics et privés », ont averti ces personnels de la santé qui soutiennent mordicus que l’élimination de la Covid par les voies respiratoires est inconstante, et que les scanners typiques seraient plus fiables. Ces praticiens sont formels : la nouvelle situation est inédite et demande beaucoup plus de sérénité dans les prises de décisions.

Dans tous les cas, estime l’urgentiste Boubacar Signaté de SOS médecins, « la décision de n’admettre en réanimation Covid-19 que des patients testés positifs est totalement absurde ». Dr Diène va plus loin pour dire qu’il s’agit là de décisions prises en haut lieu sans tenir compte de ce qui se passe sur le terrain et qui ne sont donc pas du tout adaptées à la réalité des choses. Et de noter une autre « aberration ». « Tu fais des contorsions pas possibles pour faire tester un patient qui t’appelle pour te donner les résultats transmis oralement. Aucun document n’est remis pour attester ces résultats », s’est-il indigné. Comme quoi, ces soignants semblent implicitement rappeler à ceux-là qui les critiquent ou qui débattent de tout et de rien qu’ils ne perdront jamais leur temps en conjectures pour disserter sur le sexe des anges !

Le Témoin

AYOBA FAYE

Jeudi 2 Juillet 2020 - 09:15


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