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Crise foncière à Nioro du Rip : le député Massamba Dieng interpelle l'État face à un imbroglio colonial



Le climat social s'alourdit dans le département de Nioro. Un bras de fer foncier oppose désormais la municipalité de Dabali à plusieurs collectivités territoriales environnantes, mettant en lumière des fractures territoriales persistantes et une gestion des lotissements de plus en plus contestée. Au cœur de cette discorde, un décalage flagrant entre les textes législatifs hérités de l'indépendance et l'expansion urbaine galopante du XXIe siècle.

​L'origine du litige repose sur une bataille de chiffres et de décrets. Selon le député Massamba Dieng, qui a décidé de porter l'affaire devant l'opinion publique, la commune de Nioro du Rip se trouve prise en étau entre deux réalités juridiques : la loi n° 60-025 du 1er février 1960, qui limite la commune à une superficie de 324 hectares. Le décret n° 2003-411 du 4 juin 2003, approuvant un plan directeur d'urbanisme qui valide, lui, une superficie de 660 hectares.
 
​Cette superposition de limites crée un "no man's land" administratif où les compétences de la municipalité de Dabali et de Nioro se chevauchent, provoquant des dénonciations de lotissements jugés irréguliers par certaines parties prenantes.

Bien qu'il reconnaisse la validité théorique du décret de 1960, l'honorable député souligne son obsolescence. « Ce décret, au regard des profondes mutations territoriales [...] apparaît aujourd'hui largement dépassé par les réalités urbaines », a-t-il déclaré.

Massamba Dieng précise toutefois qu'il ne s'aligne sur aucun collectif spécifique. Sa démarche se veut celle d'un médiateur institutionnel : « Notre seule boussole demeure la justice sociale dans le respect strict des compétences de chaque autorité ».
 
​Pour le parlementaire, au micro d'iRadio, cette crise n'est pas qu'un simple différend local, elle est le symptôme d'un besoin urgent de modernisation du cadre juridique foncier sénégalais. Il appelle l'État à intervenir pour sécuriser les droits coutumiers des populations locales. Clarifier les limites territoriales pour éviter les conflits entre communes voisines, harmoniser le cadastre avec les ambitions de l'Agenda National Sénégal 2050, afin de garantir un développement territorial cohérent et apaisé.


Dimanche 1 Février 2026 - 13:35


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